quand l’Europe exporte ses pesticides toxiques au Maghreb – Jeune Afrique

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Malgré leur interdiction d’utilisation au sein de l’Union européenne, des pesticides dangereux sont toujours produits par des entreprises des 27 et exportés dans le monde. Le Maroc, l’Algérie et la Tunisie ne sont pas épargnés.


« Nous ne sommes pas des êtres humains de seconde classe », s’insurge Semia Gharbi. Cette biologiste tunisienne, enseignante en sciences de l’environnement, ne cesse de dénoncer le deux poids deux mesures entre les pays dits développés et le reste du monde. Une situation résumée sous l’expression consacrée de « double standard ».

Elle a minutieusement décortiqué les conséquences de l’utilisation (et des imports) de pesticides extrêmement dangereux en Tunisie – dont un certain nombre sont pourtant interdits dans d’autres pays – dans un rapport publié en 2020 pour le compte de son Association d’éducation environnementale pour les futures générations (AEEFG) et de l’organisation Ipen (Réseau international pour l’élimination des polluants organiques persistants), qu’elle représente. Une étude similaire a été menée dans le même temps au Maroc par l’Association marocaine Santé, Environnement et Toxicovigilance (AMSETox).

« Les pays riches s’appliquent des restrictions mais profitent des brèches qui existent ailleurs pour vendre des produits toxiques. Il y a une vraie ligne de fracture, l’environnement et la santé sont de plus en plus réservés à ceux qui ont la capacité financière de vivre dans de bonnes conditions », dénonce la chercheuse. Les précédents en la matière ne manquent pas.

Les industriels européens ont besoin d’écouler ailleurs leurs produits considérés comme obsolètes en Europe

L’AEEFG était déjà à l’origine du récent scandale de la vente en Tunisie du talc Johnson & Johnson contenant de l’amiante, malgré son interdiction aux États-Unis et au Canada après son classement comme cancérigène par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le Maghreb exposé au « venin » européen



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JeuneAfrique

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