Pour Phil Hogan, commissaire européen au commerce, « l’Union européenne doit rester ouverte sur le monde »

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Le commissaire européen au commerce Phil Hogan à son arrivée à la première réunion du collège de la Commission Von der Leyen, à Bruxelles le 4 décembre 2019.
Le commissaire européen au commerce Phil Hogan à son arrivée à la première réunion du collège de la Commission Von der Leyen, à Bruxelles le 4 décembre 2019. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Après avoir été commissaire européen à l’agriculture, l’ancien ministre centriste irlandais Phil Hogan s’est vu attribuer le portefeuille du commerce à Bruxelles en novembre 2019. A 59 ans, celui qui fut « la bête noire » du monde agricole français en raison de sa vision portée sur l’exploration de nouveaux marchés ou l’intégration plus poussée avec l’agroalimentaire défend une vision libérale des échanges. L’épidémie du Covid-19 n’a pas fait changer d’opinion « Big Phil ».

La crise, née de la pandémie dûe au coronavirus, a redonné de la voix à ceux qui défendent moins de globalisation et plus de protectionnisme. Qu’en pensez-vous ?

Dans ces moments-là, il y a toujours une tentation de fermer les frontières. Mais il faut rappeler l’importance pour l’Union européenne d’être ouverte sur le monde. Ce sont en effet trente-cinq millions d’emplois qui, sur le continent, dépendent de ses exportations. Quant aux investissements directs étrangers, ils sont à l’origine de 16 millions d’emplois en Europe. Ce n’est pas tout. L’Union européenne, et peu de gens en sont conscients, a besoin d’importer. Sans quoi nombre d’entreprises ne seraient pas capables de produire.

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Mais, dans certains cas comme les équipements médicaux, on a bien vu que cela pouvait être un problème

Oui, c’est vrai. Dans le secteur de la santé, nous étions mal préparés. Nous n’avions ni les capacités de production ni les stocks. Nous nous sommes découverts dépendants de la Chine, de la Corée du Sud et de l’Inde. Il va falloir y remédier, en relocalisant une partie de la production ou en reconstituant des stocks. Mais il s’agit là d’une exception. L’Union européenne doit rester ouverte sur le monde et, dans les cas où elle est vulnérable, elle doit prendre les mesures nécessaires.

Hormis ces cas spécifiques, donc, l’Union européenne ne doit rien changer à la manière dont elle aborde sa politique commerciale ?

Ecoutez, dans les vingt prochaines années, 85 % de la croissance du monde se fera en dehors de l’Europe. En 2040, 50 % de la population mondiale vivra à moins de cinq heures de la Birmanie. Et chaque jour, 150 millions de personnes en Asie sortent du seuil de pauvreté. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Il me semble évident que les entreprises européennes ne voudront pas se priver de cette manne d’activité. Ce serait complètement idiot de ne pas chercher à profiter de cette croissance. C’est pourquoi nous devons approfondir nos accords de libre-échange existants − on en a avec quelque 70 pays − et chercher à en contracter d’autres. Pour rebondir après la récession que nous traversons, nous aurons plus que jamais besoin du commerce international.

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