[Société] Le retour des motifs impérieux contraint les touristes à revoir leurs plans

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La Réunion, ils en rêvaient, et avaient hâte de sauter dans l’avion pour venir passer des vacances loin de l’ambiance morose qui règne actuellement en métropole où plane l’ombre d’un reconfinement. Mais les motifs impérieux qui ont fait leur retour ce jeudi ont contraint de nombreux touristes à revoir leurs plans… Quentin, Nathalie et Maïder, qui devaient s’envoler vers La Réunion en février, disent aujourd’hui leur déception mais ne font pas pour autant une croix sur la destination île intense. 

Pour embarquer dans un avion vers La Réunion depuis la métropole, depuis hier il faut pouvoir justifier d’un motif impérieux. Autrement dit, une raison de voyager qui soit liée à une raison médicale urgente, à un déplacement professionnel qu’on ne peut différer, ou encore pour à raisons personnelles telles que des obsèques, un rapprochement familial, une garde d’enfants… Justificatifs à l’appui. Le cas échéant, pas de voyage. 

Alors qu’ils se faisaient une joie de débarquer à Gillot dans les prochaines semaines, bon nombre de touristes métropolitains ont eu la mauvaise surprise d’apprendre, en fin de semaine dernière, qu’ils allaient devoir faire une croix sur leurs vacances tant attendues. Samedi 23 janvier, dans un communiqué, la préfecture de La Réunion le confirmait : pas de déplacement aérien sans motif impérieux à compter du 28 janvier, que ce soit depuis la métropole vers La Réunion ou depuis La Réunion vers la métropole. 

 

“Je comprends les enjeux et pourquoi de telles mesures sont prises”

 

Pour Quentin, jeune trentenaire dans la région Occitanie qui s’était laissé tenter par des vacances avec sa compagne à La Réunion, a appris la nouvelle sur un site d’informations, à un peu de plus de 10 jours du départ prévu. “On devait prendre l’avion le lundi 1er février. Mais suite à l’annonce du préfet de La Réunion, comme on n’a pas de motif vu qu’on y va simplement pour des vacances, on a dû annuler”, regrette-t-il. “On avait prévu de découvrir La Réunion, qui est un des derniers départements d’outre-mer où je n’ai pas été. Et on a plusieurs amis qui y habitent en ce moment”, confie le Guyanais d’origine. 

Mais le jeune homme, qui travaille lui-même dans la biologie médicale et les dépistages Covid, dit comprendre parfaitement les raisons de ce durcissement des mesures. “Je suis totalement compréhensif, même si au niveau personnel ça chamboule mon organisation. Je comprends les enjeux et pourquoi de telles mesures sont prises”, souligne Quentin. 

Heureusement, le couple n’a rencontré aucune difficulté pour annuler son séjour d’une dizaine de jours. “Air France nous a fait un avoir, car on n’a pas pu décaler le voyage en raison du manque de visibilité, il faut qu’on s’organise au niveau des plannings au travail et on ne sait pas quand on sera à nouveau disponibles”. Concernant l’hébergement, il n’avait qu’une réservation mais pas d’acompte versé pour celui qu’il avait choisi à Petite-Ile. “J’ai eu un très bon contact avec la dame chez qui nous avons réservé. J’ai simplement envoyé un mail pour expliquer qu’on ne pouvait pas voyager, mais je n’hésiterai pas à revenir vers elle quand on pourra à nouveau être à La Réunion”. 

En tout cas, ce n’est pas la septaine qui lui faisait peur : “J’avais prévu de m’isoler en arrivant, de prendre 7 jours pour me reposer parce que j’ai vraiment besoin de couper, puis de profiter des dix derniers jours. En ce sens la septaine n’aurait pas été plus gênante que ça”. 

 

“On croise les doigts pour que le préfet change d’avis”

 

Pour Nathalie, autre touriste déçue, il n’y aura probablement pas de départ de la métropole le 10 février prochain, pour leur désormais traditionnel voyage annuel à La Réunion. “On vient tous les hivers en février depuis 5 ans !”, dit celle qui devait venir 15 jours en famille avec son mari, sa fille, et sa nièce qui devait pour sa part découvrir l’île pour la première fois. 

Tellement désireux de ne pas couper à cette habitude, Nathalie et sa famille n’ont pas encore procédé à l’annulation de leurs billets. “On croise les doigts pour que le préfet change d’avis, même si on risque de devoir décaler notre voyage en fonction des annonces. On espère pouvoir venir début mars, mais passé le 15, on ne viendra pas cette année”, regrette-t-elle. “Nous serions déçus de ne pas pouvoir venir, étant donné qu’il y a les tests PCR obligatoires, et que nous avions prévu de nous auto-confiner chez nous 4 jours avant notre départ. On n’a pas envie de prendre de risques ni d’en faire prendre aux autres”, déclare la prévoyante voyageuse. 

Elle aurait bien eu envie de se défaire momentanément de l’ambiance actuellement morose en hexagone, entre menace de reconfinement, circulation des variants, et crainte de voir les services de santé à nouveau saturés. “Sincèrement, c’est pesant tout ça, et il n’y a pas que le Covid dans la vie… il faut profiter ! J’espère que le préfet reviendra sur sa décision, autant pour nous qui adorons votre île, que pour l’économie locale qui, je pense, a besoin des touristes”, achève Nathalie. 

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Les professionnels du tourisme, qui avaient profité d’une embellie entre la mi-décembre et la mi-janvier, font effectivement grise mine. La fréquentation des hôtels de l’île avait augmenté de 19% pendant les deux premières semaines de 2021, après une année 2020 catastrophique, en raison notamment de la fermeture des frontières dans de nombreux pays à l’étranger. Et le couvre-feu en place depuis ces dernières semaines dans l’hexagone n’a fait que donner des envies de liberté à d’autres. 

 

Maïder, pas loin de décaler son voyage une seconde fois 

 

Maïder elle, a réussi à échapper à ces contraintes, ayant récemment déménagé à Barcelone d’où elle a choisi de télétravailler. Mais elle pensait tout de même pouvoir rejoindre La Réunion pour ses prochaines vacances, dès le 22 février. Reste à voir si les motifs impérieux seront maintenus au-delà du 15 février. Le préfet a indiqué qu’une réévaluation de la situation serait faite chaque semaine. Mais la jeune originaire du Sud-Ouest n’est pas très optimiste à ce sujet. “J’attends de voir. Pour l’instant la possibilité est encore là, je n’ai pas encore annulé mon billet, on va voir comment ça va se décanter, mais je n’y crois pas trop. Comme ça peut changer du tout au tout très rapidement, j’essaie de rester réaliste”, soupire-t-elle. 

Mais la jeune femme prend ces aléas avec philosophie, d’autant que ce ne serait pas la première fois qu’elle aurait à décaler son voyage à La Réunion. “Je devais venir en novembre, j’avais pris mes billets deux semaines avant… mais entre temps il y a eu le reconfinement en métropole, et je n’ai pas pu partir ! Cette deuxième tentative risque d’avorter elle aussi. C’est dommage, mais ce n’est pas une catastrophe, il y a pire…”, relativise-t-elle. 

En outre, avec ou sans motifs impérieux obligatoires, la septaine serait venue gâcher un tantinet son plaisir, son séjour n’étant que d’une dizaine de jours. Pour la jeune femme de 27 ans qui bénéficie d’une certaine souplesse dans ses prises de congés, il n’y a donc rien de grave. “La Réunion, j’en ai entendu beaucoup de bien et j’ai hâte de la découvrir. C’est donc un voyage plaisir, aussi pour retrouver des amis qui y sont. Alors je préfère partir dans de bonnes conditions, histoire de ne pas prendre de risques, ni pour moi ni pour les autres”. Il y a fort à parier que La Réunion reprenne sa place parmi les destinations les plus prisées, une fois cette période difficile passée. Pour le plus grand plaisir des professionnels du tourisme.

J.CTS  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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