« Sans investissements considérables, nous resterons vulnérables aux pandémies »

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Mark Lowcock, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU, en septembre 2018, à Genève.
Mark Lowcock, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU, en septembre 2018, à Genève. FABRICE COFFRINI/AFP

Mark Lowcock est secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des affaires humanitaires (OCHA) depuis 2017. Son agence coordonne les efforts de l’ONU aux côtés des ONG, pour combattre le Covid-19 dans les pays les plus vulnérables. Cette crise sanitaire survient alors que l’assistance humanitaire dans le monde a déjà atteint un niveau historique depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, une personne sur quarante-cinq a besoin d’une aide.

Vous avez lancé un appel, le 25 mars, pour réunir 2 milliards de dollars afin de combattre la propagation du Covid-19 dans les pays fragiles. Quelles sont les urgences auxquelles vous devez faire face ?

Notre premier défi est logistique. Toutes les mesures et restrictions de voyage mises en place par les gouvernements pourraient à terme perturber notre assistance humanitaire et notre accès aux communautés affectées. Ce n’est pas encore le cas actuellement, grâce à des milliers de travailleurs humanitaires postés dans leur pays et qui continuent à travailler, mais il est absolument vital de maintenir les approvisionnements dans les pays en crise et de faciliter la circulation des biens et des personnels humanitaires. La fermeture de nombreuses lignes commerciales va aussi nous contraindre à utiliser les services aériens des Nations unies pour transporter les personnels, les soignants et les matériels médicaux dans les endroits où cela s’avérera le plus nécessaire.

Notre deuxième défi est lié aux caractéristiques du virus du Covid-19, très contagieux, qui pourrait se propager très rapidement dans des environnements déjà fragilisés par des crises humanitaires, le manque d’hygiène et des maladies sous-jacentes qui amoindrissent le système immunitaire. Nous essayons donc d’anticiper toutes les actions possibles pour retarder sa propagation, à travers des campagnes d’information aux populations, l’installation de stations pour se laver les mains, la livraison de matériel médical et de protection. C’est une véritable gageure quand cela concerne des populations vivant dans des endroits clos, tels que les camps de réfugiés, où il sera difficile de procéder à de la distanciation sociale. Nous savons aussi qu’il sera difficile d’organiser des programmes de dépistage à grande échelle. En étant réaliste, on peut imaginer que le Covid-19 va impacter nos programmes d’aide sur la durée.

La situation dans la province syrienne d’Idlib, considérée comme la pire catastrophe humanitaire du XXIe siècle, est particulièrement inquiétante, avec une dizaine de cas déjà détectés…

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