[Société] 316 établissements recevant du public contrôlés, 30 gérants verbalisés

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La semaine dernière, l’exécutif a relancé l’état d’urgence sanitaire. Le décret interdit les rassemblements dans les espaces publics de plus de 6 personnes (contre 10 jusque-là) et les fêtes privées (mariages, anniversaires…) dans les salles recevant du public. Les restaurants doivent désormais réaliser un “tracing” de leurs clients en récupérant leurs coordonnées. Dans tous les lieux recevant du public, comme les grandes surfaces, il faut maintenant 4 m2 par personne. Et bien sûr, le port du masque est toujours obligatoire.

Au pas !

 

Ces mesures entrées en vigueur lundi dernier, les patrons d’établissements recevant du public les respectent scrupuleusement. Dans un restaurant situé à Sainte-Marie, les clients sont de retour. La salle et la terrasse sont remplies mais les règles sont les règles, les clients se déplacent avec un masque au risque de se prendre une petite soufflante par un membre du personnel en cas d’oubli, « oui, monsieur, même pour aller aux toilettes, à 30 mètres, vous devez porter votre masque. Oui, c’est embêtant, mais ce n’est pas nous qui décidons ». Le quinquagénaire grommelle mais se plie à la règle. Autour des tables, pas plus de six personnes. Et une fois installé, on vous glisse un petit papier sur lequel il faut écrire vos nom, prénom et numéro de téléphone. Le système a ses limites, personne ne peut être sûr qu’il s’agit bien de votre identité et de vos coordonnées, tout est une question de « responsabilité individuelle » comme le martèle l’exécutif depuis plusieurs mois.

 

 

Au risque de gâcher l’ambiance…

 

Dans le centre-ville de Saint-Denis, pas toujours simple de faire entendre raison aux clients. Sept personnes sont installées autour d’une table. La serveuse leur explique qu’ils sont trop nombreux, une personne doit migrer sur la table à côté. Les clients tentent de négocier, « et si on rapproche les tables ? »,  la serveuse est catégorique, « non monsieur, ça ne marche pas comme ça, le problème sera toujours là ». Un bon point. Le second au moment de l’addition, une jeune femme ne porte pas de masque, petite piqûre de rappel de la part du jeune homme qui encaisse « mademoiselle, s’il-vous-plaît, votre masque », la jeune femme ne semble pas vouloir coopérer « y’en a pour cinq minutes, ça va ! » râle-t-elle mais le jeune homme ne lâche pas, « et si des policiers arrivent, là, maintenant, on leur dit quoi ? Y’en a pour cinq minutes ? ». La jeune femme s’exécute.

 

 

Des serveur qui jouent à la police

 

Pour le monde de la restauration, les mesures sanitaires sont une contrainte supplémentaire, rappeler en permanence les choses, faire face parfois à l’agacement voire la colère. « Une fois, le ton est vraiment monté avec un client » raconte Pauline « j’ai cru qu’il allait en venir aux mains, il était hors de lui ». Ce client récalcitrant refusait d’enfiler son masque pour se déplacer dans le restaurant. « Il a fini par partir en trombe, en laissant tout en plan ». Mais la jeune femme nuance « ce n’est arrivé qu’une fois. En général, c’est juste un oubli, les habitudes ont la dent dure, vous savez. Il suffit de le rappeler et les clients appliquent sans broncher ».

 

Pauline admet que devoir faire respecter ces mesures est une charge de travail en plus « mais on ne va pas se plaindre, au moins, on peut ouvrir et à La Réunion, nous n’avons pas de couvre-feu, on relativise ».

 

 

Une facture salée en cas de non-respect des règles

 

Et les patrons d’établissements recevant du public le savent, ils n’ont pas le choix. Les forces de l’ordre sont mobilisées pour veiller à l’application stricte de ces mesures sanitaires. En cas de non-respect de ces mesures, ils s’exposent à une amende de 135 euros et pouvant aller jusqu’à 3 750€ et 6 mois d’emprisonnement en cas de récidive.

 

Ils risquent aussi la fermeture administrative : en cas de contrôle des forces de l’ordre montrant le non-respect des protocoles et conformément à l’article 29 du décret du 16 octobre 2020, la préfecture peut mettre en demeure l’exploitant de se mettre en conformité. A défaut, une fermeture administrative est prononcée à l’encontre de l’établissement.

 

Depuis l’entrée en vigueur de ce type de mesures, à La Réunion, 316 établissements ont été contrôlés, près de 30 gérants ont été verbalisés et 31 ont reçus un avertissement. 

 

F.H

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clicanoo

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