Président Trump, an IV : la tentation illibérale

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Donald Trump à West Point, à New York, samedi 12 décembre.

Dans les jours qui ont suivi l’élection du 3 novembre, les républicains ont tenté d’habiller de haillons tactiques leur lâcheté face à Donald Trump qui refusait d’accepter le sort des urnes. Le temps ferait son œuvre et le président battu son deuil. Par paliers. Ce serait un peu long, bien sûr, mais il fallait comprendre. Se montrer patient. Ne pas froisser l’homme blessé et encore moins sa base qui vote aux primaires. Ne pas donner à Joe Biden du « président élu » qui ferait inconsidérément souffrir le défait, le perdant, le terrassé.

« L’avenir prendra soin de lui-même », a assuré, l’air pénétré, le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell. Quatre ans plus tôt, le même avenir devait déjà retrousser ses manches lorsque Donald Trump entrerait à la Maison Blanche. Sa présidentialisation était en marche et rien ne l’arrêterait, sauf qu’elle n’était jamais arrivée.

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Donald Trump s’accrochant à sa théorie dérisoire d’un complot électoral démocrate, les républicains ont trouvé l’esquive. On allait compter « les votes légaux », et les « votes légaux » uniquement. Les tribunaux seraient saisis, et puis on verrait bien. On a vu. Les juges ont infligé déroutes sur humiliations aux avocats du président en l’absence du moindre élément de preuve de ladite machination. Y compris les juges nommés par lui. Y compris ceux de la Cour suprême.

Le chef du contentieux électoral du locataire de la Maison Blanche, Rudy Giuliani, a bien promis, vendredi 11 décembre, de continuer la lutte jusqu’à la fin des temps, pour commencer, mais lundi le collège électoral officialisera la victoire de Joe Biden. Parmi les 306 voix prévues figurera celle formellement exprimée par une grande électrice de l’Etat de New York choisie par le gouverneur Andrew Cuomo. Il s’agit d’Hillary Clinton, qui rentrera certainement dare-dare dans sa maison de Chappaqua une fois ses obligations remplies pour arroser sa vengeance d’un verre de « Chardonnay ». Voire de deux.

Deux choix pour les républicains

Leurs arguties et atermoiements épuisés, les républicains auront devant eux désormais un battu qui ne veut toujours rien entendre, et un choix que l’on peut comparer à celui de la dystopie cinématographique Matrix, entre la pilule rouge et la pilule bleue proposées au héros, Neo. La première dessillera les yeux. Une fois la douleur passée, ils verront alors en Donald Trump un candidat sèchement battu à deux reprises au niveau du vote populaire et incapable d’obtenir un second mandat.

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