[Société] Le zéro déchet, un mode de vie impossible ?

0
75

[ad_1]

Les Réunionnais sont de plus en plus nombreux à tendre vers un mode de vie « zéro déchet ». Mais pas toujours simple de réduire sa production de déchets même avec la meilleure volonté du monde. Des circuits de petites entreprises se mettent en place pour valoriser le vrac, la production bio et locale mais les produits, certes de meilleure qualité, sont souvent plus chers que dans les grandes surfaces. Zéro déchet, l’impossible

Photo

Photo page Facebook Re Bellion

 

Cette image vous choque ? Des pamplemousses emballés individuellement dans un film plastique et un filet de protection. Emballage de conditionnement, de vente ou de transport, à l’heure où la question de la réduction des déchets se fait prégnante, les consommateurs sont nombreux à s’offusquer de trouver (encore) ce type de produits au détour du rayon d’une grande surface. Pour Sophie, ça a été le déclic, la fois de trop, la goutte d’eau.

Cette Saint-pauloise de 37 ans, mère de deux garçons de cinq et onze ans qu’elle élève seule a choisi de changer radicalement ses habitude de consommation avec en ligne de mire le zéro déchet. « Je veux léguer une planète en meilleur état à mes enfants, et pour moi cela passe par des initiatives personnelles, on ne va pas attendre que les multinationales deviennent éco-responsables pour se bouger. Nous avons tous un rôle à jouer pour sauver la planète et c’est maintenant » plaide-t-elle.

 

 

Un chemin semé d’embûches

Alors il y a quatre mois, la mère de famille qui travaille dans le social s’est lancée. Mais, sur son chemin, elle a rencontré plusieurs obstacles. Premier frein : convaincre les enfants. « Au début, ils l’ont pris comme un jeu, c’est sur la durée que c’est devenu problématique. Il a fallu faire l’impasse sur les petits caprices pour revenir à l’essentiel. Là, j’ai essuyé les premiers revers et les premières crises » raconte-t-elle. Le maître-mot a donc été la pédagogie.

Il a aussi fallu trouver des lieux en cohérence avec ses nouvelles habitudes, des structures qui privilégient le circuit court, où une juste rétribution est donnée au producteur, qui valorisent les produits bio et où le sur-emballage est rare. Des structures qui n’ont pas toujours pignon sur rue.« C’était un peu comme chercher le Graal. Je n’avais pas vraiment de connexion dans ce ‘milieu écolo’ alors j’ai fait pas mal de recherches. Et j’ai fini par trouver mais ce n’est pas à côté ».

 

Et après les enfants, c’est le banquier qu’il a fallu convaincre. Plus sérieusement, Sophie s’est aperçue que malgré les emballages en moins, les prix n’étaient pas revus à la baisse, au contraire, ils grimpaient. « Je me disais qu’avec moins d’intermédiaires, moins d’emballages, et pour des produits de base, l’addition serait moins salée mais consommer mieux coûte plus cher, ce n’est pas qu’une rumeur ! ».

 

Une petite déception qui n’a pas démotivé la mère de famille. Mais une autre difficulté survenue : le temps. Contrairement aux produits préparés, ceux là, il faut les cuisiner et ça demande une organisation et du temps. Du temps, Sophie en a peu. Deux enfant à élever, un travail prenant, les journées de la mère de famille sont déjà longues. Il faut encore trouver l’énergie de faire à manger, fabriquer sa propre lessive ou réparer le petit électroménager. Sans doute l’aspect le plus frustrant pour la Saint-Pauloise.

 

 

 

Les adeptes du zéro déchet admettent que réussir à s’y mettre n’est pas toujours aisé surtout que certains paramètres nous dépassent. Sur la question du prix, Tristan Simille, porte-parole de l’association Zéro déchet Réunion a une explication, « on a, à La Réunion, des magasins engagés dans une démarche de commercialisation plus respectueuse de l’environnement. Mais ces petites enseignes locales ont des moyens limités, il n’y a pas de centrales d’achat derrière. Par rapport aux grands distributeurs, les volumes d’achat ne sont pas les mêmes, les tarifs sont donc plus importants. Cela reste un commerce, les gérants de ces magasins font une marge mais elle n’est pas pharamineuse ».

 

Autre précision, ces produits sont de meilleure qualité, souvent bio et permettent aux acheteurs de consommer mieux. « Acheter en vrac permet de moins gâcher, les consommateurs ont une quantité plus adaptée à leurs besoins, ce qui n’est pas toujours le cas avec les produits conditionnés par lot » détaile Tristan Simille.

 

Sur la question du temps et de l’organisation, le porte-parole de Zéro déchet Réunion met en avant plusieurs arguments, le bénéfice santé lié au fait maison, les instants de partage lorsque l’on cuisine en famille et il prône également la déculpabilisation. « Ne pas se focaliser sur les ce qu’on n’arrive pas à faire mais célébrer les petites victoires. »

 

 

Le zéro déchet, tendance “bobo-écolo” ?

 

Si le mode de vie zéro déchet a gagné en popularité ces dernières années, il n’en demeure pas moins qu’il ne s’est pas encore démocratisé. Une classe sociale souvent qualifiée de « bobo-écolo » par ses détracteurs en est adepte. Pour les autres, ce n’est pas une priorité. « C’est vrai » admet Tristan Simille « nous avons gagné la bataille de l’opinion publique mais nous sommes confrontés à cette problématique. Cependant, nous ne baissons pas les bras, et continuons à mettre en avant le côté éco de faire sa lessive plutôt que de l’acheter par exemple, ce n’est pas compliqué, bon pour la planète et moins cher. Mais il y a encore du travail ».

 

 

Un manque de volonté politique

 

Là où le bât blesse, c’est du côté des décideurs. Sur ce sujet, les politiques sont assez frileux et alors que les hyper marchés, super marchés et autres grandes surfaces fleurissent aux quatre coins du département, les petites enseignes qui proposent de consommer durable font face comme elles le peuvent. Mais Sophie a bon espoir « c’est en changeant nos habitudes de consommation et en tournant le dos à la grande distribution qu’on la forcera à se mettre au diapason ». Avec 634 kg de déchets ménagers produits par habitant en 2018 à La Réunion, il y a encore du chemin à parcourir…

 

FH

[ad_2]

Source link

clicanoo

Have something to say? Leave a comment: