[Société] L’agence matrimoniale qui résiste au temps

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Dans un marché dominé par les applications et les sites de rencontre, Dalila Lauret et son agence matrimoniale détonnent. Rencontre.

À l’heure où “swiper” à gauche ou à droite est devenu la norme dans les rencontres amoureuses, une agence matrimoniale résiste au temps. Implanté dans l’île depuis 34 ans, Unicis a uni beaucoup de cœurs esseulés. Sur le département, c’est la Réunionnaise Dalila Lauret qui est à la tête de la franchise. “Je fais un très beau métier. C’est toujours enrichissant”, raconte la responsable.

Avec l’avénement des applications et des sites de rencontre, on pourrait penser que ce type de structure disparaîtrait avec le temps. Pourtant, l’activité de Dalila Lauret reste soutenue. En moyenne, son agence comptabilise 150 à 200 inscriptions par an. Les profils sont variés, et contrairement aux idées reçues, même les jeunes célibataires font appel à ses services. “Mon client le plus âgé a 89 ans et le plus jeune a 25 ans”, dévoile-t-elle. Comme le dit l’adage, l’amour n’a pas d’âge. Ni de genre. En effet, Dalila Lauret accompagne autant d’hommes que de femmes. “Avant j’avais plus de clientes mais depuis quelques années, ça se rééquilibre bien”, explique-t-elle. Par contre, les demandes émanant de personnes homosexuelles se font plus rares. “J’avais à peu près une demande par an, mais là ça fait trois ans que je n’en ai pas eue”, détaille la Réunionnaise.

De 25 à 89 ans

Comment une petite agence matrimoniale, qui semble appartenir à une autre époque, résiste-t-elle face à des sociétés comme Tinder, Happn, Meetic ou AdopteUnMec ? “98% de mes adhérents sont déjà passés par les sites ou les appli avant de m’appeler. Ils viennent me voir parce qu’ils n’y trouvent pas ce qu’ils recherchent ou parce qu’ils sont mal à l’aise. D’ailleurs, depuis que tout ça existe, j’ai plus de réussite. Après avoir essayé ces outils, ils savent ce qu’ils veulent et surtout ce qu’ils ne veulent pas”, explique la responsable. Mais attention, Dalila Lauret ne s’occupe que des célibataires qui souhaitent construire une relation durable. “Le premier contact se fait par téléphone. Avant de démarrer, c’est important pour moi de connaître la motivation de la personne. Certains me disent qu’ils souhaitent des rencontres éphémères, mais je ne fais pas ça”, sourit-elle. Après cette étape, les clients déterminés à trouver l’amour obtiennent un entretien gratuit et confidentiel pour exposer leurs critères. Ensuite, il faut laisser la professionnelle et le temps faire leur travail.

Au mois de février, autour de la Saint-Valentin, les inscriptions sont plus nombreuses. “Forcément ça provoque quelque chose. On remarque le même phénomène quand les anniversaires approchent”, précise la gérante. La crise Covid a également eu des impacts sur l’activité d’Unicis. “Il y a eu des changements au niveau des tranches d’âges”, ajoute-t-elle. Ainsi, depuis l’annulation des bals et thés dansants dans l’île, les soixantenaires sont plus nombreux. De même, le confinement a poussé plusieurs trentenaires ayant souffert de la solitude à sauter le pas.

En trente ans d’existence, l’agence à aider plusieurs couples à se former. “Mon plus beau retour vient d’une jeune femme d’une vingtaine d’années. Elle m’a contactée parce que ses parents se sont rencontrés grâce à moi”, raconte Dalila Lauret avec émotion. Cupidon peut compter sur son bras droit péi.

 


Si pour certains les rencontres amoureuses se font dans l’intimité, pour d’autres elles se concrétisent sous les projecteurs. Depuis quelques années, les chaînes de télévision s’amusent, elles aussi, à jouer les entremetteuses. L’émission la plus connue et la plus populaire en France reste L’amour est dans la pré, qui en est à sa seizième saison. Depuis son lancement en 2006, 20 mariages ont eu lieu grâce à la production et une cinquantaine de bébés sont nés. D’autres programmes jouent les Cupidon en herbe comme Mariés au premier regard, l’historique Le Bachelor et le tout récent Mon admirateur secret.

 

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