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SAINT-ANDRÉ. La mairie a tenu à maintenir l’événement en l’adaptant aux contraintes sanitaires. La fête des lumières aura bien lieu mais dans un format réduit, sur 3 jours, sans défilé ni podium.
Un peu de lumière dans un monde de Covid… Malgré les contraintes, sanitaires mais aussi sécuritaires dans le cadre du plan Vigipirate renforcé, il était important de maintenir l’événement pour Joé Bédier : “On ne peut pas ne plus rien faire, on ne peut pas tout arrêter, nous devions amener cette lumière dans cette période difficile”. A l’origine du 1er défilé le 17 octobre 1990, le Docteur Selvam Chanemougame, président de Tamij Sangam, va dans le même sens : “J’aurais tout pardonné même si on avait dû annuler, mais le Dipavali c’est aussi une valeur spirituelle importante à maintenir en cette période, le symbole de la victoire de la lumière sur les ténèbres”. Alors que le thème cette année est le « retour aux sources », le maire de Saint-André va plus loin en appelant chacun à profiter de ce moment pour accomplir une certaine introspection : “ça peut être l’occasion pour tout à chacun de faire le point sur des choses que je pourrai modifier dans ma vie, comment mieux protéger l’environnement, ma façon de consommer, mes rapports avec les autres…”. Il fait du Dipavali un moment incontournable à maintenir et même à amplifier “pour le rendre encore plus beau” mais en souhaitant aussi davantage de retombées économiques. Il confirme son maintien en centre-ville.
UN HOMMAGE A VIRAPOULLE
Il rend au passage hommage à son prédécesseur, également à l’origine de la manifestation, “c’est une fête qui lui tenait très à cœur “. En espérant une fête dans toute sa dimension habituelle l’année prochaine, c’est un Dipavali au « format Covid » qui se tiendra de vendredi à dimanche de 9h à 17h (jusqu’à 22h samedi) au stade Sarda-Garriga. Exit le scénario prévu initialement d’organiser notamment un original drive-in au parc du Colosse autour du cinéma indien, la préfecture ayant imposé la concentration de l’événement dans un lieu à la fois fermé et en plein air. “Même si les gens auraient été dans leurs voitures la règle impose de ne pas organiser de regroupements sur la place publique”, commente le premier magistrat. Durant ces 3 jours, le mot d’ordre est d’éviter les regroupements : pas de défilé, pas de feu d’artifice, ni de podium. S’il y aura des animations (jongleurs, cracheurs de feu, musique, danse, tambours sacrés, échassiers…), elles seront itinérantes. Le port du masque sera bien sûr obligatoire et les « ambassadeurs » mobilisés pour faire respecter les gestes barrières. La jauge maximale de public présent en même temps dans le stade est fixée à 400 personnes “soit 1 personne pour 5 m2, nous allons au-delà des 4 m2 préconisés “. Une zone d’attente sera aménagée à l’extérieur du stade. Un village indien d’une trentaine d’exposants avec stands et ateliers, un food court et une exposition photo sur l’histoire du Dipavali composent le programme de cette 31 ème édition qui restera comme celle de l’année du Coronavirus.
P.M.
L’opposition s’inquiète d’un « cluster géant »
Dans un communiqué, Jean-Marie Virapoullé juge que le contexte sanitaire aurait dû pousser la municipalité à annuler la manifestation « alors que l’épidémie connait une forte progression notamment à Saint-André (…) Il nous semble inapproprié, voire dangereux d’organiser le Dipavali dans ces conditions, d’autant que les mesures annoncées sont largement insuffisantes pour éviter la propagation du virus ». Il cite l’interdiction de rassemblement de plus de 6 personnes dans les lieux publics « pourtant, le maire annonce l’organisation pendant 3 jours de spectacles, de food-court, de marché indien de 30 exposants avec une jauge de 400 personnes… Non seulement le maire va à l’encontre des dispositifs en vigueur, pire, il s’expose à une véritable mise en danger de la vie d’autrui », tacle l’opposant politique. Il pointe une décision « inconsciente » avec le risque de transformer le Dipavali en « cluster géant ». Il estime également inapproprié le maintien d’un point de vue moral : « Il est inconcevable de célébrer un événement aussi festif alors que l’épidémie a entraîné le décès de 40 987 personnes à l’échelle nationale et 28 morts à la Réunion ! ». Il rappelle que suite aux attentats de Paris en 2015, le défilé avait été annulé au dernier moment.
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