[Société] Couvre-feu dans quatre communes

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COVID-19. Face à l’accélération de la circulation du virus, le préfet a décidé d’instaurer un couvre-feu dans quatre communes de l’Ouest et de fermer trois grandes galeries commerciales. Deux mesures symboliques et psychologiques amenées à évoluer.

Ne rentrez pas trop tard ! A partir de vendredi, les habitants des communes du Port, La Possession, Saint-Louis et Saint-Leu devront respecter un couvre-feu entre 22 heures et 5 heures du matin. Hier, soir, le préfet l’a annoncé placidement, en direct dans les deux journaux télévisés, face au jeune Julien Andy et à l’expérimenté Jean-Marc Collienne. Avant d’adapter la riposte à la recrudescence de l’épidémie dans l’île et dans ces communes, Jacques Billant avait dû enchaîner les réunions avec les maires, avec les représentants des commerçants aussi. Car outre l’opération villes mortes, le représentant de l’Etat dans l’île a également annoncé, dès aujourd’hui, la fermeture des commerces dans les galeries marchandes de trois hypermarchés de l’île [dont la surface est supérieure à 20 000 m2] : au Port (Sacré-Coeur), Sainte-Marie (Duparc) et Sainte-Suzanne (Grand-Est). En guise d’exceptions, les magasins d’alimentation et les restaurants de ces galeries, ainsi que les pharmacies, pourront rester ouverts.

 

 

Seuil d’alerte

 

Deux mesures censées frapper les esprits mais qui ne devraient pas bouleverser la vie des gens dans ces communes. Les commerçants des galeries marchandes seront les plus léser puisqu’ils comptaient gonfler leur chiffre d’affaires durant la période des Soldes.

Ces mesures interviennent alors que le coronavirus et ses variants ont repris du poil de la bête. Depuis la rentrée, le SARS-CoV-2 circule de plus en plus activement. Sa propagation s’est accélérée lors des sept derniers jours, de telle sorte que La Réunion a franchit le seuil d’alerte (50/100 000 habitants) avec un taux d‘incidence de 67.2/100 000 habitants sur le département. Dans les communes concernées, les taux sont bien supérieurs, au-delà de la barre des 100 pour 100 000 habitants justifiant ces couvre-feux territorialisés.

La première décision limitant quotidiennement la liberté d’aller et venir durant sept heures sera appliqué durant 15 jours. Près de 169 000 Réunionnais sont concernés par cette restriction, soit près de 20% de la population. Celles et ceux qui voudront y déroger devront justifier leur déplacement et se munir d’une attestation à télécharger sur le site de la préfecture ou via l’application mobile Tous Anti Covid.

Hier, Jacques Billant a évoqué “des mesures de freinage”, “visant à limiter le brassage”. Des contraintes qui pourraient évoluer si aucun sursaut n’était observé dans les communes visées. L’horaire du couvre-feu pourrait alors évoluer, débuter dès 18 heures dès lors que le taux d’incidence viendrait à dépasser les 125 pour 100 000 habitants dans les prochains jours. On remarquera que le Port a bénéficié d’une mesure clémente puisque son taux est d’ores et déjà supérieur à ce seuil. Il aurait quasiment pu justifier un confinement localisé [hypothèse prévue pour 150 cas pour 100 000 habitants]. Las, tout a été fait pour éviter le confinement, selon les autorités.

Et dès hier soir, les nouvelles limites imposées ont davantage été prises comme un avertissement. La maire de la Possession, Vanessa Miranville s’est déclarée “favorable au couvre-feu symbolique et psychologique afin de ne pas impacter le monde économique”.

 

 

Approche globale

 

Au Port, Olivier Hoarau a voulu rassurer et relativiser la portée de la mesure, en indiquant que 51 cas étaient recensés dans sa commune, soit moins de 1 % de la population locale. “C’est une mesure qui est dure car nous sommes déjà cadrés dans nos comportements”, a-t-il commenté.

La maire de Saint-Louis s’est montré plus critique. “Une simple approche territorialisée ne suffit plus pour éviter le confinement, a déclaré Juliana M’Doihoma lors d’une duplex sur Réunion la 1re, redoutant que la mesure ne fasse que déplacer le problème. Il faut une stratégie globale prenant en compte les variants plus contagieux. La population se déplace et ne s’arrête pas aux entrée de ville…”. Pour la maire, l’enjeu sanitaire se joue davantage à Gillot où il conviendrait, selon elle, de durcir les contrôles, d’interrompre les vols commerciaux avec Mayotte pour ne maintenir que les évacuations sanitaires par solidarité.

Ces mesures étaient envisageables, dès la semaine dernière, après l’intervention commune du préfet et de la directrice de l’ARS. De la même manière, les annonces préfectorales d’hier ont probablement déjà servi à préparer les esprits à une extension du couvre-feu dans le temps et dans l’espace.

 

Yoann Guilloux

 

 

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