[Société] Dans les coulisses du tournage d’OPJ 974

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Il est 9 heures du matin et nous arrivons à Saint-Gilles. Sous la chaleur étouffante de l’été austral nous nous dirigeons vers l’un des plateaux d’OPJ 974. La dynamique équipe entame la 27ème journée de tournage de la série policière créée par Bertrand Cohen et produite par Terence Films. « Mettez votre téléphone sur votre vibreur, s’il vous plaît », demande le régisseur, le masque sur le nez. Nous nous exécutons. Au loin, dans une cour cerclée par plusieurs bâtiments, nous apercevons une perche et des caméras. Silence, ça tourne ! Nous ne bougeons pas de peur d’entrer dans le champ. Au bout de quelques minutes, le metteur en scène François Bigrat lance un tonitruant “Coupez”. Tout le monde retrouve sa liberté de mouvement et s’active pour enchaîner sur une nouvelle séquence. Passage éclair à loge maquillage avant d’investir une étroite pièce afin d’y jouer “un interrogatoire musclé”. La cadence est soutenue.

 

Depuis la fin du mois de novembre, la production a pris ses quartiers dans un centre de vacances appartenant à la mairie de Cilaos. La bâtisse, située en bord de mer et visiblement inutilisée depuis quelques années, a subi plusieurs modifications avant de devenir le commissariat dans lequel évoluent les personnages. La salle d’interrogatoire, l’institut médico-légal, le bureau de la cheffe,…Tout a été créé sur mesure pour donner l’illusion d’être dans un vrai poste de police. C’est dans ce décor que le commandant Clarissa Hoarau et son équipe résolvent désormais les enquêtes. Un nouveau lieu qui n’était initialement pas prévu dans le script.

 

Silence, ça tourne

 

En effet, c’est en Nouvelle Calédonie qu’aurait dû se tourner la suite. Mais, en mars dernier, alors qu’acteurs et techniciens se retrouvaient à Nouméa pour filmer la deuxième saison, ils ont été contraints de rapidement plier bagage à cause de la pandémie. Après plusieurs mois d’incertitudes, France Télévisions a finalement annoncé que le tournage serait maintenu mais délocalisé à La Réunion. Il faut dire que Stéphane Meunier de Terence Films connait bien notre île pour y avoir tourné Cut pendant des années. Avec le soutien de l’Agence Film Réunion et de la Région, la société de production a rapidement trouvé une solution de repli. Si le scénario et le lieu ont changé, le casting principal, lui, est quasiment resté le même. Aux côtés de la Réunionnaise Yaëlle Trulès (qui incarne Clarissa Hoarau), on retrouve Antoine Stip dans la peau du capitaine Gaspard Watson, Nathan Delerme sous les traits du lieutenant Jackson Bellerose et Marielle Karabeu dans le rôle de la brigadière Kelly Kwaté. Hindra Armede, qui joue Agathe la fille du commandant, a également fait le déplacement depuis Nouméa.

 

Même si on imagine la déception des Calédoniens, cette fiction est une vraie aubaine pour notre île. Contrairement à ce que l’actualité de ces derniers jours pourrait laisser penser, les tournages participent à l’économie et à la promotion de l’île et de ses talents. Quand ils sont bien encadrés, bien entendu… La série Cut ou les longs-métrages comme Larguées, Papa ou maman ou plus récemment Le Petit Piaf, qui ont tous été filmés sous nos latitudes, sont des exemples du dynamisme de la filière. En venant chez nous les producteurs d’OPJ savaient qu’ils pouvaient compter sur des professionnels qualifiés. Résultat : 85% de l’équipe technique a été embauchée localement. De plus, une fiction comme celle-ci, qui s’inscrit dans la durée, permet aux Réunionnais de se former aux métiers du cinéma, qu’ils soient derrière ou devant la caméra. De nombreux figurants locaux ont ainsi eu l’opportunité de partager une scène avec les protagonistes. Certains ont même décroché des seconds rôles récurrents, comme Marie Payet, qui après le mannequinat et la musique souhaite ajouter une corde à son arc.

 

C’est sur un autre plateau, dirigé cette fois-ci par Florian Thomas, que nous avons croisé l’ancienne Miss Réunion. Dans une case authentique, située en bord de mer, Marie Payet donnait la réplique à Nathan Delerme. Dans la série, la Réunionnaise joue le rôle de “Chris”, un témoin clé dans une affaire de meurtre. Son personnage est placé sous la protection du lieutenant Jackson Bellerose. Mais leur relation évolue rapidement en une romance… On n’en dira pas plus.

 

Un budget de 4 à 5 millions d’euros a été débloqué afin de produire cette deuxième saison qui sera divisée en une vingtaine d’épisodes de 52 minutes. Aucune date de diffusion n’a été communiquée pour le moment, mais les téléspectateurs devraient vraisemblablement suivre les aventures de la brigade dans le courant de l’année sur France 2 et France 3. Un prime time est même prévu. Une belle visibilité pour notre île.



Comme sur tous les lieux de tournages en France, l’équipe d’OPJ est soumise à un protocole sanitaire strict. Un responsable Covid est affecté à chaque plateau et différentes mesures sont mises en place : masque obligatoire pour les techniciens, gel hydroalcoolique à disposition de tout le monde ou encore bouteilles d’eau individuels.


Yaëlle Trulès joue désormais à domicile. “Dans mon quotidien ça change tout ! Ma famille est là, émotionnellement c’est plus facile à gérer”, raconte l’actrice. Comme ses coéquipiers, elle est ravie de retourner devant la caméra : “Je suis comme un petit marmaille”, rigole-t-elle. Malgré l’excitation, les acteurs doivent fournir beaucoup de travail pour suivre le rythme soutenu du tournage. “C’est intense. On a beaucoup de séquences à mettre en boîte et elles ne sont pas forcément dans l’ordre chronologique donc on doit proposer des émotions différentes dans une même journée”, indique la Réunionnaise. Pour cette deuxième saison, son personnage va également évoluer : “Elle a reprise le dessus, elle gagne en confiance et passe à un autre stade de sa vie”, explique la comédienne.

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Photo : Terrence Films 


Après avoir passé 6 années à jouer les méchants dans Cut, Antoine Stip est de retour à La Réunion, son “caillou”. “Je suis très content de revenir et de retrouver l’équipe”, déclare-t-il enthousiaste. Dans OPJ, le comédien incarne le capitaine Gaspard Watson, le bras droit du commandant Hoarau. Comme ses camarades de jeu, il ne savait pas ce qu’il allait advenir de la série suite à la pandémie. “On a fait une journée de tournage à Nouméa pour la saison 2 et puis tout a été stoppé. On a passé tout l’été à se demander si le projet aller être suspendu. Mais France télévisions et les producteurs ont été géniaux et nous voilà !”, explique l’acteur. Une fois la décision prise, l’équipe a reçu un nouveau scénario et des nouveaux dialogues à apprendre. “On a adapté les enquêtes à La Réunion, le changement de décor est expliqué dans les premiers épisodes”, précise Antoine Stip. On a hâte de voir comment son personnage va se faire au climat local.

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Photo : Gaël Ecot 

 


Pour la Calédonienne Marielle Karabeu, la transition a été un peu plus compliquée. “C’est un challenge”, admet-elle. “C’est ma première fois à La Réunion et c’est aussi mon premier voyage loin de mes proches”, détaille la jeune femme. Se sentant comme “déracinée”, elle apprend petit à petit à apprivoiser ce nouvel environnement en s’intéressant à la culture et à “l’âme” de notre île, mais aussi en s’impliquant dans son travail. Passionnée par ce métier, qui lui permet de “mettre en avant des facettes qu’elle ne montre jamais”, la comédienne est aussi très heureuse de pouvoir représenter la Nouvelle-Calédonie. “À travers le rôle de Kelly, je donne de la visibilité à mon île et à la tribu des Kanaks. C’est une très grande fierté pour moi”, souligne-t-elle.

 

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Au centre Marielle Karabeu (Photo Terrence Films)


C’est la surprise du casting. Marie Payet, qui a déjà eu un petit rôle dans la série Cut, fait son retour devant la caméra. La Réunionnaise incarne Chris, une jeune femme qui devient un témoin clé dans une affaire de meurtre. Alors qu’elle est placée sous la protection du lieutenant Jackson Bellerose, une romance va naître entre le policier et elle. “Mon expérience sur Cut a été une révélation”, confie-t-elle. “Depuis, j’ai pris de cours parce que je voulais aller plus loin. Quand j’ai appris qu’il recherchait quelqu’un pour le rôle de Chris, j’ai candidaté et j’ai été retenue”, relate l’artiste. Des débuts qui ne font que confirmer sa passion pour la comédie. “C’est très convivial, ils sont tous très bienveillants. J’appréhendais un peu le premier jour parce que j’avais des scènes un peu intimes avec Nathan Delerme, que je n’avais jamais rencontré. Mais l’équipe m’a tellement mise à l’aise que ça s’est très bien passé”, ajoute-t-elle. Des premiers pas plus que prometteurs

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Photo : Terrence Films

 


Quand on visite le tournage d’OPJ, on est frappé par le réalisme des décors. Pour les séries policières, les accessoires sont très importants. Ils permettent aux téléspectateurs de s’immerger entièrement dans le récit. Un pistolet qui paraît trop factice ou un uniforme un peu raté et c’est toute l’intrigue qui est décrédibilisée. Pour cette fiction, l’équipe de décoration menée par Justine Préaux et Clément Vernay, a mis le paquet. L’intérieur de l’institut médico-légal, où se déroule les autopsies, et très réaliste. Le logo du commissariat, ainsi que les tenus des policiers sont également très bien réalisés. Chapeau Bas !

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Photo : Gaël Ecot

 

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