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L’énergie de Donald Trump est la même, la ferveur de ses fidèles identique, la virulence des attaques contre l’adversaire démocrate en tout point comparable. Floride et Géorgie vendredi, Michigan et Wisconsin samedi, Nevada, Californie et re Nevada dimanche, après la Pennsylvanie, l’Iowa, avant la Caroline du Nord, sans doute, et de nouveau la Pennsylvanie, probablement… Le tourbillon des meetings est une machine à remonter le temps qui propulse le président sortant quatre ans en arrière.
La prison y était alors promise à la démocrate Hillary Clinton ; Joe Biden a pris sa place dans les slogans vengeurs qui enchantent le président. « Famille mafieuse », corruption à tous les étages, les incantations relèvent du copié-collé. Idem pour la forme physique de l’adversaire, assurément déplorable. Et on ne parle pas de ses facultés intellectuelles, évidemment alarmantes.
Le président sortant est l’homme d’une seule campagne, d’un seul spectacle et d’un seul message. Après sa décharge de l’hôpital militaire Walter-Reed, suite à sa contamination par le coronavirus, il est retourné immédiatement dans sa zone de confort, celle des émissions de la chaîne conservatrice Fox News dans lesquelles il n’a cessé de parler pendant quatre ans et dont les animateurs lui prêtent toujours la même oreille amicale et accommodante. Il y a répété ses « faits alternatifs » à propos de tout et de rien. La formule avait été forgée par sa conseillère Kellyanne Conway comme une armure contre la réalité. Le président en est devenu le prisonnier.
Illusion
Lorsqu’il est sorti de cette bulle jeudi à l’occasion d’un town hall télévisé pour répondre à des questions d’électeurs, il s’est heurté à la modératrice Savannah Guthrie, de NBC. Elle lui a posé celles que le président ne veut pas entendre.
Avait-il été testé pour le Covid-19 le soir du débat du 29 septembre, comme sa campagne s’y était engagée ? A quand remontait alors son dernier test négatif ? Que pense-t-il de la mouvance complotiste QAnon qui se complaît dans les cloaques ? Donald Trump n’a jamais su répondre de manière convaincante à des interrogations aussi traîtresses qu’une trappe signalées par des gyrophares et des cornes de brume.
Des semaines durant, le président s’est moqué de Joe Biden et du sous-sol dans lequel ce dernier était censé se terrer pour éviter le coronavirus, pendant que lui, Donald Trump, était pendant ce temps-là en première ligne. L’illusion avait duré pendant les deux dernières semaines du mois de mars, puis les Américains s’étaient lassés des promesses de virus sous contrôle, de sa disparition prochaine, des promesses de vaccin avant l’élection, comme celles de traitements miraculeux.
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