[Société] Jauge à 5000 personnes assises. Les festivals de La Réunion vont s’adapter

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Soumis à la jauge de 5000 places assises, les festivals de l’île, Sakifo et Francofolies en tête, vont bon gré mal gré s’y adapter. Pour les Eletropicales en revanche, rien n’est encore fixé.
 

5000 personnes maximum, toutes assises et à bonne distance les unes des autres. Annoncées par la ministre de la Culture Roselyne Bachelot jeudi, ce sont les conditions que les festivals de plein air devront respecter pour pouvoir se tenir.

Des mesures qui concernent évidemment La Réunion. “C’est plutôt une bonne nouvelle, évalue Jérôme Galabert, organisateur du Sakifo et des Francofolies, tous annulés l’an passé. On passe d’un scénario imaginé l’année dernière de 2000 places assises à la possibilité d’en mettre 5000”, poursuit-il.

 

“Cela prépare à une forme de reprise.”

Mais c’est surtout le “cadre réaliste” et la visibilité donnée aux organisateurs qui le satisfait. “Seuls les événements qui pourront s’adapter le feront, et c’est compliqué.” Les autres, au moins, n’engageront pas de dépenses supplémentaires et pourront obtenir une indemnisation de la part de l’Etat.

 

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S’adapter, c’est le choix réalisé par les différents organisateurs de festival à La Réunion. Dans l’attente d’éventuelles évolutions – une expérience sanitaire doit avoir lieu à Marseille et Paris : deux concerts debout pour évaluer les risques et les effets de transmission du virus – Jérôme Galabert a déjà tranché. Les dates du Sakifo ont été élargies, du 3 au 13 juin si tout va bien. 

 

“On travaille sur une situation a minima de 2000 places assises et je me réjouis de pouvoir aller jusqu’à 5000”, explique-t-il. Si le lieu n’est pas encore déterminé, “il est important pour les intermittents, restaurateurs, hôteliers, prestataires de services, de travailler. C’est important pour eux et ça prépare à une forme de reprise.”

 

Difficile programmation

S’agissant des Francofolies, qui doivent a priori se tenir à Saint-Leu, là aussi les dates ont été élargies, du 1er au 10 octobre. Une seule scène devrait être montée. Mais pour y faire grimper des artistes, tout est plus compliqué cette année. “On sait déjà qu’on peut accueillir un certain nombre d’artiste locaux et extérieurs, annonce Jérôme Galabert. Cela va dépendre de ce que les autres festivals, qui ont booké les mêmes artistes, vont décider, c’est-à-dire annuler ou s’adapter. Mi-mars, fin mars, ça sera plus clair”.

 

Etre assis, pas dans l’ADN des Electropicales

Du côté des Electropicales, c’est la soupe à la grimace. “On fera des chaises musicales”, grince des dents Thomas Bordese, son chef d’orchestre. L’ADN et l’esprit un brin survolté de son festival de musique électro collent en effet mal avec l’effet salle de classe dégagé par ces rangées de chaises écartées. Alors qu’une réunion avec son équipe est prévue ce mercredi, pour l’organisateur, “pas question de galvauder” son festival, qui prend place au Barachois, à Saint-Denis. “On n’a pas encore pris de décision pour les Electropicales”, prévu originellement du 22 au 24 octobre, avoue-t-il. Mais Thomas Bordese et les siens ont déjà une idée dans leur besace. “Créer un autre événement qui correspondrait plus au format demandé, c’est en projet”. Les détails viendront par la suite. 

 

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Soucieux de faire jouer les artistes tout en faisant tourner l’économie du spectacle, Thomas Bordese reste optimiste. Avec l’évolution de la situation sanitaire, l’augmentation de la part de la population vaccinée et les expériences menées lors de concerts debout, “j’ai bon espoir que d’ici juin, on puisse organiser des concerts debout avec bars et restaurants.” Tout le monde signe les yeux fermés.

 

Kilian Kerbrat
 



 

 

Leu Tempo Festival “pas vraiment concerné” mais bien chamboulé 

 

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La mesure concerne surtout les festivals de musique. Mais Leu Tempo Festival, centré sur les arts de la rue, sera tout de même chamboulé cette année. Du 12 au 15 mai, pas de grand rassemblement dans l’espace public, seulement des événements assis avec jauge réduite. “Cela ne sera pas Leu Tempo Festival que l’on connaît”, reconnait Jean Cabaret, son organisateur. Mais c’est au moins ça. “On ne peut pas se permettre d’annuler une deuxième année de suite”, poursuit-il.

 

Alors pour continuer à “rapprocher les artistes du public”, il a prévu le coup. Si les motifs impérieux sont toujours là, empêchant les artistes étrangers de venir se produire à La Réunion, la programmation a été “doublée” par des artistes locaux. Surtout, il s’autorise à maintenir des spectacles gratuits dans l’espace public. Mais tout cela, évidemment, avec des règles claires. Privatiser le temps de l’événement un espace, le clôturer, et y poser des gradins pour accueillir les gens, nécessairement espacés. “Le problème, c’est que c’est la guerre du gradin”, résume Jean Cabaret. Des gradins amovibles et montables, c’est très rare. Ce n’est pas du tout simple de monter un tel dispositif.” 

 

 

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