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Des rangées de moto et une sono. Au pied de la préfecture ce jeudi matin, plusieurs centaines de motards venus de toute l’île se sont réunis et ont attendu le retour d’une délégation, reçue en préfecture.
L’objet de cette rencontre ? La circulation interfile des deux-roues, interdite depuis le 1er février dernier. “L’idée, c’était de prouver aux autorités que la circulation interfile est utile”, explique Yves Beis, membre du conseil d’administration de la Fédération française des motards en colère 974.

Dans ce but, environ 300 motards se sont réunis tôt ce matin et ont convergé en direction de Saint-Denis, en restant bien dans les files. Ce qui, selon eux, n’a fait qu’accroitre les bouchons. “C’était une démonstration par l’absurde que la circulation interfile est responsable et d’utilité publique, surtout ici”, poursuit-il.

Les motards rencontrés ce matin plaident pour un enseignement de la conduite interfile aussi bien aux conducteurs de deux-roues qu’aux automobilistes. Car cette conduite a des règles. “Cela doit se faire à environ 50 km/h, quand les autres sont au ralenti. Il faut un très faible différentiel entre la vitesse de la voiture et de la moto et que cela se fasse sur la file la plus à gauche”, expliquent plusieurs manifestants. “Nous ne sommes pas pour les deux-roues qui roulent à toute berzingue et double par la gauche ou la droite”, assurent-ils.
Une tolérance sur l’île
Après une longue entrevue avec le représentant du préfet, quatre membres des motards ont finalement pris le micro, vers 10 h 30. Jean-Pierre Gourama, moniteur de moto-école, Eric Marsely, moniteur d’auto-école, Christelle Beis, présidente la Fédération française des motards en colère et Fanny, secrétaire de l’association Des motos et des potes. “On a obtenu un statut quo, c’est-à-dire qu’il y aura une tolérance et qu’on ne sera pas verbalisés si on a une pratique propre, à allure modérée”, précise-t-elle. “Par contre, s’il y a des multi-accidents, ils mèneront des campagnes, ce qui est tout à fait normal.”
Futur département pilote ?
Par ailleurs, les motards ont eu la confirmation que la préfecture va appuyer leur demande d’être un département pilote quant à la conduite interfile. “On veut avoir voix au chapitre, explique Fanny. Une nouvelle ère de motards responsables s’ouvre. Mais cela ne va pas se solutionner en trois mois, ça sera des années de boulot.”
Kilian Kerbrat
Les chiffres
Selon Christelle Beis, présidente la Fédération française des motards en colère, la conduite interfile a produit que très peu d’accidents à La Réunion ces dernières années. “En zone gendarmerie, il n’y en a eu aucun l’an dernier et 1 en zone police en janvier”, a-t-elle assurée au micro, devant la préfecture. “Les autorités ont bien compris que la pratique qu’on demande est légitime.”
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