[Société] Darmanin et Dupond-Moretti au gouvernement : “une marche arrière en matière d’égalité pour les femmes” pour l’UFR

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La présence au gouvernement de Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol, et d’Éric Dupond-Moretti, très critique envers le mouvement #MeToo, ont soulevé de nombreuses manifestations. A la Réunion, c’est l’Union des Femmes Réunionnaises (UFR) qui fustige ces nominations.

Des rassemblements féministes ont eu lieu vendredi dans plusieurs villes de France contre le remaniement gouvernemental après les nominations de Gérald Darmanin, accusé de viol, au ministère de l’Intérieur, et d’Eric Dupond-Moretti, très critique envers le mouvement #MeToo, à la Justice. “Trois ans après #MeToo, l’État Français montre une nouvelle fois que le bien être et la sécurité des femmes n’est pas une priorité. (…) Quel message renvoie le gouvernement français aux femmes hésitant à porter plainte pour viol ?”, écrivent les organisatrices sur Facebook. Dès mardi, lors de la passation de pouvoir entre Christophe Castaner et Gérald Darmanin, des féministes avaient mené plusieurs actions coups de poing, scandant “Darmanin violeur” et brandissant des pancartes “Darmanin à l’Intérieur, vous vous torchez avec nos plaintes”

 

Le nouveau ministre de l’Intérieur a dit jeudi “avoir le droit à la présomption d’innocence”, soulignant “qu’il y a eu trois décisions de justice, deux enquêtes préliminaires ont été classées sans suite et un non lieu rendu par deux juges d’instruction”. Gérald Darmanin a été accusé en 2017 de viol par une femme, Sophie Patterson-Spatz, qui l’avait sollicité en 2009, lorsqu’il était chargé de mission au service des affaires juridiques de l’UMP (parti devenu LR), pour tenter de faire annuler une condamnation de 2004 pour chantage et appels malveillants contre un ex-compagnon.

 

Selon ses déclarations, M. Darmanin lui aurait fait miroiter son appui, et elle se serait sentie contrainte de “passer à la casserole”. M. Darmanin a reconnu une relation sexuelle avec cette femme mais, selon lui, librement consentie. D’abord classée sans suite, la procédure a été relancée par la cour d’appel de Paris qui a demandé début juin de nouvelles investigations. De son côté, Eric Dupond-Moretti avait notamment estimé en 2018 “que siffler une femme, ça devienne une infraction pénale, c’est ahurissant”, en plein débat sur la création d’un délit d’outrage sexiste.

 

A la Réunion, c’est l’Union des Femmes Réunionnaises qui monte au créneau en dénonçant “une marche arrière en matière d’égalité pour les femmes”. Dna sun communiqué, l’UFR estime que “le nouveau gouvernement s’appuie sur des personnalités en contradiction avec la marche des femmes vers l’égalité. Cela constitue un signal clair que l’État adresse à la population et aux associations qui oeuvrent tous les jours aux côtés des victimes. Ces nominations contredisent complètement les discours, les annonces et les préconisations du sommet de l’État depuis 2017. Elles dévoilent le peu d’intérêt et le manque de considération du pouvoir pour les millions de Françaises, nos soeurs, nos filles et nos mères, qui font l’expérience quotidienne des inégalités, des discriminations et des violences qui découlent du sexisme”. 

Et de poursuivre : “Pour répondre à toutes les victimes qui dénoncent des abus et des violences sexuelles, on nomme Gérald Darmanin au Ministère de l’Intérieur. Cet homme est lui-même accusé de viol !  Le faux-fuyant de la présomption d’innocence n’est pas recevable. 
Cette excuse ne tient pas dans le cas d’affaires financières. Quelle valeur accorde-t-on donc à la vie d’une femme ? En tant qu’association de défense des droits de femmes, nous interrogeons ce gouvernement sur le droit des victimes à la présomption de crédibilité. 
En France, chaque année, 94 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol. Seulement 10% d’entre elles déposent plainte tandis que 76% des enquêtes sont classées. Désormais quelle valeur accordera-t-on encore à la parole des femmes dans les commissariats en France ?”

L’UFR s’en prend aussi à la nomination de Eric Dupond-Moretti. “De plus, le chef de l’État inflige un affront direct à tous les défenseurs de l’égalité entre les femmes et les hommes. Il confie le Ministère de la Justice à Eric Dupond-Moretti, l’un des plus ardents détracteurs des mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc, farouchement opposé à la loi sur le harcèlement de rue. 
Il est bien l’illustre avocat qui appuie ses plaidoyers sur la culture du viol. Nous indiquons à Élisabeth Moreno, nouvelle ministre déléguée en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes, qu’à cause des nominations de ses collègues à l’Intérieur et à la Justice, « les blagues à la machine à café » ont encore de beaux jours et « les hommes [qui se sentiront] gênés » sont ceux qui pensent que les femmes devraient avoir les mêmes droits qu’eux”. 

L’UFR rappelle son engagement en faveur du droit à la liberté, à l’égalité et à la dignité des femmes et des hommes. Nous demeurons aux côtés des victimes pour que la honte change de camp.

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