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Le départ du Docteur Jacopin, chirurgien orthopédique, provoque des remous dans le sud de l’île car son remplacement est prévu au CHU Nord. La députée Nathalie Bassire est montée au créneau pour défendre l’ancrage au sud.
Nathalie Bassire n’y va pas par quatre chemins : “Ce transfert de poste de chirurgien du sud vers le nord entraînera des déséquilibres et in fine la fermeture du service orthopédique”. La députée sudiste estime que “cette décision, si elle était actée, signifierait pour la population du bassin sud une diminution de l’offre de soins de proximité en chirurgie infantile”. La parlementaire tient à jour le cahier de comptes : “Statistiquement, il y a 1,7 fois plus de consultations réalisées au CHU Sud qu’au CHU Nord et, en 2019, le CHU Sud a réalisé 54,7% des interventions de chirurgie orthopédique contre 45,3% pour le CHU Nord“. S’appuyant sur une déduction de cause à effet, Nathalie Bassire n’en démord pas : “Ces chiffres reflètent un volume plus conséquent de patients du bassin sud pour cette spécialité. Ce service de chirurgie infantile du CHU Sud est en lien indissociable avec d’autres services du CHU tels que la maternité mais, également d’autres structures comme la clinique Durieux du Tampon”. Et de s’appuyer sur la bible du comptage des moyens, à avoir l’INSEE, qui, “dans un rapport publié en 2019, précise qu’à l’Est et au Sud, la population et emploi sont plus dynamiques qu’ailleurs“. Nathalie Bassire connaît ses classiques : “Entre 2006 et 2016, la population a augmenté plus vite dans les intercommunalités de l’est et du sud (+ 11 %) que dans celles du nord et de l’ouest (+ 7 %)”. Or, rappelle l’élue, “le développement de la micro région Sud passe par un dynamisme lié au tissu économique, mais également des infrastructures et services publics qui doivent obligatoirement s’étendre. “
La messe est dite
Comment ne pas entendre l’écho de l’expression “services de proximité” dans cet argumentaire ? La députée sudiste n’y coupe pas et fait référence cette fois au lexique du Schéma d’organisation des Soins Réunion-Mayotte (SOS-PRS) élaboré par l’ARS, qui “dans son premier principe, définit la proximité comme une priorité“. Et de citer, plus loin dans le texte : “Le territoire de santé est le lieu de réponse aux besoins de proximité où s’organisent les principales filières de prises en charge et la permanence des soins “. Notamment pour les enfants et les adolescents. Nathalie Bassire fait l’exégèse du Schéma d’Organisation de Soins Réunion-Mayotte concernant les pathologies infantiles : “Action 1 : garantir une offre de médecine pédiatrique de proximité dans chaque territoire de santé ; action 2 : identifier les implantations des structures de pédiatrie dans chaque territoire de santé ; action 3 : renforcer le recours hospitalier spécialisé dans chaque territoire de santé.”
Pour la députée de la 3ème circonscription, la messe est dite : “Vous comprendrez, Monsieur le Directeur, l’émoi que susciterait une décision de démantèlement voire de suppression d’un service de chirurgie orthopédique, si utile pour la population du bassin sud. Les contraintes pour les familles seraient trop exigeantes si ce service disparaissait “. Et l’élue de demander au Directeur général du CHU de passer à confesse : “Je souhaite savoir ce que vous allez décider concernant ce poste de chirurgien destiné à l’origine au service de chirurgie orthopédique du CHU Sud, s’il sera bien maintenu dans le sud avec l’ensemble du plateau technique qui y est adossé (appareil d’imagerie 3D conçu notamment pour répondre aux exigences des interventions rachidiennes appelé le O-ARM) “.
Pour notre part, nous avons également voulu savoir quel était le credo de la Direction générale et de la nouvelle présidence de la Commission médicale d’établissement de l’hôpital universitaire sur cette question. No comment. Ce qui peut se comprendre aisément : le fait que la CME doive plancher dans les mois qui viennent sur le nouveau projet médical du CHU dans lequel l’organisation du service de chirurgie infantile risque bien d’occuper une bonne partie des débats, est sans doute l’explication de leur refus poli de commenter le sujet soulevé par la députée Nathalie Bassire.
Mireille Legait
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