[Société] Elles ont choisi de ne pas mettre leurs enfants à l’école par peur du Covid

0
69

[ad_1]

Depuis le 17 août dernier, l’heure de reprendre le chemin de l’école a sonné même si un rebond de l’épidémie de coronavirus – démultiplication des cas autochtones, apparition de clusters (foyers de contamination), augmentation du nombre de patients Covid+ hospitalisés – a fait passer notre département « d’un état de vulnérabilité faible à un état de vulnérabilité modéré » comme l’indiquait la directrice de l’ARS la semaine dernière. Et c’est bien cela qui effraie certains parents. Ils font de la résistance et ont choisi de ne pas renvoyer leurs enfants sur les bancs de l’école.

Pour rassurer les parents inquiets, réticents ou dubitatifs, la préfecture, l’ARS et le rectorat, ont multiplié les communications quelques jours avant la rentrée. Le message a été martelé, « un protocole sanitaire est en vigueur », « l’école est un lieu sûr », « à l’école, les enfants sont en sécurité », « fermer sans aucune base scientifique n’est pas la bonne méthode »… Pourtant, cela n’aura pas suffi à rassurer certains parents déjà très perplexes.

 

 

« La santé de mes enfants passe avant tout » – Laure

 

Laure a quatre filles âgées de 10, 6, 4 et 1 ans, toutes sont asthmatiques. Tant que la situation actuelle perdure, la mère de famille n’envisage pas de remettre ses marmailles à l’école « une petite grippe, une gastro et mes enfants sont tout de suite hospitalisés, je ne peux pas prendre de risque ». Cette maman indique à plusieurs reprises être « très stressée » et s’inquiète d’un contexte favorable à la propagation du Covid-19 dans les établissements scolaires « elles vont jouer avec leurs copines, sans respecter les gestes barrières… ».

 

La mère de famille va même plus loin, imaginant le pire « je ne sais pas ce que je deviendrai sans mes enfants… ». Les mesures mises en place dans les écoles et collèges n’ont pas suffi à la rassurer « j’ai expliqué à la directrice pourquoi je ne voulais renvoyer mes enfants à l’école, elle m’a dit qu’il y avait du gel hydroalcoolique, les gestes barrières… mais je suis allée sur place et ce n’était pas le cas, j’ai donc gardé mes enfants à la maison ».

 

Seule solution pour Laura « la fermetures des écoles et le reconfinement car il y aura toujours des gens qui ne respecteront pas les règles, qui feront la fête, se rassembleront etc ». La mère de famille sait que cela va faire jaser mais elle assume son choix « la santé de mes enfants passe avant tout ».

 

 

« En mars, il y avait 3 cas à La Réunion et on a été confinés, aujourd’hui le nombre de cas explose et toutes les écoles sont ouvertes » – Emmanuelle

 

Sur la même longueur d’onde, une autre maman inquiète : Emmanuelle. Elle a trois enfants, deux sont au collège et la petite dernière en moyenne section de maternelle. Ses enfants sont tous atteints d’une maladie génétique rare cependant en “temps normal” (hors crise du sanitaire), ils sont scolarisés dans le système classique.

 

Mais la crise du coronavirus est passée par là, les craintes de cette mère de famille sont sensiblement les mêmes que celles de Laura mais il y a également de l’incompréhension « en mars dernier, nous avions peu de cas à La Réunion, pourtant nous avons été confinés, les écoles fermées etc… Aujourd’hui, le nombre de cas explose, le risque est multiplié et toutes les écoles de l’îles sont ouvertes ». Un paradoxe pour la Sainte-Marienne qui se pose de nombreuses questions « le préfet prend un arrêté pour interdire les rassemblements de plus de 10 personnes, pendant ce temps-là, on parque nos enfants dans des salles de cours à 30 voire 35, ça n’a aucun sens ».

 

 

Au départ, malgré ses appréhensions, Emmanuelle a envoyé ses deux grands au collège « le jour de la rentrée, le mardi, je les ai amenés mais ce que j’ai vu m’a choqué. Dans les bus, les personnes qui accompagnaient les enfants ne portaient pas de masque. Les enfants, très contents de se retrouver se prenaient dans les bras etc, les gestes barrières n’étaient pas respectés. Même chose au sein de l’établissement ». Résultat, les fils d’Emmanuelle sont rentrés à la pause déjeuner et ne sont jamais retournés au collège.

 

Il y a quelques jours, Emmanuelle a mis une pétition en ligne adressée au préfet et à la rectrice. Elle plaide pour une fermeture de tous les établissements scolaires de l’île et rassemble plus de 4 000 signatures.

 

 

« On ne protège pas nos enfants dans les écoles » – Clarissa

 

Une autre mère de famille assume son choix de ne pas renvoyer ses 2 enfants de 10 et 5 ans sur les bancs de l’école « vu le contexte actuel, ça ne risque pas d’arriver » souffle Clarissa. La mère de famille juge le protocole sanitaire trop léger par rapport aux enjeux « comment peut-on réussir à faire respecter les gestes barrières aux marmailles dans les cantines et les cours de récréation, je veux bien que l’on m’explique ».

 

La Saint-Andréenne a été confortée dans son choix de garder ses enfants à la maison « dans la classe de mon petit garçon, il y a eu un cas de Covid-19, j’étais vraiment soulagée de ne pas l’avoir renvoyé à l’école ». Si cela rassure les parents, pour les enfants, ce n’est pas toujours facile à vivre mais Clarissa argumente, « les enfants veulent surtout retourner à l’école pour revoir leurs camarades, dans leur tête, ce n’est pas l’instruction qui prime ».

 

 

« L’école de la République ne sera pas une variable d’ajustement de la crise sanitaire » – Jean-Michel Blanquer

 

L’instruction, justement parlons-en. En France, elle est obligatoire pour tous les enfants à partir de 3 ans et jusqu’à 16 ans révolus. Les parents ont le choix d’assurer eux-mêmes cette instruction mais cela doit être déclaré au rectorat et à la mairie. Sans cela, les parents s’exposent à des sanctions pénales.

 

Par ailleurs, Jean-François Salles, inspecteur d’académie adjoint à la rectrice rappelle qu’il existe des dispositifs réservés aux élèves atteints de maladie chronique, d’allergie ou d’intolérance « le PAI (projet d’accueil individualisé), par exemple, permet à ces élèves de suivre le programme scolaire à domicile. Il est élaboré en concertation avec la famille de l’élève, ses parents et le chef d’établissement. » Des dispositifs similaires existent et peuvent être mis en place à la demande des parents sous réserve d’accord du rectorat et sous présentation d’un certificat médical.

 

Laure, Emmanuelle et Clarissa souhaiteraient que leurs enfants puissent avoir accès à la continuité pédagogique mais le rectorat n’envisage pas cette option pour les parents qui ont choisi de ne pas remettre leurs enfants à l’école. « Le ministre de l’Éducation nationale a précisé que l’école n’était pas une variable d’ajustement, à juste titre » commente Jean-François Salles.

 

Aujourd’hui, le rectorat peine à estimer le nombre d’élèves qui ne sont pas retournés à l’école « le seul marqueur que nous ayons, c’est le nombre de demandes pour l’instruction à domicile. Depuis la rentrée, nous avons reçu plus de 200 dossiers, habituellement, c’est ce que nous recevons en un an ».

 

Les trois mamans ne veulent pas que leurs enfants pâtissent de leur choix, qu’ils deviennent “des décrocheurs”. Clarissa et Emmanuelle envisagent l’instruction à domicile avec des cours payants malgré les difficultés que cela peut engendrer. Laure, elle, admet avoir du mal à gérer la vie quotidienne et l’école à la maison.

[ad_2]

Source link

clicanoo

Have something to say? Leave a comment: