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La réécriture de l’histoire est un puissant levier politique. A Moscou, Varsovie ou Budapest, les dirigeants ne s’en privent pas, note dans sa chronique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ». Le procédé est tentant mais risqué.
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Chronique. Dimanche 1er septembre à la Maison Blanche, la presse a demandé à Donald Trump s’il avait un message pour la Pologne, en ce jour très particulier. Le président des Etats-Unis avait prévu, en effet, de se rendre dans ce pays pour les cérémonies du 80e anniversaire du début de la seconde guerre mondiale, marqué par le bombardement nazi de Westerplatte, à Dantzig, mais avait annulé son voyage au dernier moment, officiellement pour surveiller la progression de l’ouragan Dorian.
« Oui, j’ai un grand message pour la Pologne, a répondu M. Trump, entre deux séances de golf. Je voudrais juste féliciter la Pologne. C’est une grande nation. Nous avons beaucoup de Polonais ici, peut-être 8 millions. »
Féliciter un pays pour l’anniversaire du jour le plus noir de son histoire, celui du coup d’envoi de son anéantissement par l’Allemagne d’Hitler, puis par l’URSS de Staline, dans une guerre qui allait coûter la vie à six millions de ses habitants : l’ironie de cette interprétation très trumpienne du 1er septembre 1939 n’aura sans doute pas échappé aux Polonais, pétris d’histoire.
Réécrire l’histoire
Mais outre qu’il est assez populaire en Pologne, M. Trump n’est pas le premier à réécrire l’histoire de cette région, loin de là. Son révisionnisme à lui est même assez inoffensif. Nettement moins calculé que celui de Moscou, qui vient d’offrir une justification inédite de l’accord Molotov-Ribbentrop du 23 août 1939.
Le ministère russe des affaires étrangères a distillé ces derniers jours, sur les réseaux sociaux, la nouvelle vision en cours à Moscou de la fin des années 1930, appuyée de quelques montages sonores et iconographiques à l’esthétique constructiviste. Le pacte de non-agression germano-soviétique y est qualifié de « décision forcée, urgente et extrêmement difficile », imposée par la lâcheté de la Grande-Bretagne et de la France qui « espéraient éviter la guerre en poussant l’expansion nazie vers l’est », et par « la haine du soviétisme et l’antisémitisme » de la Pologne, qui rejetait les « multiples offres d’assistance » de Staline.
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