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“Nous avions anticipé la deuxième vague”. Le Premier ministre a tenu une conférence ce presse hier à 18 h 30. Jean Castex a précisé le contours des mesures de restrictions dans le cadre du nouveau confinement quiont débute hier dans la nuit. Il est prévu que la mesure dure quatre semaines, jusqu’au 1er décembre. Mais il est d’ores et déjà très possible que le confinement soit prolongé, comme au printemps. Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, a fait savoir qu’une sortie de confinement sans couvre-feu, au minimum, était quoi qu’il arrive inenvisageable.
Le nouveau confinement sera à la fois plus souple que celui du printemps et plus strict que le couvre-feu actuel.
UNE ATTESTATION VALABLE UNE HEURE
Comme au printemps, la règle est de rester chez soi au maximum. Les déplacements pour faire de l’exercice ou promener son animal seront possible pour “une heure maximum” et “dans un rayon d’un kilomètre du domicile”. Pour sortir, une attestation sera nécessaire avec des motifs similaires: rendez-vous médical, assistance à un proche, courses “essentielles”. Gros changement toutefois: le travail sera un motif de dérogation. Comme pendant le premier confinement, les déplacements d’une région à l’autre seront interdits. Avec, pour le seul week-end de fin des vacances scolaires, une “tolérance” pour permettre à chacun de rentrer chez soi.
TÉLÉTRAVAIL, UNE OBLIGATION
L’activité continuera “avec plus d’intensité” que pendant le premier confinement car, selon Emmanuel Macron, “l’économie ne doit ni s’arrêter ni s’effondrer”. Le télétravail “n’est pas une option” mais “une obligation” pour les travailleurs, salariés ou indépendants qui peuvent exercer leur activité à distance, a indiqué Elisabeth Borne. Il devra être “le plus massif possible”. Les salariés qui ne peuvent pas travailler et leurs employeurs continueront à bénéficier du chômage partiel. Contrairement au printemps, resteront ouverts les guichets des services publics, les usines, les bâtiments et travaux publics…
Les activités liées au BTP, à l’agriculture et à la pêche sont autorisées. Bars et restaurants seront fermés, ainsi que les commerces “à l’exception de ceux de première nécessité”. Les marchés alimentaires resteront toutefois ouverts, “sauf décisions contraires des préfets”.
LES ÉCOLES OUVERTES
Crèches, écoles, collèges et lycées demeureront ouverts “avec des protocoles sanitaires renforcés” pour permettre “l’accueil de tous les élèves”. L’accueil périscolaire sera également maintenu. Le port du masque “sera étendu aux enfants du primaire, dès l’âge de six ans” au lieu de 11 actuellement.
La restauration scolaire sera “maintenue pour des raisons sociales, en veillant à espacer les élèves d’un même groupe d’un mètre”, a précisé Jean-Michel Blanquer.
Dans les universités en revanche, tous les cours magistraux et les travaux dirigés se feront à distance. “Seuls les travaux pratiques pourront, dans des conditions spécifiques, être maintenus”. Les examens et concours pourront continuer de se tenir dans les universités et établissements du supérieur avec “un protocole renforcé”, a indiqué jeudi le Premier ministre Jean Castex.
VISITES AUTORISÉES DANS LES EHPADS
Les réunions privées “en dehors du strict noyau familial” seront exclues, les rassemblements publics interdits. Pour les personnes âgées, les visites en Ehpad et maisons de retraite seront autorisées “dans le strict respect des règles sanitaires”, afin d’éviter les “drames humains” du printemps, a assuré Emmanuel Macron.
Les personnes en situation de handicap pourront bénéficier de “souplesse” dans l’application du protocole. Les cimetières resteront ouverts en cette période de Toussaint. “Les lieux de culte resteront ouverts” mais “les cérémonies religieuses seront interdites, sauf pour les enterrements dans la limite de 30 personnes et pour les mariages dans la limite de six personnes” a détaillé Castex.
AIDES AUX ENTREPRISES
Les mesures d’accompagnement mises en place lors du premier confinement seront reconduites et “amplifiées”. “Le soutien économique de l’Etat sera encore plus fort que lors du premier confinement”, a assuré le ministre de l’Economie Bruno le Maire. Le fonds de solidarité pour les entreprises va être réactivé et élargi aux entreprises comptant jusqu’à 50 salariés, afin de compenser les fermetures liées aux mesures de reconfinement.
Les mesures de soutien aux entreprises s’élèvent à 15 milliards d’euros par mois, a déclaré Bruno Le Maire. Toutes les entreprises et tous les commerces faisant l’objet d’une fermeture administrative bénéficieront d’une aide “pouvant aller jusqu’à 10.000 euros par mois via le Fonds de solidarité” ainsi que de l’activité partielle “avec zéro à charge pour l’employeur”. Les PME qui connaissent des difficultés “pourront bénéficier d’un renforcement des exonérations de charges” et le dispositif des prêts garantis par l’État sera prolongé “de six mois”.
CULTURE, SPORTS, VOYAGES
Pas de théâtre ni de cinéma: les entreprises de l’événementiel, du cinéma et du spectacle vivant “seront fermées”. Le “travail préparatoire aux spectacles” (répétitions, enregistrements…) restera toutefois autorisé. Mais si les librairies sont fermées, le prix Goncourt sera reporté, a annoncé son jury.
Outre-mer : seule la Martinique concernée
En Outre-mer, le reconfinement ne sera appliqué qu’en Martinique, territoire où l’épidémie est en forte augmentation, a indiqué le Premier ministre Jean Castex lors d’une conférence de presse. Le président de la République avait indiqué mercredi soir dans son allocution que si le reconfinement devait avoir lieu sur tout le territoire national, des “adaptations” seraient prévues pour les outre-mer, prenant en compte une situation épidémique ultramarine parfois différente de l’hexagone.
A l’exception de la Martinique, “le virus circule moins vite dans les départements et territoires d’Outre-mer”, a précisé le Premier ministre. La Martinique a enregistré en une semaine plus de 700 nouveaux cas et le taux de positivité et le taux d’incidence ont augmenté respectivement de 9% et de 25% sur la même période. Le préfet doit préciser en fin de journée (soirée pour la métropole) les détails de ce confinement.
“LE VIRUS CIRCULE MOINS VITE”
La Guadeloupe, bien avant la métropole, a affronté depuis début août la deuxième vague de l’épidémie, entraînant la saturation du CHU et le renfort des militaires. Mais le nombre de personnes admises à l’hôpital est désormais en diminution.
La Polynésie connait également une situation difficile, et craint une saturation rapide de son hôpital. C’est le seul territoire ultramarin qui avait été placé, comme la métropole, sous-couvre-feu. Dans cette collectivité d’Outre-mer aux compétences partagées entre la France et le gouvernement local, des précisions devraient être apportées jeudi à la mi-journée.
Plusieurs préfets des territoires d’Outre-mer avaient déjà indiqué que la mesure de confinement ne serait pas appliquée à minuit jeudi soir dans leurs territoires.
“La circulation du virus reste active à La Réunion, mais elle peut être aujourd’hui considérée comme maîtrisée”, a souligné le représentant de l’Etat Jacques Billant jeudi. Il a toutefois précisé que “certains durcissements des mesures pourront être opérés”, “en fonction des concertations”, vendredi avec les élus et les acteurs socio-économiques.
“Compte-tenu de la situation sanitaire et de la proximité de la saison touristique”, a de son côté expliqué la Préfète de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, Sylvie Feucher, il a été décidé “pour le moment” de ne pas appliquer les mesures de confinement total. Mais les mesures déjà en place (débits de boisson et les restaurants fermés à minuit, rassemblements de plus de 6 personnes interdits sur la voie publique, etc. ) restent en vigueur. Lors de la première vague, les mesures de confinement avaient été décidées pour l’ensemble du territoire national, Outre-mer compris, alors que les territoires ultramarins étaient alors peu touchés par l’épidémie.
Cette décision avait été critiquée, d’autant que certains territoires avaient été ensuite déconfinés, toujours en même temps que la métropole, mais alors que l’épidémie arrivait sur leur sol. Ce fut notamment le cas de la Guyane et de Mayotte, particulièrement touchés par la première vague épidémique, mais à contretemps de l’Hexagone.
Ces deux territoires connaissent désormais une situation épidémique sous contrôle.
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