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Histoire : une religion monothéiste née au XIXe siècle
Le bahaïsme émerge en Perse au milieu du XIXe siècle, époque secouée par la modernité, notamment scientifique, sous l’impulsion de Baha’u’llah. Il s’inscrit dans la mouvance d’un courant chiite ésotérique et critique à l’égard du rigorisme du clergé dominant. Baha’u’llah naît à Téhéran en 1817 sous le nom de Mirza Husayn Ali dans une famille noble. Son père est ministre du shah.
A la même époque, dans la ville perse de Chiraz, naît Sayyid Ali Muhammad Sirazi. En 1844, ce dernier se dit porteur d’un message de Dieu. Il annonce l’arrivée d’un nouveau « Mahdi » qui sauvera le monde à la fin des temps et il se fait appeler le Bab – « la porte ». Il est vite suivi par de nombreux fidèles. Accusé d’apostasie, le Bab est condamné à mort et fusillé en 1850.
En 1852, Mirza Husayn Ali, disciple du Bab, est lui-même arrêté et emprisonné à Téhéran. En 1863, il revendique être le prophète annoncé par le Bab et se proclame Baha’u’llah – « la Gloire de Dieu » – avant d’être exilé à Saint-Jean d’Acre en Palestine ottomane (1868). C’est là qu’il écrit la majorité de son œuvre – une centaine de volumes – qui constitue le fondement de la foi bahaïe.
Son enseignement principal est de proclamer que Dieu est un (il n’existe qu’un seul Dieu) et que la religion est une, puisque l’humanité forme une seule famille. Autrement dit, les religions sont toutes dédiées à une seule chose, l’unité et la paix dans le monde. Leurs différences ne sont que le fait du contexte historique, culturel, économique, social dans lequel elles émergent. Par exemple, les rites alimentaires répondraient aux contraintes d’une époque et ne sont plus d’actualité. Chaque messager de Dieu – de Moïse à Mahomet en passant par Jésus ou le Bouddha – permet l’avancement de la civilisation à un instant T, qui ouvre la voie au messager suivant. La foi bahaïe, religion monothéiste la plus récente, s’inscrit dans cette continuité.
Baha’u’llah meurt à Saint-Jean d’Acre en 1892, où il est enterré. Avant sa mort, il décide que les restes du Bab, son maître, devront être inhumés sur les pentes du mont Carmel à une vingtaine de kilomètres de Saint-Jean d’Acre. La dépouille du Bab sera transférée en 1909.
Le successeur de Baha’u’llah est son fils aîné Abdu’l-Baha (1844-1921) qui va diffuser le message bahaï en Occident. Il est enterré à Haïfa (Israël), près du Bab. Le troisième leader bahaï est le petit-fils d’Abdoul Baha : Shoghi Effendi (1897-1957), « le Gardien » de la foi bahaïe, qui ne laisse aucune descendance. Dès lors, c’est la Maison universelle de Justice, composée de neuf membres élus, qui devient l’organe dirigeant mondial des bahaïs. Selon le site Internet de cette religion, environ 5 à 7 millions de bahaïs seraient répartis dans plus de 200 pays. Mais la foi bahaïe reste formellement interdite en Iran où ses fidèles sont persécutés, de même que dans d’autres pays tel le Yémen.
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