Sanctions américaines contre Gebran Bassil, ancien chef de la diplomatie libanaise

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Gebran Bassil, chef du Courant patriotique libre (CPL), le 22 octobre à Baabda (Liban).

Ce n’est pas une véritable surprise, tant l’annonce faisait l’objet de rumeurs depuis des mois au Liban. Il n’empêche : en sanctionnant, vendredi 6 novembre, Gebran Bassil, gendre du président Michel Aoun et allié de premier plan du Hezbollah, le Trésor américain crée une onde de choc sur la scène politique. Cibler cet influent personnage, à la tête de la principale formation chrétienne, apparaît comme l’un des ultimes efforts de l’administration Trump, donnée sur le départ, pour isoler le Hezbollah pro-iranien. Les sanctions pourraient accroître la discorde dans un pays fracturé et toujours dans l’attente d’un nouveau gouvernement, sur fond de faillite financière.

L’ancien chef de la diplomatie libanaise se retrouve interdit d’entrée sur le territoire américain. Il est sous le coup de sanctions financières – comme le gel d’avoirs aux Etats-Unis. Justifiant sa décision au nom de la lutte contre la corruption, le Trésor américain accuse M. Bassil d’être « à la pointe » de ce fléau qui gangrène la vie politique au Liban. Il lui reproche de s’être livré au favoritisme, au trafic d’influence, et d’avoir été « impliqué dans l’approbation de projets » ayant débouché sur des détournements de fonds publics au bénéfice de proches quand il était ministre de l’énergie, l’un des portefeuilles qu’il a occupés en plus de dix ans de participation à des gouvernements successifs.

Le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, un « faucon » de la politique de pression maximale américaine de la maison Trump contre le camp pro-iranien, s’est montré plus explicite, accusant Gebran Bassil d’avoir « contribué au système de corruption et de favoritisme politique qui sévit au Liban, qui a aidé et encouragé les activités déstabilisatrices du Hezbollah. » Le mouvement armé chiite, allié de Téhéran, est une bête noire des Etats-Unis – et de leur allié israélien – qui le classent comme « terroriste ».

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A la veille des élections américaines, la tentative de Washington d’affaiblir le puissant parti, engagé dans la guerre en Syrie aux côtés de Bachar Al-Assad, et dont l’influence divise les Libanais, s’était renforcée : deux anciens ministres avaient été sanctionnés en septembre. Mais c’est la première fois qu’un responsable politique chrétien d’envergure est visé. M. Bassil a été un artisan majeur de l’entente passée, en 2006, entre le Courant patriotique libre (CPL), qu’il dirige aujourd’hui, et le Hezbollah. Cette alliance a offert au Parti de Dieu une « couverture » chrétienne, tandis que Michel Aoun s’est assuré d’accéder à la présidence, en 2016, au terme d’une longue paralysie politique. Un poste que son gendre ambitionnait – jusqu’ici – de décrocher à la prochaine échéance. Au cours des derniers mois, la presse s’était fait l’écho de dissensions croissantes entre le CPL et le Hezbollah. Mais le leader chrétien n’a pas rompu.

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