Pour son premier budget post-Brexit, le Royaume-Uni tourne la page de l’austérité

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Le chancelier de l’échiquier Rishi Sunak présente le budget 2020 à la Chambre des communes, à Londres, mercredi 11 mars.
Le chancelier de l’échiquier Rishi Sunak présente le budget 2020 à la Chambre des communes, à Londres, mercredi 11 mars. STRINGER / AFP

En privé, un officiel du Trésor britannique résume le message d’un terme hautement technique : « It’s a fuckload of money » (« c’est un putain de paquet d’argent »). Le budget britannique, présenté mercredi 11 mars, met, en effet, énormément d’argent sur la table. Par rapport à ce qui était déjà prévu, l’Etat va dépenser 175 milliards de livres sterling (200 milliards d’euros) supplémentaires lors des cinq prochaines années. Pour l’année fiscale qui vient, d’avril 2020 à mars 2021, le plan de relance s’élève à 18 milliards de livres, auxquels ont été ajoutés dans l’urgence 12 milliards pour faire face à l’épidémie due au coronavirus. Au total, cela représente 1,5 % du produit intérieur brut (PIB), un niveau similaire à celui présenté pendant la crise financière de 2008.

Les années suivantes, le temps que certains grands travaux se mettent en branle, l’argent coulera encore plus à flot, avec environ 2 % de PIB supplémentaires injectés dans l’économie. L’austérité, débutée en 2010 et progressivement réduite depuis quatre ans, est bel et bien finie. Le premier budget de l’ère post-Brexit est un retour aux bonnes vieilles méthodes : la relance keynésienne.

Amortir le choc du Brexit

Inévitablement, vu les circonstances, Rishi Sunak, le tout nouveau chancelier de l’Echiquier, a consacré une moitié de son discours au Covid-19. « Je sais que les gens sont inquiets. Mais nous allons tout faire pour s’assurer que ce pays et ses habitants restent en bonne santé et financièrement solides. » Des allocations d’urgence vont être accordées aux Britanniques forcés à se mettre en quarantaine, les entreprises vont pouvoir différer certains impôts, recevront des aides spéciales, et des fonds d’urgence sont débloqués pour les services de santé.

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Ces décisions, conclues à minuit et demi la veille du budget, cache un virage majeur de la politique économique britannique. « C’est le cadeau budgétaire le plus important depuis 1992 », analyse l’Office for Budget Responsibility, l’organisme indépendant chargé de réaliser les prévisions économiques et budgétaires du gouvernement. A l’époque, John Major venait de devenir premier ministre et les conservateurs craignaient de perdre les élections organisées quelques mois plus tard. Cette fois, il s’agit de préparer le pays à l’ère post-Brexit. Sans le dire, c’est une façon aussi d’amortir le possible choc économique provoqué par la sortie de l’Union européenne, en particulier s’il n’y a pas d’accord avec Bruxelles à la fin de l’année.

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