[Société] Le port du masque fait exploser l’absentéisme à l’école

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ÉDUCATION. Le taux d’absentéisme était en forte hausse en début de semaine dans les écoles de l’académie. L’obligation de porter le masque aurait dissuadé les parents d’un millier d’élèves de ne pas les envoyer à l’école.

Seulement six élèves. Dans cette classe de CP d’un quartier populaire de Saint-Paul, le nombre d’élèves a drastiquement chuté en début de semaine. Ils sont une dizaine habituellement. Le port du masque a incité de nombreux parents à ne pas envoyer leur enfant à l’école. “Moi même j’ai hésité, confie une mère de famille dont les deux enfants sont en CP et CE2. Il fait chaud. Je ne vois pas comment les enfants peuvent travailler correctement dans ces conditions”.

 

La colère des parents n’est pas seulement présente sur les réseaux sociaux. Elle se retrouve aussi dans les chiffres de l’absentéisme. Le rectorat a demandé mardi dernier à chaque école de lui faire remonter leurs statistiques. Résultat, un millier d’élèves en plus que le nombre d’absents habituels, n’étaient pas à l’école. Cela représente une augmentation d’environ 30% puisque le rectorat enregistre généralement entre 2 900 et 3600 absents sur l’absence de l’académie.

 

“On essaie d’être conciliant”

 

Si beaucoup de parents ont menacé de déscolariser leur enfant, très peu, dans les faits, sont pour l’instant passés à l’acte. Les demandes de radiation “se comptent sur les doigts d’une main”, assure le rectorat qui ajoute aussi tôt : “Les parents qui retirent leur enfant de l’école doivent ensuite prouver qu’ils assurent l’instruction de leur enfant à domicile”.

 

Dans les écoles, les discussions entre parents et direction sont parfois difficiles. Les enseignants interrogés confient être parfois démunis face aux craintes des parents. “C’est délicat, confie une enseignante. On essaie d’être le plus conciliant possible avec les enfants”. A chacun sa méthode. Certains laissent les enfants respirer sans masque pendant quelques minutes à conditions d’aller au fond de la classe, d’autres les autorisent à enlever le masque quand ils ne parlent pas… En dépit de ces efforts, de nombreux parents craignent pour la santé de leurs enfants et sont attentifs aux moindre signe de fatigue. “Globalement, ça se passe bien, indique une enseignante. Mais c’est vrai quand quand ils reviennent de la pause méridienne avec leur masque noirci par la poussière, on s’interroge sur l’intérêt du masque”.

 

Le rectorat promet de son côté de poursuivre les efforts “d’explication” auprès des parents. Il demandera aux écoles de lui transmettre le taux d’absentéisme des écoles en début et en fin de semaine prochaine. On ne doute pas que les chiffres seront scrutés à la loupe.

 

Jean-Philippe Lutton

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Punition à l’école : “Je dois porter mon masque”

 

Plusieurs dizaines de familles attaquent l’arrêté du préfet imposant le port du masque à l’école élémentaire. L’audience a lieu ce matin au tribunal administratif de Saint-Denis. Dans leurs conclusions, les cinq avocats (parmi lesquels Me Tregan, Me Lebreton et Me Vardin inscrits au barreau de Saint-Denis, et deux avocats inscrits au barreau de Paris), expliquent notamment que l’obligation du port du masque “est perçue comme une punition incompréhensible puisqu’elle fait suite à 6 mois d’école sans masque pour les écoles élémentaires”. Ils ajoutent que cette obligation “est particulièrement mal vécue par les enfants qui n’ont d’autre choix que d’obtempérer s’ils veulent continuer d’aller à l’école et voir leurs amis”. Les avocats s’appuient notamment sur les conclusions de l’Organisation mondiale de la santé pour justifier les inquiétudes des parents. Le 5 juin 2020, l’OMS avait établi une liste de bénéfices et d”inconvénients liés au port du masque. Parmi ces derniers, elle citait un risque accru d’auto-contamination, des possibles maux de tête et des difficultés respiratoires selon le type de masque utilisé…

 

Les avocats détaillent également les motivations des parents à agir. Il y a cette maman d’un garçon de 9 ans qui rappellent que les conditions de chaleur et d’humidité sont déjà difficiles à supporter. D’où son incompréhension de faire porter un masque qui empêche son fils de respirer librement. Il est également question de cet enfant arrivé en classe avec son masque. Mais il ne veut pas le porter. Celui-ci “le gêne, le gratte, l’étouffe”, indique les avocats  qui font état de la punition subie par l’écolier : “Son enseignante lui a intimé de faire des lignes d’écriture avec la phrase +je dois porter mon masque+”. Et les avocats de s’interroger : “L’Éducation nationale aurait-elle replongé dans une autre époque ?”

 

J.-Ph.L.

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