[Société] Dengue à La Réunion. La crainte d’une vague épidémique

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Situation de la dengue à La Réunion 

 

En 2020, le dispositif de surveillance estime que près de 40 000 personnes ont contracté la dengue (dont plus de 16 000 résultats positifs reçus à l’ARS), entrainant au moins 779 hospitalisations et 22 décès.  

 

Autour de 10 nouveaux cas par semaine sont actuellement identifiés. Cette situation est similaire aux années précédentes avec le maintien à bas bruit de la circulation de la dengue durant tout l’hiver austral. A cela s’ajoute la coexistence de 3 sérotypes de dengue sur le territoire, dont les sérotypes 1 et 2 à l’origine des vagues épidémiques précédentes, et le sérotype 3 à l’origine de regroupements de cas dans l’Est et de cas isolés dans le Nord. Ces éléments laissent craindre l’apparition d’une nouvelle vague épidémique dans les mois à venir, notamment avec le risque potentiel de voir le sérotype 3 se développer à plus grande échelle sur l’île en 2021.

 

De plus, depuis cette année, la co-circulation de la dengue et la covid-19 fait peser le risque d’une tension dans les hôpitaux en cas de pics épidémiques concomitants des deux maladies. L’ANSES dans un avis du 7 mai dernier, désignait la lutte anti-vectorielle comme une mission essentielle à maintenir en période de circulation de la covid-19, dans le but de soulager le système de santé et de prévenir des éventuelles saturations hospitalières.

 

Lutte contre la dengue, les trois gestes indispensables 

 

L’arrivée de l’été et ses conditions climatiques (chaleur, pluie) sont plus favorables au développement des moustiques. Ces derniers pondent dans de petites collections d’eau stagnante et se forment des gîtes larvaires.

Pour lutter contre la dengue, il est indispensable d’éliminer les gîtes larvaires, c’est-à-dire tous  les récipients susceptibles de contenir de l’eau autour de nos habitations, sur le domaine publics et les lieux de travail, qui favorisent leur développement.

Cependant, pour être efficaces, ces mesures doivent s’accompagner d’une protection contre les piqûres de moustiques, pour soi et ses proches. La mise en œuvre des gestes de prévention permettent d’éviter de contracter la maladie mais aussi de la transmettre.

 

  • Des gestes simples à mettre en œuvre au quotidien :

     

    • Se protéger des piqûres de moustique (répulsifs, moustiquaires, vêtements longs, diffuseurs), et continuer à se protéger même malade pour ne pas contaminer son entourage
    • Eliminer les récipients en eau autour de son habitation (vider soucoupes et petits objets pouvant contenir de l’eau, vérifier l’écoulement des gouttières…)
    • Eliminer les déchets pouvant générer des gîtes larvaires
    • Respecter les jours d’enlèvement des déchets et encombrants
    • Couvrir les réservoirs avec un tissu ou une moustiquaire, et abriter les pneus

 

  • Consulter un médecin en cas d’apparition des symptômes : apparition brutale de fièvre éventuellement associée à des maux de tête, douleurs musculaires/articulaires, nausées, vomissements ou fatigue.

Les gestes de prévention réalisés par tous peuvent permettre de limiter des co-infections dengue/covid-19 susceptibles d’affaiblir les personnes fragiles, et préserver le système de santé mobilisé actuellement sur l’épidémie de la covid-19.

 

 

Focus : Les mesures de prévention les plus efficaces

 

  • utiliser des produits répulsifs
    L’utilisation des produits répulsifs est l’une des mesures les plus sûres pour lutter contre la propagation de la dengue. Ces répulsifs cutanés sont à appliquer sur toutes les parties du corps non couvertes, lors d’activités en  extérieur, surtout le matin et le soir, les périodes de plus forte activité du moustique. La durée de la protection varie de 4 à 8 heures. Des produits spécifiques sont réservés pour l’enfant et la femme enceinte. Votre pharmacien pourra vous conseiller sur l’utilisation des répulsifs et les mesures de protection individuelle.

 

  • porter des vêtements longs et couvrants
    Il est très fortement recommandé de porter des vêtements clairs et couvrants (manches longues, pantalons, chaussures fermées) pour se protéger, surtout le matin et le soir. Ces vêtements peuvent également être imprégnés par spray ou trempage dans une solution insecticide (perméthrine).

 

  • installer des moustiquaires
    La moustiquaire de lit constitue une barrière efficace pour les personnes contraintes d’être alitées en journée et notamment les nouveaux nés. L’emploi de moustiquaires de berceau constitue ainsi le moyen prioritaire de protection pour ces jeunes enfants. Des moustiquaires peuvent également être posées sur les fenêtres et les portes pour une meilleure protection à l’intérieur des habitations aux périodes d’agressivité du moustique (le matin et le soir).

 

 

Les acteurs et la population engagés 

 

 

Dans ce contexte, la Préfecture et l’ARS La Réunion ont continué de mobiliser l’ensemble des acteurs  (institutionnels, collectivités, associations, grand public, entreprises privées….) et de soutenir la mise œuvre d’actions de sensibilisation durant tout l’hiver austral.

Ainsi, la sensibilisation en milieu scolaire a été maintenue, les secteurs prioritaires pour les interventions de salubrité publique ont été définis puis suivis, et enfin, plusieurs communes ont mené des campagnes de collecte de déchets chez les particuliers. Afin de limiter au mieux la circulation du virus en période hivernale, les équipes de l’ARS ont intensifié leurs interventions autour de chaque cas (périmètre d’intervention élargi, traitement de jour, traitement de nuit, actions de sensibilisation et de prospection au sein des établissements recevant du public), impliquant une mobilisation forte des équipes y compris en période de faible circulation.

 

Les acteurs :

 

La lutte anti-vectorielle 

Les équipes du service de LAV de l’ARS La Réunion complétées d’intérimaires se sont vues progressivement renforcées d’agents du SDIS. Au plus fort de l’épidémie en avril :

En 2020 :

  • 6 500 zones d’intervention de jour et de nuit.
  • plus de 150 agents de traitement mobilisés sur le terrain avec le renfort de jusqu’à 50 pompiers et 50 intérimaires,  
  • plus de 50 000 maisons visitées par l’ARS et le SDIS
  • 4 000 analyses/semaine réalisées par les laboratoires lors du pic épidémique

Ces effectifs importants ont permis de poursuivre une stratégie basée sur des interventions systématiques et réactives autour de chaque cas isolé et foyer émergent, complétées dans les zones de circulation virale les plus actives d’actions de salubrité publique et de sensibilisation du public portées par les collectivités et les associations.

Les interventions de l’ARS sur le terrain sont complétées par la distribution gratuite de répulsifs auprès des publics cibles les plus fragiles (personnes ayant contracté la dengue, enfants en bas âge, femmes enceintes, personnes âgées).

 

Un pilotage et une coordination par la Préfecture avec l’appui des communes

Depuis le passage en niveau 3, le dispositif est piloté par le Préfet sous commandement de son centre opérationnel de la préfecture, en concertation étroite avec l’ARS. Des réunions de coordination en préfecture et dans les sous-préfectures sont organisées très régulièrement.

Les communes assurent en lien avec les intercommunalités en charge des déchets, la réalisation d’opérations de nettoyage de quartiers :

  • nettoyage de l’espace public et des ravines,
  • identification et élimination des dépôts sauvages,
  • interventions en porte-à-porte de sensibilisation et d’élimination des gîtes larvaires,
  • collecte renforcée des déchets et encombrants,
  • sensibilisation et communication, etc…

Les communes ont pu recruter des personnes en Parcours Emplois Compétences (emplois aidés) pour faciliter cette intervention.

Pour rappel, un arrêté de mesures d’urgence s’impose à tous, prescrivant notamment l’entretien régulier des bâtiments et des terrains, mais également l’autorisation des services d’intervention (ARS et services communaux) à pénétrer sur le domaine privé…

 

Les collectivités toujours actives sur l’espace public et dans les jardins des particuliers

 

Durant l’hiver austral, les collectivités ont eu à cœur de maintenir leurs actions dans la lutte contre la dengue en montant des opérations « Vid fond de cour ». C’est le cas notamment des communes de Saint-Paul, Le Port et de Sainte-Suzanne. Les services l’ARS sont partenaires de ces actions en formant les médiateurs communaux et en apportant parfois un accompagnement de terrain, gage du partenariat commune-ARS pérenne et efficace. Ces opérations vont se poursuivre sur l’ensemble du territoire réunionnais dans les semaines et mois à venir.

 

Les associations citoyennes au plus près des quartiers, relai essentiel des messages

 

De plus en plus de collectifs ou associations de citoyens se montent spontanément dans le but de nettoyer leurs quartiers et/ou leur environnement. L’ARS La Réunion continue de proposer à ces associations, des sessions de sensibilisation à l’écologie du moustique, les situations propices à sa prolifération et les méthodes de luttes existantes, ainsi qu’un accompagnement dans le montage de leur projet de résorptions de dépôts sauvages.

Les collectifs ou associations qui n’auraient pas été contactées et désireuses de suivre cette sensibilisation peuvent en faire la demande à l’adresse suivante : [email protected]

 

Les entreprises réunionnaises mobilisées dans la lutte

 

En 2019, la Préfecture et l’ARS La Réunion ont lancé la démarche de communication engageante auprès des établissements privés volontaires afin d’inciter et de valoriser les gestes de prévention auprès des réunionnais, même sur leur lieux de travail.

Depuis, plus de 60 établissements (entreprises, représentant plusieurs milliers de salariés)  se sont engagés auprès des autorités dans cette démarche de communication engageante et ont été signataires d’une charte d’engagement, s’inscrivant dans une démarche durable de prévention et de changements des comportements.

En 2020, cette opération est reconduite, avec la poursuite de l’accompagnement des entreprises signataires et la sensibilisation de leur salariés, et la signature de nouveaux partenariats.

 

La charte d’engagement :

 

Ce partenariat prévoit une charte d’engagement de l’établissement et l’affichage de cet engagement par apposition d’un autocollant « Ici établissement engagé  » visible des personnes fréquentant l’établissement.

En signant la charte d’engagement, les organismes volontaires s’engagent à :

  • préserver la santé de leurs personnels et de leurs visiteurs (élimination des gîtes larvaires et mise à disposition de répulsifs pour les personnels exposés),
  • informer et relayer les campagnes de communication,
  • faciliter les interventions des équipes d’intervention de lutte contre la dengue.

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