Privé de Trump et du Brexit, Nigel Farage surfe sur la pandémie

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<p>Nigel Farage pose avec un supporteur de Donald Trump le 28 octobre à l’aéroport de Phoenix, Arizona.</p>

Le cliché a très vite viré au mème sur Twitter : son éternel manteau en tweed sur les épaules, Nigel Farage pose en pleine rue, à Washington. L’homme politique britannique tient un écriteau précisant qu’il a parié 10 000 livres sterling sur la réélection de Donald Trump. A en juger par la lumière rasante sur le Capitole derrière lui, les bureaux de vote ne vont pas tarder à fermer ce 3 novembre, jour d’élection présidentielle aux Etats-Unis. « Je suis totalement optimiste », commente le dirigeant du Brexit Party.

Le scrutin américain a donc fait au moins deux losers : Trump et l’ancien député européen, ex-membre fondateur du parti pro-Brexit UKIP et éternel eurosceptique, son « meilleur ami » dans la vieille Europe. Avec le recul, l’enthousiasme de Farage, embarqué pendant une dizaine de jours dans la campagne de Trump, fait sourire. Nigel racontant ses frissons quand la foule entonne We Are the Champions de Queen à un meeting en Arizona. Nigel invité par le président à prendre la parole face à la foule, déclarant que Donald Trump est « l’homme le plus résilient » qu’il connaisse. Nigel, bonnet « Trump 2020 » sur le crâne, posant avec des fans survoltés dans le glacé Michigan…

« Game over » pour le politique de 56 ans, qui continuait ces derniers jours à défendre le 45e président des Etats-Unis et ses accusations infondées de fraude électorale ? Pas sûr. Car il a déjà posé des jalons pour la suite. Nigel Farage vient d’annoncer qu’il rebaptisait son Brexit Party du nom de Reform UK, avec, pour premier objectif, la lutte contre les confinements liés à la pandémie due au coronavirus. Il faut dire que le Brexit a eu lieu formellement le 31 janvier et que le premier ministre négocie les derniers détails d’un accord commercial avec l’Union européenne (UE) : le Brexit Party n’a donc plus vraiment d’objet.

Exploiter les dissensions

Mais entre le reconfinement abruptement décidé par Downing Street fin octobre et les thèses complotistes des quelques ­milliers d’antimasque qui défilent tous les samedis à Londres, il y a un créneau politique à occuper. Cela fait par ailleurs des semaines que le journal de la droite britannique, The Daily Telegraph, dénonce les ­restrictions sociales imposées par le gouvernement Johnson. Et sur les « bancs du fond », comme on dit à la Chambre des communes, des dizaines de députés conservateurs n’­hésitent plus à s’opposer à leur chef. Le 4 novembre, trente-quatre d’entre eux ont voté contre le règlement imposant le confinement, un record.

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