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Une étude menée par l’Insee La Réunion-Mayotte indique que les personnes âgées en perte d’autonomie seront trois fois plus nombreuses dans trente ans. Ce qui nécessitera 3800 emplois nouveaux dans ce domaine.
L’Institut national de la statistique et des études économiques vient de publier une étude sur l’évolution des personnes âgées et leur prise en charge dans les années futures. Et selon cette étude, “si les tendances démographiques récentes se maintenaient, 65 100 personnes âgées de 60 ans ou plus seraient en perte d’autonomie en 2050 à La Réunion, soit trois fois plus qu’en 2015. La perte d’autonomie toucherait davantage de seniors qu’au niveau national (22,5% contre 16,3%).
Déjà plus élevée en 2015 sur l’île en raison de l’état de santé moins favorable des Réunionnais, la perte d’autonomie s’y diffuserait également plus fortement sous l’effet d’un vieillissement plus marqué. Les seniors en perte d’autonomie vivraient toujours très majoritairement à domicile. Le nombre de seniors en perte d’autonomie sévère doublerait mais leur part diminuerait. À l’horizon 2030, 3800 emplois supplémentaires seraient nécessaires, dont 3200 pour accompagner les seniors à domicile et 600 pour aider ceux en institution.”

Deux fois plus de seniors en perte d’autonomie sévère
L’étude démontre aussi qu’à l’horizon 2050, “le nombre de seniors en perte d’autonomie sévère doublerait, pour atteindre 12 200 personnes. Mais comme dans le même temps, le nombre de seniors en perte d’autonomie modérée croîtrait plus vite, la part des seniors en perte d’autonomie sévère baisserait, tout comme en métropole.”

Des seniors en perte d’autonomie toujours très majoritairement à domicile
À l’horizon 2050, sous l’hypothèse d’une augmentation du nombre de places en institution proportionnelle à la population en perte d’autonomie, 3600 seniors en perte d’autonomie vivraient en institution et 61 500 à domicile. De fait, 2200 nouvelles places en institution seraient alors nécessaires entre 2015 et 2050 (60 places par an). Les trois quarts des seniors en perte d’autonomie vivant à domicile seraient âgés de plus de 75 ans.
3800 nouveaux emplois nécessaires à l’horizon 2030
En 2030, l’équivalent de 9600 professionnels en équivalent temps plein (ETP) seraient nécessaires pour accompagner les 40 500 seniors en perte d’autonomie, sous l’hypothèse du maintien des taux d’encadrement nationaux observés en 2015. Le besoin en emplois à cet horizon serait de 3800 ETP supplémentaires par rapport à 2015.
40 000 seniors pourraient bénéficier de l’APA en 2050
Fin 2015, 14 300 personnes de 60 ans ou plus bénéficient de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) à La Réunion (11 % des 60 ans ou plus contre 8 % en métropole), soit 61 % des seniors en perte d’autonomie. Sous l’hypothèse du maintien de cette part, 40 000 seniors seraient bénéficiaires de l’APA en 2050. En effet, la perte d’autonomie engendre des besoins d’aide qui ne peuvent pas toujours être satisfaits par l’entourage familial de la personne âgée.
Elle génère donc un coût financier lorsque l’aide de professionnels est requise. Ces dépenses peuvent être difficiles à supporter pour la personne âgée et son entourage. C’est particulièrement le cas à La Réunion, où les personnes âgées sont bien plus souvent en situation de pauvreté qu’au niveau national. Ainsi, en 2015, 38 % des ménages fiscaux dont la personne de référence a 60 ans ou plus vivent sous le seuil de pauvreté contre 9 % en métropole. L’APA est de fait destinée aux personnes âgées de 60 ans ou plus qui ne peuvent assumer les conséquences de la perte d’autonomie, qu’elles vivent à leur domicile ou en établissement
Les femmes, plus touchées par la perte d’autonomie
Les femmes perdent plus souvent leur autonomie que les hommes en raison d’une espérance de vie plus longue. Elles atteignent ainsi plus souvent les grands âges où la perte d’autonomie est plus fréquente. À La Réunion, en 2015, 20 % des femmes de 60 ans ou plus sont en perte d’autonomie, une part légèrement plus élevée qu’en métropole (18 %).
Chez les hommes, la prévalence de la perte d’autonomie est plus faible (18 %) que pour les femmes, mais très élevée par rapport aux seniors masculins de métropole (12 %). Ce constat semble lié à un état de santé qui se dégrade de manière plus précoce chez les hommes réunionnais que chez les hommes de métropole.À l’horizon 2050, la perte d’autonomie concernerait une part croissante des femmes (24 %) comme des hommes (21 %) à La Réunion, tandis qu’en métropole, la part de seniors en perte d’autonomie n’augmenterait que très faiblement (+ 1 point) pour les femmes, comme pour les hommes
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