[Société] Le concert de Burna Boy reporté dans un climat d’incertitude pour la filière culturelle

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Un millier de billets vendus, un concert reporté à mai prochain et des centaines de spectateurs sur le carreau. « Depuis le 9 mars dernier, 200 manifestations ont été annulées et 7 000 billets remboursés. Seul le concert de Burna Boy est maintenu » explique Sébastien Lebon, le directeur administratif et cofondateur de Monticket.re.

Ce sont les producteurs de l’artiste qui ont choisi de reporter le concert plutôt que de l’annuler. Monticket.re n’a aucun droit de décision. « Actuellement, sur Burna Boy, 300 à 400 dossiers sont en cours, seuls 10 à 15 personnes montent au créneau sur les réseaux sociaux » explique Laurent Fontaine, directeur d’exploitation et cofondateur de Monticket.re avant de poursuivre « nous ne pouvons pas prendre la responsabilité de rembourser ces clients car pour le moment, le concert n’est pas annulé mais reporté à une date ultérieure. Par ailleurs, cette décision repose sur les épaules de l’organisateur.»

Burna Boy devrait jouer à La Réunion ” le 7 ou le 8 mai “

Aux commandes de l’événement, la société Booking Réunion Island. Willy Caderby est celui qui dot faire venir Burna Boy à La Réunion, avec la crise du coronavirus, l’organisation doit faire face à de nombreux obstacles d’où le report de l’événement au « 7 ou 8 mai 2021 ». L’organisateur détaille « avec le Covid-19, nous faisons face à de nombreuses contraintes sanitaires : la première est administrative, Burna Boy n’est pas européen, actuellement, l’administration ne délivre plus de visa pour les ressortissants non européens. De plus, le test Covid obligatoire imposerait que Burna Boy passe trois jours en métropole avant de s’envoler pour La Réunion, c’est une contrainte de temps de taille pour ses producteurs. Ensuite, après La Réunion, l’artiste devait se produire à Maurice, mais le ciel est verrouillé jusqu’au 1er septembre voire même à la fin de l’année. Nous avons donc joué la sécu en reportant à mai prochain. »

Mais l’inquiétude est toujours de mise du côté de Booking Réunion Island « nous n’avons aucune visibilité sur le long terme, nous sommes totalement tributaires des mesures sanitaires qui sont annoncées par le gouvernement et cela change très vite » explique Will Caderby.

Mais le concert devrait avoir lieu quoi qu’il en soit, l’organisateur précise que Burna Boy a reçu 100% de son cachet pour jouer à La Réunion, un cachet non remboursable « de toute façon, il est super motivé de venir jouer dans l’île et il espère que le spectacle sera encore plus beau ».

Mais l’incertitude quant à la venue de Burna Boy perdure. Les organisateurs de spectacles ont alors plusieurs alternatives. En cas d’annulation, ils peuvent soit procéder au remboursement des billets soit proposer un avoir à leurs clients pour un artiste du même acabit.

Un secteur sinistré

Le secteur du spectacle vivant et des réseaux de billetterie a été frappé de plein fouet par la crise du coronavirus. À Monticket.re, le manque à gagner est estimé entre 30 et 60 000 euros. La billetterie qui se paye grâce à une commission sur le billet vendu a fait jouer deux dispositifs pour se maintenir à flot, le prêt garantie par l’État et le chômage partiel. Aujourd’hui, la majorité des spectacles annulés a été remboursée. « Mais la situation reste préoccupante. On parle de plan de relance mais la filière culturelle est totalement oubliée » anticipe Sébastien Lebon.

La reprise sera sans doute difficile « les mesures sanitaires sont contraignantes, les productions vont sans doute privilégier les territoires où elles peuvent enchaîner les villes » ajoute Laurent Fontaine. Et la hantise d’une reprise de l’épidémie vient s’ajouter à cela « les gens auront-ils évacuer cette peur ? Auront-ils confiance de revenir en salle. Ce sont aussi des interrogations » s’inquiète Stéphane Fontaine.

Will Caderby est sur la même longueur d’onde  « en 35 ans d’expérience, je n’ai jamais vu ça, à la fin de l’année, le bilan sera catastrophique. Il faut impérativement que l’État, les communes et la Région réussissent à donner un second souffle au monde culturel. Directement et indirectement, ce sont environ 200 emplois qui dépendent de nous.»

Le secteur avait mis près de trois ans à retrouver une cadence de production normale après la crise du chikungunya. Les acteurs de la filière ne savent pas combien de temps ils mettront à se remettre de celle du Covid-19.

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