[Société] Handicap : La Réunion accueillante avec les touristes, moins avec les locaux

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Si de nombreux loisirs sont désormais accessibles aux personnes handicapées, et notamment aux touristes, ceux qui vivent à La Réunion subissent encore des galères au quotidien. 

En lançant sa page Facebook nommée « La Réunion pour tous », elle ne s’attendait pas à ça. Camille Coulombel, 36 ans, voulait recenser les activités et les lieux accessibles à tous types de handicap sur l’île. « Même si tout n’est pas 100% accessible, j’ai été franchement agréablement surprise », avoue l’orthophoniste en reconversion basée à l’Etang-Salé.
 

 

 

“Beaucoup plus accessible qu’on ne le croit !”

 

Laser game, parapente, hélicoptère, hôtels, chambres d’hôte et restaurants, plongées, balades, véhicules… Les services adaptés aux personnes en situation de handicap ne manquent pas. Ces dernières peuvent aussi profiter de quelques-uns des plus beaux points de vue de l’île comme le volcan, Bélouve, la Fenêtre des Makes… Et même se faire une bonne randonnée. Deux fauteuils spéciaux sont mis à disposition par l’association Roule Ek nou.

Si tout n’est pas parfait, puisque l’accès aux plages « reste souvent une vraie galère », selon Cédric Bussmann, président de l’association Handicapables 974, lui-même en fauteuil, les touristes porteurs d’un handicap peuvent trouver facilement leur compte. « Trois visites par jour minimum pendant huit jours !, s’exclame même dans un blog Charlotte, une Parisienne en fauteuil roulant venue découvrir l’île. La Réunion, c’est beaucoup plus accessible qu’on ne le croit ! »

 

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“Mieux vaut être touriste”

Un constat partagé par Arthur Guénat. Auteur d’une thèse intitulée « Nature et handicap à la Réunion : le défi d’une accessibilité pour tous », il considère, de manière un peu taquine, qu’en termes d’accessibilité sur l’île, «mieux vaut être touriste car beaucoup de choses sont possibles à voir alors que, paradoxalement, au quotidien c’est la galère : pas assez de transports accessibles, centre-villes très en retard sur les normes d’accessibilité, accès à l’emploi compliqué (surtout dans le public)… »

 

Un transport adapté couteux 

« Le transport adapté a un coût et tout le monde ne peut pas se le permettre, poursuit Noël Thomas, le président de Saint-Paul Handisport, aussi responsable de Roule ek nou. Là où ça pêche, ce sont les transports en commun. » Un frein forcément important. 

 

Un autre point noir se situe au niveau des trottoirs. En fauteuil (comme avec une poussette), difficile parfois de se frayer un chemin. « Dans la rue des Bons enfants, à Saint-Pierre, d’un côté le trottoir est nickel, de l’autre, je ne peux pas entrer dans les magasins », regrette par exemple Cédric Bussmann, de l’association Handicapables 974. 

 

 

 

S’il note des améliorations via plusieurs travaux en cours ou réalisés « des choses restent à faire », selon lui. Dans le domaine du logement -« pour trouver un logement social adapté, ce n’est pas facile »- et de l’administration -« les démarches pour faire reconnaître notre handicap sont longues »-, pointe-t-il du doigt.

 

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“A La Réunion, une personne handicapée a surtout la possibilité d’accéder aux centres commerciaux et en général avec peu de budget, faute d’accès à l’emploi”, tranche quant à lui le thésard Arthur Guénard, personnellement touché par le handicap.

 

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Ce dernier note tout de même une implication en hausse des collectivités et des pouvoirs publics via l’instauration de personnes référentes, une amélioration du système d’aides de la Maison Départementale pour les handicapés (MDPH) ainsi qu’un meilleur accès aux études. 

Du mieux, mais…

« Globalement, il y a du mieux, considère le président de Saint-Paul Handisport, Noël Thomas, mais c’est au niveau institutionnel où ça coince. On parle beaucoup de dépendance des personnes âgées mais de notre côté, il faut, à l‘exemple du pont piéton de l’Etang Saint-Paul, batailler pour que les choses soient accessibles.» «Il faudrait une vraie politique du handicap et pas des bouts de ficelle ou des promesses », tance quant à lui Arthur Guéant. Pour que La Réunion soit vraiment intense pour tous. 

 Kilian Kerbrat

 

 



 

 

25 132 bénéficiaires de cartes d’invalidité sur l’île en 2018

 

 

Si les situations sont différentes selon les personnes, à La Réunion, 25 132 bénéficiaires de la carte d’invalidité ont été recensés par la Maison Départementale des personnes handicapées de La Réunion. Ces chiffres datent de 2018. 

 

La population MDPH est évaluée à 52 121 personnes au 31 décembre 2018. Elle représente 6,1% de la population réunionnaise (contre 6 % en 2017 et 3,1% en 2006). 

 

Les déficiences motrices ou viscérales touchent à titre principal 40% des personnes (dont 28% pour les déficiences motrices et 12% pour les déficiences viscérales).  Les déficiences psychiques concernent 15 % des personnes à titre principal. Les déficiences intellectuelles constituent la déficience principale pour 13% des personnes comme pour les années précédentes. Les situations de plurihandicap, surhandicap et polyhandicap concernent respectivement 12%, 6% et 2% des personnes reconnues. 

 



 

C’est la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées 

 

La 24e édition de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH) se déroule cette semaine du 16 au 22 novembre. Trois thématiques ont été retenues : Le numérique, levier pour accélérer l’inclusion des personnes handicapées dans l’emploi, l’école inclusive et le handicap invisible : maladie chronique, maintien dans l’emploi, seconde partie de carrière. Les infos ici. 

 

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La loi handicap fête ses 15 ans 

 

La loi n° 2005-102 du 11 février 2005, intitulée « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », est une loi fondamentale pour la politique du handicap. Celle-ci prévoit de nombreuses évolutions dans la prise en compte des besoins des personnes en situation de handicap.
 
Cette loi a donné par exemple une définition à ce qu’est le handicap et a réaffirmé que les personnes reconnues ont un droit à une compensation du handicap.
 
Parmi ces mesures figure la création des MDPH (Maisons Départementales des Personnes Handicapées) et des CDAPH (commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées) partout en France afin de faciliter l’accès aux droits des personnes concernées.
 
Il y a également la création de la Prestation de la compensation du handicap (PCH) en lieu et place de l’ACTP (pour les primo-demandeurs). Cette loi a connu au fil des années des modifications ou réajustements sur le plan législatif ou réglementaire.

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