[Société] Covid-19 – “Lorsqu’on aime La Réunion, on doit la protéger” : le préfet fait le point sur la situation sanitaire

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Outre le préfet Jacques Billant, Étienne Billot, directeur général adjoint de l’Agence Régionale de Santé et le docteur Martine Servat, directrice de l’animation territoriale et des parcours de santé de l’Agence Régionale de Santé se sont aussi exprimés sur la situation sanitaire. 

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Le virus circule certes faiblement, mais il circule, a commencé le préfet. Il est impératif de mettre en place les filets de sécurité, pour éviter que la liberté soit synonyme de recrudescence des cas comme la semaine passée, a poursuivi Jacques Billant, introduisant son propos. 

 

Concernant le contrôle aérien aux frontières : 

Les dernières semaines a été expérimenté le dispositif pré-embarquement, avec des taux de plus de 90% de personnes de testées sur la base du volontariat. C’est donc un filet “viable” dit-il. Pour rappel, les personnes testées pré-embarquement se sont engagées à respecter une septaine. Ceux qui se faisaient dépister à l’aéroport se sont faits imposer une quatorzaine. 

Le 18 juillet, le Premier ministre rendra obligatoire ces tests pré-embarquement pour les personnes qui viennent de métropole, de Mayotte, ou tout autre pays de l’océan indien. Ils seront aussi obligatoires pour aller de La Réunion vers Mayotte, mais pas de La Réunion vers la métropole. 

Pendant cette semaine de transition, du 11 au 18 juillet, le dépistage à l’arrivée à l’aéroport sera maintenu pour les personnes qui ne se sont pas faits dépister avant embarquement. Ce qui représentait, à titre d’exemple, 37 personnes sur 600 arrivants le 13 juillet dernier. 

En revanche, il n’est plus juridiquement possible d’imposer une quarantaine, précise Jacques Billant. 

Les passagers qui arrivent de Mayotte, Madagascar, ou autre zone de circulation virale, devront respecter une septaine stricte.

Dans toutes les situations, le dépistage à J+7 est “recommandé”, même si le test avant embarquement ou à l’arrivée était négatif. Il se fait sans ordonnance. Une mesure qui intervient après plusieurs cas de passagers asymptomatiques, et qui ont été dépistés à l’issue de leur septaine alors qu’ils avaient été testés négatifs les jours précédents. 

En outre, une application a été développée par l’ARS pour collecter des données mais aussi rappeler les gestes essentiels aux voyageurs, comme l’utilité du test à J+7. 

“Lorsqu’on aime La Réunion, on doit la protéger” insiste Jacques Billant. Il faudra donc “avoir à coeur de protéger la famille”, s’adresse-t-il aux voyageurs de métropole qui arrivent à La Réunion. “Il faut éviter de voir les plus fragiles, les aînés, et éviter les activités de groupe”.
 



Concernant les mesures sanitaires générales à respecter à La Réunion 

La fin de l’état d’urgence sanitaire implique aussi la levée de l’interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes. Pour les déclarations de manifestation, les organisateurs doivent préciser à la préfecture les mesures qui seront mises en place pour le respect des gestes de prévention. 

Les stades peuvent ouvrir mais avec le port du masque obligatoire et dans une limite de 5000 personnes. 

Les concerts à l’intérieur avec un public debout restent interdits, et les halls d’expositions et palais des congrès, mais aussi discothèques restent fermés, dit le préfet qui précise que ces dernières peuvent être transformées en bar, mais pas question d’ouvrir les pistes de danse. 

Dans cette période, les gestes barrière sont “la plus grande garantie de sécurité”, insiste le préfet. “Chacun doit prendre sa part dans la construction de nouveaux réflexes, en le rappelant à ses proches, à ses voisins, même dans les files d’attente. Nous devons être des vigies. C’est cela la solidarité et la fraternité de 2020. Ne pas porter de masque lorsque la promiscuité est inévitable, comme sur les marchés, cela peut s’assimiler à une mise en danger de ses concitoyens. Chacun a un rôle à jouer pour protéger ses proches, et son territoire”, a dit Jacques Billant pour introduire le lancement de la nouvelle campagne de sensibilisation, qui lutte à la fois contre le Covid et contre la dengue.

“La dengue tue, le coronavirus tue. Nous savons nous en prémunir”. “Il n’y a pas d’autre rempart que ces gestes simples”. 

Les ambassadeurs de cette campagne seront le célèbre sportif réunionnais Jackson Richardson, et l’artiste Maya Kamaty, fille de Gilbert Pounia. 

“Nous allons continuer de mettre en oeuvre ce dispositif de veille sanitaire, vigilant et vigoureux. C’est notre dernier filet de sécurité, avec le contact-tracing, le dépistage de la population…”, termine-t-il. 

 



Etienne Billot, directeur général adjoint de l’ARS : 

 

“Les enjeux que nous avons, c’est d’éviter l’entrée du virus sur le territoire, et limiter sa circulation au sein de la population“, a débuté quant à lui Etienne Billot, directeur général adjoint de l’ARS. 

Etienne Billot rappelle l’importance des gestes-barrière, mais aussi celle du contrôle sanitaire à l’aéroport. Il souligne que la mise en place d’un test obligatoire avant embarquement est une mesure extrêmement importante, mais qui doit se doubler du test à J+7. “Nous serons extrêmement attentifs à ce qu’il y ait une sensibilisation forte”.

Dans cette période de vacances, l’ARS souhaite travailler avec les médecins pour faciliter aux touristes l’accès à un médecin à La Réunion en cas de symptômes.

Le contact-tracing, contrairement à la métropole, n’a jamais été arrêté à La Réunion depuis l’arrivée du 1er cas, se félicite l’ARS, estimant que cela a contribué à contenir la diffusion du virus sur l’île. 

Les cas autochtones de ces derniers jours sont constatés en majorité au sein de familles, sans qu’il y ait “installation d’une chaîne de transmission” en dehors de la famille, “avec un contrôle effectif des chaînes de transmission”. 

Aujourd’hui, à La Réunion, un peu plus de 1000 tests sont effectués par jour, pour une capacité de 12 000 tests par semaine. “Nous avons fait le point en début de semaine avec les laboratoires”. Etienne Billot précise qu’il est possible de mobiliser le Cirad et le Ciroi, pour une capacité de 4000 tests supplémentaires par semaine. “Il faut faciliter l’accès aux tests”. 

La dengue et la grippe saisonnière ne sont pas à négliger, d’autant que les symptômes peuvent se ressembler, insiste l’ARS, qui souligne que dans cette situation, les dépistages sont d’autant plus importants pour repérer les cas au plus tôt. 

Deux actions complémentaires ont été lancées en plus de l’action des médecins prescripteurs et des aéroports. 29 lieux collectifs se sont vus proposer des dépistages par l’ARS ces derniers jours, notamment dans les abattoirs de l’île, les établissements médico-sociaux. Aucun cas positif n’a été constaté, d’où une “circulation très faible” du covid sur l’île, si le virus circule.

Puis, il y a aussi cette campagne de dépistage massif qui ira jusque dans les quartiers et qui a démarré ce matin à Saint-Louis. “Ca ne peut se faire qu’avec la contribution des communes”. “A 10h30, 150 tests avaient été réalisés” à Saint-Louis ce matin, rapporte Etienne Billot. D’autres opérations similaires seront organisées au plus tôt dès la semaine prochaine dans d’autres communes. “Nous sommes dans une période de grande vigilance”.
 


Concernant les difficultés d’accès aux tests dans les laboratoires, que plusieurs personnes ont fait remonter ces derniers jours : 

“Pour rappel, il y a une semaine, nous étions à 25% des passagers qui se faisaient tester à J+7, cette semaine nous sommes passés à 38%”, précise Etienne Billot, pour qui il ne faut pas oublier que les tests des voyageurs sont essentiels, et que le message doit passer. “Il faut donc qu’ils ne rencontrent pas de difficulté pour prendre rdv”.

D’où une solution mutualisée de prise de rdv qui est à l’étude, pour que tout passager puisse prendre rdv facilement dans les jours qui suivent son arrivée.

“Le test à J+7 après la période de septaine n’a pas été effectué par un certain nombre de personnes, et c’est regrettable, malgré les appels de l’ARS pour l’effectuer”, commente le préfet Jacques Billant. 

“Nous souhaitons réhausser la part des passagers qui effectuent le test à J+7, c’est l’enjeu des prochaines semaines”, ajoute Etienne Billot, en facilitant la prise de rdv et en accentuant les messages de sensibilisation. La prise de rdv dans les laboratoires provoquerait un “débordement”, d’où les difficultés constatées, précise-t-on. 


Concernant les vols entre Mayotte et La Réunion : 

Ils s’intègrent dans les mesures de test préalable à l’embarquement, doublées d’une mesure de septaine obligatoire, notifiée par arrêté préfectoral, et suivi d’un test à J+7. Idem pour les pays à forte circulation virale.  

 


Concernant la localisation des cas de covid :

“Nous n’avons jamais ciblé la localisation d’un cas ou d’une famille, et nous continuons dans cette dynamique puisqu’il n’y a pas de chaîne de contamination locale décelée à ce stade à La Réunion. S’il y en avait une à l’échelle d’une micro-région, nous aurions des recommandations et un discours plus précis”, explique Jacques Billant. 


Point sur la situation sanitaire de ce mercredi 15 juillet : 

Aujourd’hui, 9 nouveaux cas de coronavirus enregistrés à La Réunion. Parmi eux, 3 évacuations sanitaires de Mayotte, un cas importé, un cas autochtone “isolé”, 3 cas autochtones au sein d’une même famille, et un cas autochtone qui avait été en lien avec un précédent cas autochtone. 

“On n’est pas dans une chaîne de contamination locale mais des regroupements familiaux, des personnes qui se sont côtoyées les unes les autres, on n’est donc pas en plus en danger dans une micro-région ou une autre”. “Il ne faudrait pas qu’on croit qu’il y ait des zones plus dangereuses que d’autres, ce qui conduirait à la levée de la vigilance dans une région qu’on croit moins concernée qu’une autre”, termine Etienne Billot. 

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