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Phillipe Edwin Marie, plus connu comme PEM, a été orphelin dès ses 2 ans. Ce n’est qu’à l’âge de 12 ans qu’il a été accueilli dans une famille d’adoption. Toutefois, il comprend bien vite qu’il ne pourra pas la considérer comme sa vraie famille.
Un an après, il en était l’esclave et s’occupait des six enfants de cette famille, qui avait exigé qu’il les appelle monsieur ou madame et qu’il fasse la cuisine, le ménage, le jardinage et toutes les autres tâches ménagères.
Deux ans plus tard, une dispute éclate lorsque le père adoptif le surprend en train de goûter les plats qu’il cuisinait. Comme punition, il l’obligera à manger de la nourriture pour chien. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il décide donc de s’enfuir et de vivre tel un SDF alors qu’il n’avait que 15 ans.
Sur sa route, l’adolescent rencontre un jour un homme qui salue son courage et sa détermination, et lui promet qu’à ses 18 ans, il lui offrirait un emploi dans la municipalité de Port-Louis.
Promesse tenue, il commence à travailler comme laboureur à la mairie. Un jour, il tombe sur une racine, résidu d’un arbre qui avait été abattu et c’est à cet instant précis que sa vie a pris un autre tournant. Une connexion ‘magique’ s’est créée entre lui et cette racine qu’il décide de ramener chez lui. Les gens autour de lui se moquaient : “Ki to gagne, to fou?”
Après un temps d’observation, Edwin décide de donner une seconde vie à cette racine. Laissant place à son imagination et sans même le savoir, il sculptait, instinctivement. Satisfait de sa création, le jeune homme ramène son œuvre au travail, et c’est la stupéfaction : “Hey, Nelson Mandela sa! Tonn fer Nelson Mandela!”
Son talent a attiré un hôtelier qui l’invite à sculpter pour les touristes au sein d’un hôtel où il commencera à vivre de son art.
Les années passent et le magicien du bois pose finalement ses outils à l’entrée du Caudan Waterfront.
Durant 25 années, Edwin sculpte sous les yeux curieux de plusieurs générations. Ce garçonnet, abandonné, ne se doutait pas qu’un jour il serait un symbole de l’artisanat mauricien. Selon ce passionné du bois, s’il arrête la sculpture, ce serait comme du suicide pour lui.
Le visage emblématique de ce grand-père à la barbe blanche épaisse, son bonnet aux couleurs Rastafari avec des yeux enfantins, une humeur chaleureuse et positive, restera toujours attaché au Caudan Waterfront…
PEM, le magicien du bois : « Si j’arrête la sculpture, ce serait du suicide »
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