poursuivi pour viol, l’ex-producteur québécois accuse la plaignante d’avoir abusé de lui

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Gilbert Rozon lors de son procès pour viol, à Montréal, le 13 octobre 2020.

Deux versions aux antipodes l’une de l’autre et, au final, une juge, seule, pour les départager. A l’occasion de son procès pour viol et attentat à la pudeur qui s’est tenu au palais de justice de Montréal du 13 au 16 octobre, sans jury, Gilbert Rozon, 65 ans, fondateur du festival Juste pour rire, au Québec, et ancien juré de l’émission « La France a un incroyable talent » sur M6 a en effet livré un témoignage qui va à l’encontre, point par point, de la version de la plaignante.

Cette femme, aujourd’hui âgée de 60 ans et dont l’identité est protégée par la cour, est la seule victime dont la plainte a été jugée recevable, treize autres ayant été rejetées par le directeur des poursuites criminelles et pénales (l’équivalent du parquet en France).

Au premier jour du procès, la plaignante a raconté cette nuit de 1980 au cours de laquelle l’ex-magnat de l’humour l’aurait forcée à un rapport sexuel. La jeune femme, 20 ans à l’époque des faits, travaillait dans une station de radio à Saint-Sauveur dans les Laurentides (station touristique à une heure au nord de Montréal) quand elle a rencontré Gilbert Rozon, qui l’a invitée dans une discothèque.

Un détour par un chalet

A l’issue de la soirée, plutôt que de la ramener chez elle comme promis, Gilbert Rozon lui aurait demandé de faire un détour par un chalet pour chercher des papiers chez sa secrétaire, qui habitait non loin de là. Elle aurait esquivé une première fois ses avances pressantes :

« Il s’est comme jeté sur moi pour m’embrasser. (…) Il a relevé ma jupe, je me suis débattue, je lui ai dit d’arrêter. »

Rozon aurait obtempéré, mais en ajoutant qu’en raison de sa fatigue, elle allait devoir dormir dans une chambre. C’est au petit matin qu’il l’aurait violée, raconte-t-elle :

« Quand je me suis réveillée, il était sur moi, déterminé à avoir des relations sexuelles. La seule chose dont je me souviens, c’est la fenêtre, parce que c’est ce que je regardais. Après, j’étais en colère contre moi de l’avoir laissé faire ça. »

« J’ai passé quarante ans à mettre [ce qui s’est passé] dans un tiroir et l’oublier », mais quarante ans après, elle dit éprouver « toujours la même colère ». « C’est fou, répond-elle après avoir été interrogée par une avocate de la défense, qui lui reprochait de ne pas avoir manifesté de façon plus ostensible son désaccord, la culpabilité et la honte qu’on a, nous les victimes. Moi j’ai honte de m’être laissé faire, et je me sens coupable de ne pas m’être plus débattue. Et ce n’est pas moi qui dois avoir honte », conclut-elle, la voix brisée.

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