[Société] Covid-19 à La Réunion : bientôt la première vague ?

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Depuis plusieurs jours, la situation épidémique s’est nettement dégradée à La Réunion. Hier, la barre des 50 cas confirmés en 24 heures a été atteinte pour la première fois. Le nombre de foyers de contamination (clusters) actifs est passé à six. Trois nouveaux clusters ont fait leur apparition sur notre territoire en l’espace d’une journée. Et en une semaine, le nombre de malades hospitalisés au service réanimation du CHU est passé de 2 à 6. Les indicateurs sont au rouge dans notre département.

Comment analyser cette hausse des cas confirmés chaque jour ?

 

Les cas journaliers déclarés par l’Agence régionale de santé et la préfecture explosent. 40 cas confirmés le 15 août, 42 le 19 août et la barre des 50 cas franchie ce jeudi. Des chiffres que La Réunion n’avait pas connus depuis le confinement. Jusqu’ici le (triste) record de 38 cas avait été enregistré le 28 mars dernier. L’affolement des chiffres ces derniers jours peut être lié à un premier facteur : le nombre de tests de dépistage a fortement augmenté. C’est donc mécanique, plus de personnes dépistées donc proportionnellement plus de cas positifs détectés.

 

Il faut se rendre sur le site du ministère de la Santé pour se faire une idée de l’évolution de la situation. Quatre indicateurs sont pris en compte par les autorités pour savoir si un département a atteint son seuil d’alerte : le taux d’incidence (« il représente le nombre de nouveaux cas de COVID-19 diagnostiqués par un test de dépistage survenus sur les 7 derniers jours dont les données sont consolidées (J-9 à J-3), rapportés au nombre d’habitants de chaque département » détaille Santé publique France), le nombre de reproduction effectif (il s’agit du nombre de personnes contaminées par chaque malade), le taux de positivité des tests RT-PCR et le taux d’occupation des lits en réanimation. Ces chiffres ne sont pas actualisés en temps réel mais ils permettent de se faire une idée de la situation.

 

En prenant en compte les quatre indicateurs en même temps, pour le moment, La Réunion est encore en vert sur la carte des vigilances du ministère de la Santé mais séparément, certains indicateurs alertent. Notamment le taux d’incidence, le 16 août dernier, ce taux était à 26.4, La Réunion était donc classée en orange.

 

Pour deux autres indicateurs, elle reste en vert :

 

• le taux de positivité des tests RT-PCR est de 1.9

• le taux d’occupation des lits en réanimation est de 9.6

 

Le nombre de reproduction effectif, lui, n’est pas renseigné. Le dernier chiffre en date remonte au 14 juillet dernier, il était alors de 2.3 et La Réunion était classée en rouge.

 

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Les seuils d’alerte ne sont peut-être pas atteints mais cela pourrait évoluer dans les prochains jours. Concernant le taux d’occupation des lits en réanimation, il devrait augmenter. Il y a une semaine, 2 malades (hors évacuations sanitaires) étaient hospitalisés au service réanimation du CHU de Bellepierre, hier, ils étaient 6. À noter, le nombre de patients hospitalisés (hors évacuations sanitaires et hors réanimation) est passé de 8 le 14 août à 18 le 20 août.

 

Le nombre de reproduction effectif, même s’il n’a pas été mis à jour récemment devrait également augmenter car le nombre de cas autochtones a explosé ces derniers jours. Il représentait 35% de l’ensemble des cas il y a une semaine, hier ce chiffre est monté à 53%. Un facteur qui pourrait expliquer cela : la découverte et la multiplication de clusters dans notre département.

 

Actuellement, six foyers de contamination ont été identifiés sur l’île: 4 à Saint-Denis, 1 à Saint-André et un dernier à Sainte-Marie. Toutefois, l’Agence régionale de santé précise que 2 clusters (un à Saint-Denis et l’autre à Saint-André) ont été maîtrisés, c’est-à-dire qu’il n’y a pas eu de nouveau cas depuis 7 jours.

 

Panique et cacophonie

À l’heure actuelle, les inquiétudes se font de plus en plus pressantes au sein de la population. Des cas suspects ou avérés de Covid-19 sont découverts chaque jour dans les établissements scolaires de l’île dans le corps enseignant et chez les élèves. Chaque jour, des classes ou des établissements sont fermés.

Dans le chef-lieu, Éricka Bareigts a reporté la rentrée d’une semaines dans 24 écoles suite à la découverte de clusters.

 

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À Saint-André, l’école Notre dame de la Salette ne rouvrira ses portes que lundi prochain.

 

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À l’école Léon Dierx à Saint-Denis, le retour en classe n’aura duré qu’une journée. Suite à la confirmation d’un cas de Covid-19 au sein du corps enseignant, l’établissement a été fermé.

 

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Et à Saint-Benoît, l’école Émilie Moreau est fermée ce vendredi suite à une suspicion de Covid-19, une fermeture qui pourrait être prolongée en fonction ds résultats des investigations de l’ARS.

 

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Justement, cette décision prise par Patrice Selly, le maire de la commune de l’est a provoqué une réaction épidermique au sein du rectorat qui s’est fendu d’un communiqué « le rectorat n’a pas été consulté et associé à cette décision de fermeture de l’école Émilie Moreau sur la base d’une suspicion et non d’un cas avéré. Nous prenons acte de cette décision mais souhaitons revenir très vite à un dialogue constructif mairie / préfecture / ARS / rectorat, permettant de prendre des mesures rationnelles, conduites par la prudence, la raison et la connaissance scientifique, mais pas par la peur. »

 

Du rififi également à Saint-Joseph suite à la détection d’un cas positif de Covid-19, là encore chez les profs. L’ARS a décidé de laisser l’établissement ouvert « dans la mesure où les gestes barrières ont été respectés » a précisé le rectorat. Mais le maire de la commune, Patrick Lebreton s’y oppose et demande la fermeture de l’établissement dans un courrier adressé à Chantal Manès-Bonnisseau.

 

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Les maires justement, prennent les uns à la suite des autres la décision de rendre le port du masque obligatoire en extérieur sur l’ensemble de leurs communes respectives. La Possession, Le Port, Saint-Leu, Saint-Paul, Saint-Louis, Trois-Bassins, toutes ces communes sont concernées.
 

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Pourtant, cette décision ne relève pas de leurs compétences mais de celle du préfet. Il s’agit là d’un coup de pression, d’un appel du pied très explicite adressé à Jacques Billant. Pour rappel, le préfet a pris un arrêté rendant le port du masque obligatoire dans les espaces publics à haute fréquentation touristique et commerciale. Il est entré en vigueur le 15 août dernier. 

 

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Pour finir, Vanessa Miranville, l’édile de La Possession a demandé officiellement aux autorités un retour à l’état d’urgence sanitaire.

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