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Antoine, 35 ans, a été contaminé par le Covid-19 le 21 octobre dernier. Plus d’un mois après, il garde des séquelles loin d’être anodines dans son quotidien. C’est pourquoi le Réunionnais, depuis la métropole où il est infirmier, souhaite faire prendre conscience à travers son témoignage, de la gravité de ce virus, même chez des patients jeunes.
“J’aimerais que les gens prennent conscience que c’est dangereux” : tel est le sens du témoignage d’Antoine, un Réunionnais de 35 ans qui est désormais infirmier en Normandie. L’originaire du Tampon souhaite d’autant plus raconter son expérience que rien ne le prédestinait à être aussi touché par le Covid-19. La trentaine, sportif, et sans antécédents médicaux.. Et pourtant, plus d’un mois après avoir été contaminé, il éprouve toujours des difficultés dans son quotidien.
C’est le 21 octobre dernier qu’Antoine a été frappé par le virus. “Je pense que c’était dans le cadre de mon emploi. Je fais un métier au contact des populations atteintes du Covid“, raconte l’infirmier. Les premiers signes se présentent soudainement : de la fièvre et des céphalées brutales. “Après, ça a été la dégringolade. Je suis passé par plus de 48h de fièvre intense. C’était comme une grippe, mais en beaucoup plus fort. C’est très intense, ça fait mal, et c’est très compliqué à gérer“.
9 jours alité, 11 jours sans manger
Antoine en a bavé pendant 9 jours, passés alité, et isolé dans une chambre pour ne pas contaminer son épouse ni ses deux enfants. 9 jours sans pouvoir faire un seul effort et en subissant une “fatigue très intense qui fait que vous ne pouvez faire aucun geste de la vie quotidienne“. Pendant 15 jours environ, rien que prendre une douche l’essoufflait. “Au bout de trois semaines, je ne pouvais toujours pas faire 50 mètres de marche sans avoir cette gêne respiratoire“, ajoute celui qui est aussi pompier volontaire. Antoine poursuit : “Au moindre geste, il me fallait quelques minutes, voire quelques heures pour m’en remettre. Alors que j’ai 35 ans et que je suis sportif régulier“.
Même s’il récupère peu à peu, le souffle vient toujours à lui manquer lors de certains gestes qui demandent un peu d’efforts, cinq semaines plus tard.
L’appétit aussi a disparu. “Je suis resté sans manger pendant 11 jours, j’ai perdu 6 à 7 kilos“, souffle-t-il au téléphone.
Une phase de récupération et de rééducation, plus d’un mois après
Aujourd’hui, Antoine est encore en pleine phase de récupération et de rééducation, et va beaucoup mieux qu’aux premiers jours de Covid. Il a repris son travail en adaptant son poste, le temps de reprendre des forces, après un arrêt de travail d’un mois pendant lequel il ne pouvait rien faire.
“Je vais marcher une heure par jour, pour travailler mon souffle, et récupérer un peu de force musculaire“, raconte l’infirmier, qui n’est toutefois pas sans crainte par rapport à la suite. “Je ne fais plus de sport, parce que j’appréhende de reprendre“, confie celui qui, d’ordinaire, ne recule pas devant l’activité physique. Mais aujourd’hui, il se sent “diminué” par les séquelles du Covid.
Des séquelles psychologiques
Outre les conséquences sur sa santé physique, Antoine évoque aussi des conséquences psychologiques. “Ce qu’il faut savoir, c’est que quand vous vivez des choses comme ça, ça engendre une vraie détresse psychologique. Ça remet en cause votre vie personnelle et professionnel, ça vous met aussi face à vos choix de vie“, raconte-t-il.
Parti de La Réunion il y a 14 ans pour faire ses études d’infirmier, le Tamponnais d’origine revient chaque année sur son île natale. Malgré tout, ses proches lui ont manqué pendant cette période difficile. “Je vis en métropole, mais moi, ma terre c’est La Réunion. Le fait d’avoir été loin de mes parents et de ma famille à ce moment-là, ça a été compliqué à gérer“, témoigne-t-il.
“C’est pour dire à la population réunionnaise que ce n’est pas une simple grippe”
Son épouse, infirmière également, a contracté le Covid-19 après lui. Heureusement, elle, a été victime d’une forme plus légère. “Rien de méchant. C’est très aléatoire comme maladie“. Et c’est une des raisons qui le pousse aujourd’hui à vouloir partager son expérience avec les Réunionnais. “Je veux vraiment sensibiliser les gens, leur dire attention, ça n’arrive pas qu’aux autres“. Par là, il veut surtout souligner que le Covid n’est pas qu’une maladie qui s’attaque aux personnes fragiles. “Vous avez beau être jeune, si c’est pour vous, c’est pour vous. Ce témoignage, c’est pour dire à la population réunionnaise que ce n’est pas une simple grippe. (…) On voit des jeunes dans des situations bien pire que la mienne, qui finissent en réanimation. Il faut que les gens prennent conscience que c’est dangereux“.
D’autant que les températures de l’été austral grimpent et ne facilitent pas le port du masque. Et les fêtes approchent, promesses de retrouvailles et rassemblements familiaux et festifs. “A La Réunion, on aime bien être tactile, et on est peut-être plus détachés de ce qui se passe en métropole. Le masque, c’est pas évident non plus avec les conditions climatiques. Mais je suis de près l’actualité de l’île, et je vois que des cas de Covid, il y en a tous les jours, et pas qu’un seul. Alors que je veux lancer un appel à la vigilance, dire aux jeunes que les formes graves, ça peut aussi les toucher“, insiste Antoine.
“Ce n’est pas quand le Covid est là qu’il faut s’en inquiéter”
Pour finir, il adresse un message à ceux qui prennent le virus un peu trop à la légère. “Malheureusement, ce n’est pas quand le Covid est là qu’il faut s’en inquiéter. Il faut s’en prémunir en respectant les gestes barrière, et prendre tout particulièrement soin de nos aînés“, recommande l’infirmier. Tout en reconnaissant qu’il y a aussi un peu de fatalité dans cette histoire, en prenant en exemple son propre cas : infecté alors qu’il avait pris soin de bien respecter les gestes barrière…
J.CTS
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