[Société] À Mayotte, la hausse des cas et le danger du variant sud-africain déclenchent le couvre-feu

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A partir de jeudi, un couvre-feu de 18h à 4h du matin sera appliqué à Mayotte. Une des mesures parmi celles annoncées par le préfet du département, Jean-François Colombet, ce lundi soir. Pendant ce créneau horaire, les établissements recevant du public seront fermés, et une attestation sera nécessaire pour se déplacer. Les rassemblements de plus de 6 personnes en milieu fermé sont interdits. Objectif ? Réduire les interactions sociales au sein de la population, face à une forte hausse des cas de Covid la semaine dernière à Mayotte. 

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En effet, selon le dernier point sanitaire communiqué par l’ARS de Mayotte lundi, du 9 au 15 janvier, ce sont 455 nouveaux cas de Covid-19 qui ont diagnostiqués sur le département (pour 1383 tests PCR et antigéniques), contre un nombre de 276 la semaine précédente. “Depuis le début de l’année, la situation sanitaire se détériore de jour en jour avec un nombre de cas et un taux d’incidence en forte augmentation“, constate l’ARS de Mayotte. Le taux d’incidence, la semaine dernière, est en effet monté à 162,8 pour 100 000 habitants, et le taux de positivité est de 13,3%. 11 clusters actifs sont identifiés, et 12 personnes sont hospitalisées au CHM (dont deux en réanimation). 

Mais au-delà de ces chiffres déjà inquiétants synonymes de rebond épidémique, c’est aussi la présence du variant sud-africain, désormais avéré, qui interpelle les autorités. La question de sa circulation à Mayotte se posait déjà depuis plusieurs jours, d’autant que non loin, sur l’île de Moheli aux Comores, on soupçonnait déjà sa présence au vu de la flambée épidémique là-bas. Or, les échanges, même si officiellement interdits, se sont poursuivis notamment par le biais des kwassas clandestins. C’est d’ailleurs en ce sens que le préfet de Mayotte a annoncé lundi soir le renforcement des moyens de l’Etat pour la protection des frontières maritimes : moyens aériens de détection, mais aussi recours à des prestataires de loisirs pour détecter les embarcations clandestines… 

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De toute façon, c’est désormais vérifié : les analyses ont confirmé le 15 janvier la présence du variant sud-africain (501.V2) à Mayotte, chez une personne de retour de voyage. Les heures suivantes, trois autres cas ont été détectés sur l’île, chez des personnes ayant toutes voyagé dans la région, dont un qui était arrivé de façon irrégulière sur le territoire. 

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La contagiosité du variant est préoccupante : les autorités craignent qu’en multipliant le nombre de cas se multiplie aussi le nombre d’hospitalisations et de décès. “Si aucune mesure n’est prise, si chacun conserve ses habitudes, le nombre de cas pourrait exploser dans les jours et semaines à venir“, signale la préfecture de Mayotte.

“La situation que nous connaissons est sans doute plus sérieuse que celle que nous avons surmonté au printemps 2020“, souligne la préfecture de Mayotte. “Ce variant apparu pour la première fois en Afrique du Sud est beaucoup plus contagieux que la souche du virus circulant jusqu’à présent à Mayotte. C’est ce qui lui confère son extrême gravité“, poursuivent les autorités.

Pour stopper la circulation du virus et éviter que des cas supplémentaires viennent s’ajouter à ceux déjà présents sur le territoire, le préfet de Mayotte avait déjà fermé le 14 janvier les liaisons avec l’Afrique de l’Est continentale et les destinations reliées à l’Afrique du Sud. Et pour éviter que des cas ne parviennent à La Réunion, le motif impérieux est désormais de retour pour voyager entre les deux départements français. En outre, un test PCR négatif est obligatoire pour prendre l’avion, et les voyageurs doivent s’engager à respecter (obligation morale) une septaine et un test PCR à leur arrivée. A noter que les tests antigéniques ne sont plus autorisés pour voyager. 

Pour rappel, à La Réunion, si aucun cas n’a pour l’instant été avéré parmi la population, le variant sud-africain a bien été détecté mais chez un patient hospitalisé au CHU dans le cadre d’une évacuation sanitaire des Comores. Une femme elle, a été testée positive également au variant sud-africain, venue de Mayotte rejoindre son enfant (lui négatif), hospitalisé à La Réunion dans le cadre également d’une évacuation sanitaire. 

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Chronologie de la crise

Jeudi 14 janvier : Le Préfet ferme les liaisons aériennes entre Nairobi et Mayotte et Dar-Es- Salam et Mayotte, parce que ces deux villes ont des liaisons aériennes directes avec l’Afrique du Sud.

Vendredi 15 janvier à 22h30 : Le Préfet est informé par le cabinet du Ministre des Outre- mer qu’un cas du variant 501.V2 est désormais avéré sur le territoire mahorais

Samedi 16 janvier : Le Préfet décide la fermeture les liaisons aériennes et maritimes entre les pays étrangers et Mayotte.

Dimanche 17 janvier : Concertation avec les élus, avec les organisations syndicales et les organisations patronales sur les conséquences à tirer de l’apparition du nouveau variant.

Lundi 18 janvier : Le Préfet décide (après concertation avec les ministres des Outre-mer, des Affaires étrangères et de la Santé) du plan de riposte au variant 501.V2.

Jeudi 21 janvier : Mise en œuvre du couvre-feu à Mayotte de 18h à 4h.

 

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