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LOISIRS. Le deuxième plus haut saut de France est à La Réunion avec la structure Vertikal Jump, qui doit lancer son activité au début du mois de février alors que les premières réservations pleuvent.
L’affiche prend encore un peu le vent sur le parking de covoiturage du pont du Bras de la Plaine. Mais elle tient assez pour qu’on puisse y lire sa promesse : “Unique à La Réunion. Deuxième plus haut de France.” Annonce qui laisse perplexes les rares passants des environs. Car, il n’y a que Franck Montiel et Bastien Met pour voir dans l’ouvrage d’art une occasion de faire une chute libre de plusieurs mètres, avec l’océan en face et le Dimitile dans le dos. “On sera à 110 mètres, juste en dessous de la route, dans les arches. Ça fait une chute d’environ 90 mètres”, relate ce dernier à la tête de la toute jeune société Vertikal Jump Réunion. C’est en réponse à un appel à projets, lancé par le Département en 2018, que ce dernier a monté la structure en proposant une activité qui manquait désespérément au territoire pour coller avec son slogan “d’île intense”. “On a voulu se mettre en accord avec la phrase”, s’amuse le professionnel installé depuis trois ans sur l’île.
Le pont de la Rivière de l’Est était autrement le site de saut pendulaire d’une entreprise venue de métropole mais qui a cessé son activité depuis plusieurs années, faisant du pont du Bras de la Plaine le seul où une structure professionnelle officie dans la discipline. Les sauts associatifs, plus intimistes, étant par définition non déclarés.
Des sauts en tandem proposés
Pour eux, depuis deux ans, c’est en revanche la course aux homologations et diverses autorisations. Vérification des poids de charges, passages du bureau d’études, vu la hauteur de l’ouvrage et des enjeux rien ne peut être éludé. “On a mis tout au long du parcours une ligne de vie où les personnes seront accrochées en permanence par un mousqueton”, rassure Franck Montiel. Du matériel tout aussi vérifié et revérifié.
S’il n’existe pas de diplômes d’État pour être gérant d’un site de sauts, c’est l’expérience qui parle et qui prime. Avec 33 ans de sauts derrière lui, il est même co-rédacteur des normes de sécurité de la discipline en France. Et même après tous ces sauts, l’adrénaline demeure. “C’est sûrement moins intense que les premières fois mais on reste accro”, témoigne le vétéran.
Car des sensations fortes, c’est tout ce que promet l’équipe de Vertikal Jump qui devrait bientôt être au complet. “Après le saut, on aura quelqu’un en bas pour remettre la personne droite pour qu’on puisse la remonter”, détaille Bastien Met. 110 mètres aller, 110 mètres retour donc. Si des contre-indications médicales existent (lire par ailleurs), l’essentiel pour sauter est d’avoir un poids compris entre 40 et 140 kilos, y compris pour les sauts en tandem qui seront proposés.
En plus des deux types de sauts, un pont népalais reliera les deux arches au milieu du pont. Une traversée d’une dizaine de mètres, à réaliser en essayant de trembler le moins possible malgré un vis-à-vis direct avec le Bras de la Plaine 100 mètres plus bas. L’activité sera disponible pour 15 euros, tandis que les sauts sont affichés au tarif de 90 euros par personnes. Des prix dégressifs pour les réservations de groupe. “Pour 10 euros, on pourra aussi faire une petite visite du pont et venir supporter les personnes qui sautent”, ajoute Bastien Met dont l’objectif est, à terme, de diversifier sur place le nombre d’activités. L’ouverture est prévue pour le 6 février, les réservations se font déjà par téléphone, sur le site naissant de la structure ou encore sur sa page Facebook. Une vingtaine ont d’ores et déjà eu lieu.
Skander Farza
*Vertikal Jump : 0693 86 18 65.
110 m
La hauteur du saut proposée par Vertikal Jump, soit une chute libre d’environ 90 mètres.
Qui peut sauter ?
Si le saut pendulaire est bien reconnu comme discipline sportive, ce n’est pas officiellement le cas du saut à l’élastique dans la mesure où aucune technique n’est requise. Dans les deux cas, si ces pratiques demeurent assez extrêmes, elles se veulent avant tout ouvertes au plus grand nombre. “Le saut est permis de 40 à 140 kilos”, rappelle simplement Franck Montiel. Des mesures de poids qui valent aussi pour les sauts en tandem que la structure propose.
Au-delà de ces considérations, pas de limites de public. Un certificat médical, dont un exemplaire est téléchargeable sur le site de Vertikal Jump, est demandé aux personnes de plus de 55 ans. Si la pratique reste contre-indiquée pour les personnes souffrant de problèmes cardio-vasculaires, la chute libre faisant monter le cœur dans les tours, les deux professionnels conseillent de s’en référer à l’avis d’un médecin. “Les gens sont responsables une fois qu’ils viennent ici mais on ne fera pas sauter quelqu’un si on a un doute sur la sécurité”, tranche Franck Montiel.
Les casse-cou étaient déjà au rendez-vous
L’imposant ouvrage d’art attire, depuis son inauguration il y a près de 20 ans, des têtes brûlées en tout genre. Le plus retentissant remonte assurément à 2012, lorsqu’un duo de base-jumper s’est élancé de la bordure du pont encore dépourvu de ses filets de sécurité. Le base-jump, c’est la déclinaison urbaine du saut en parachute puisqu’on s’y élance non pas d’aéronefs mais d’immeubles, d’antennes ou autre point haut artificiel.
Ce jour-là, c’est donc le pont de l’Entre-Deux qu’un duo de base-jumper a choisi, un seul sautera pour immortaliser le moment en vidéo. “L’adrénaline monte petit à petit. Elle culmine juste avant de sauter. À partir de ce moment, je suis totalement concentré. Si mon pied glisse ou si je prends un mauvais départ, il n’y a rien pour me rattraper”, racontait-il alors à l’époque. Beaucoup de risques pris pour moins de 2 secondes de chute libre avant le déploiement de l’unique voile dont ces têtes brûlées disposent. Mais, à la fin, des sensations toujours uniques au moment d’atterrir dans le lit de la rivière.
Depuis l’installation de filets de sécurité sur le pont, le nombre de démonstrations aériennes a forcément diminué au Bras de la Plaine. Mais d’autres spots restent prisés des amateurs d’adrénaline, soit en base-jump ou en saut à l’élastique.
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