[Société] “Culture réunionnaise pour tous”, une page facebook pour en savoir plus sur l’histoire de l’île

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Passionné d’histoire, le Tamponnais Florent Turpin, 26 ans, a ouvert une page sur Facebook pour que “les Réunionnais se réapproprient leur histoire”. Photos, anecdotes, astuces médicinales et parcours de vie liés à La Réunion y sont légion. 

Il n’aimait pas l’école mais à 26 ans, il s’y rend pour donner des cours. « J’ai un parcours atypique, reconnaît Florent Turpin, 26 ans. Je n’ai pas fait de grandes études, j’ai tout appris en autodidacte, sur le tas.»

 

Guidé par sa passion, l’histoire, et particulièrement celle de La Réunion, le Tamponnais a accumulé tout un savoir. « Ça a commencé à l’âge de cinq ans, quand j’écoutais mes grands-mères parler des traditions, se souvient-il. Je posais des questions, j’étais curieux, j’avais envie d’aller plus loin. »

 

Peu satisfait par ses cours d’histoire, qui ne parlent pas assez de La Réunion à son goût, il lit pas mal de livres sur le sujet. Creuse en partant à la rencontre d’anciens. Réalise sa propre généalogie, puis celle de proches. Arpente les archives départementales. Et décide de transformer toutes ces connaissances en métier. Il sera guide péi. 

 

18 000 abonnés 

 

Un bonheur pour le jeune homme, qui, très vite, dresse un implacable constat. « 80 % des personnes qui voulaient apprendre plus sur l’histoire de La Réunion, c’était des gens de l’extérieur, pose-t-il. C’est une bonne chose, mais il fallait changer la donne. »

Alors, pour que les Réunionnais se « réapproprient leur histoire », Florent Turpin a une « petite idée ». Lancer une page Facebook débordant d’anecdotes méconnues sur des lieux emblématiques de l’île, d’histoires sur le marronage, d’astuces sur le bienfait des plantes… Un succès immédiat !

 

 « Jamais je n’y aurais pensé », avoue celui qui comptabilise plus de 18 000 abonnés sur sa page nommée Culture réunionnaise pour tous.
 

Photos d’archives, origines des lieux-dits et histoires méconnues d’esclaves de tout horizon émaillent son blog, suivi à travers le monde. « Il y a des gens du Canada, des Etats-Unis, de l’Inde, de métropole, détaille avec joie le jeune homme, qui ne sort jamais sans son chapeau. Notre histoire est magnifique, il faut que les Réunionnais prennent conscience de la chance qu’ils ont ! »

Un travail d’enquête et de vérification

Pour alimenter sa page, Florent Turpin ne relâche pas ses efforts. Toujours sur le terrain, il part à la rencontre d’anciens, ces gardiens de la mémoire qui n’hésitent pas à lui confier des documents. S’en suit un inévitable travail d’enquête et de vérification, pour livrer une information fiable. 

 

 

« Je commence très tôt le matin et termine tard le soir, week-end compris », avoue celui qui est considéré comme tisanier grâce aux savoirs transmis de génération en génération au sein de sa famille.

Tenez : saviez-vous que derrière le paisible paysage de carte postale du port de Saint-Pierre se cache un ancien cimetière réservé aux premiers habitants du quartier, à la fin du XVIIème siècle ? Que le quartier du Chaudron, à Sainte-Clotilde, s’appelle ainsi parce qu’il y avait autrefois un atelier de métallurgie tenu par un certain monsieur Touchard, baptisé « Le Chaudron » ?

 

Ou – et c’est l’histoire qui a le plus marqué notre historien – que la première femme maronne à s’être opposée au système esclavagiste s’appelle Jeanne Lépinay ? Tombée sous le charme d’un certain Jacques Vol, celle-ci s’est échappée dans les hauts de Saint-Denis avec lui. Pour ne pas avoir à subir de châtiment, Jacques Vol s’est jeté dans la ravine -ravine devenue la Ravine à Jacques-. Jeanne Lépinay, quant à elle, sera humiliée en place publique.

 

Des lives et des conférences

Ces petites et grandes histoires, Florent Turpin les raconte sur son blog mais aussi lors de conférences. « Il y en aura partout sur l’île cette année, annonce-t-il. Je vais aussi faire des vidéos en direct sur internet, c’est plus interactif ». Le passionné d’histoire se rend aussi dans les collèges et les lycées, pour éclairer les élèves. Une belle revanche pour celui qui n’aimait pas l’école. 

 

Kilian Kerbrat

 

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