[Société] Déconfinement : les clubs libertins rouverts, mais les clients privés de “coins câlins”

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Comme les bars, restaurants, cafés et discothèques, eux aussi avaient dû garder portes closes depuis le début du déconfinement au 11 mai. Les quelques clubs libertins de l’île ont rouvert, ou le feront dans les prochains jours, mais appréhendent une reprise timide dans un milieu où le respect des gestes-barrière peut être considéré comme un paradoxe. 

A chacun son petit plaisir ce mardi, premier jour de cette phase 2 du déconfinement : certains se sont rassemblés autour d’une table de restaurant, d’autres sont allés trinquer au bar ou profiter d’un café en terrasse. Et il y a ceux à qui les clubs naturistes et libertins avaient manqué, et qui ont pu retrouver leurs lieux de détente dès cette semaine. Ces clubs ne sont pas forcément classés dans la catégorie des discothèques – qui ne sont toujours pas autorisées à reprendre leur activité. D’autres comprennent parfois un bar, ce qui peut alors les faire assimiler à la catégorie des débits de boisson, qui eux ont rouvert ce mardi. D’autres encore, proposant hammam, spa ou jacuzzi, peuvent être assimilés à des établissements de soins corporels. 

A l’Ambigu, club libertin et naturiste de la Souris Chaude, les clients étaient déjà au rendez-vous cet après-midi du 2 juin. Sans toutefois avoir accès à toutes les parties de l’établissement. S’ils les aficionados du bronzage intégral ont pu retrouver sauna, jacuzzi, piscines et autres parties du centre naturiste ouvertes en semaine dès 14h, il faudra attendre le 26 juin pour retrouver le côté un peu plus “boîte de nuit” et ses “coins câlins”, explique le gérant, Daniel. Lequel souligne aussi un certain embarras à devoir mettre en place des restrictions dans un club libertin. “On ne va quand même pas mettre un plexiglas entre deux personnes qui a des relations sexuelles !”, fait-il remarquer. 

Cet après-midi de réouverture, il constatait d’ailleurs que le port du masque (obligatoire dès lors que les règles de distanciation physique ne peuvent être garanties) n’était pas forcément une évidence pour les premiers clients.

Des clients qui n’étaient pour le moment qu’une poignée. Pourtant, les jours suivant le déconfinement, l’établissement implanté dans l’Ouest depuis 15 ans, a reçu non moins d'”une cinquantaine d’appels par jour” de clients souhaitant avoir des informations sur la réouverture du club de la Souris Chaude, assure Daniel. 

 

Accès au coin détente naturiste 

 

Dans la Sud à Saint-Pierre, la Maison des Filaos, autre club libertin et naturiste, a aussi rouvert ce 2 juin. Mais Steeve, le gérant, craint quant à lui de ne pas retrouver de suite la fréquentation d’avant confinement. Là aussi, “coins câlins” et chambres resteront interdits à la clientèle pour le moment. Laissant aux clients l’accès à l’espace détente comprenant jardin, piscine et jacuzzi, mais dans la limite de 10 personnes. “De toute façon, je pense que les gens ont encore un peu peur, dans ce contexte, avec la maladie”, s’inquiète Steeve. 

Pour lui, ces plus de deux mois passés sans aucune activité ont été compliqués. “C’était très très dur, on essaie de tenir jusqu’à ce que ça aille mieux, mais ça va prendre du temps”, souffle-t-il, n’excluant pas de devoir fermer. Le gérant de la Maison des Filaos a pourtant essayé, dit-il, de “répondre aux exigences” de cette reprise d’activité. “On avait déjà du gel à disposition dans chaque espace, mais on a globalement renforcé les mesures sanitaires”. Et la consommation d’alcool au bar n’étant pas autorisée, “on a enlevé toutes les chaises hautes”.

 Mais dans ces lieux qui par essence sont censés favoriser la rencontre et les rapprochements, les gestes-barrière ne sont pas très populaires. “C’est délicat de dire aux gens de revenir mais de respecter une distance d’un mètre entre eux, quand on est dans le milieu libertin”, termine-t-il, non sans inquiétude.

 

Le “business parallèle” des soirées privées 

 

Didier lui, est le gérant du Bubbles Sauna club à Saint-Denis, et voit le danger ailleurs, notamment dans l’organisation de soirées privées mais payantes, par des particuliers. Soit une concurrence déloyale. “C’est tout un business parallèle : ils louent une maison et tarifent l’entrée à 50 euros, avec bouteille de champagne etc… mais sans aucune protection ni protocole”, tient à souligner Didier, selon qui ces soirées se sont multipliées depuis la levée du confinement. Lui a préféré attendre le feu vert de son syndicat, le SNEG (Syndicat des lieux festifs et de la diversité), et le protocole à respecter pour la réouverture.

Du coup, pas de clients avant le 15 juin pour ce “sauna libertin”, qui lui n’est ni bar, ni boîte de nuit. “On n’a ni piste de danse, ni alcool, on est assimilé à un établissement de soins corporels”, explique Didier. D’où tout un ensemble de règles sanitaires qu’il fallait respecter bien avant l’arrivée du coronavirus, et qui ont été encore renforcées par le gérant, qui ne souhaite rien laisser au hasard et prépare sa réouverture depuis plusieurs semaines. 

 

Des sols et des murs désinfectés deux fois par jour 

 

“On aura un nombre de personnes limitées dans le spa, les douches seront désinfectées toutes les 30 minutes et obligatoires pour les clients, et nos sols et murs seront désinfectés deux fois par jour, avec les mêmes produits qu’on utilise dans les hôpitaux et les cliniques” précise Didier. Quant au hammam ou au sauna, leur eau est chauffée à respectivement 60 et 85°C, et le virus ne devrait donc pas y survivre… Pour inciter au respect des bons gestes d’hygiène, ce sont au total 14 affiches qui ont été placardées dans l’établissement de celui qui dit être déjà surnommé “le fou de la désinfection”.

“En ce moment, j’ai en moyenne 8 messages par jour, et plusieurs appels, de gens qui veulent voir le club rouvrir rapidement”, souligne fièrement Didier. Qui fignole les derniers détails pour recevoir une clientèle déjà impatiente de retrouver son lieu de volupté.

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clicanoo

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