[ad_1]
Tribune. Ce qui se déroule à Hongkong depuis le 1er juillet 2020 suite à la promulgation par Pékin de la loi sur la sécurité nationale (LSN) correspond à une fragilisation brutale et probablement irréversible d’éléments fondateurs du statut de Hongkong depuis la rétrocession à la Chine en 1997 : respect des libertés publiques et Etat de droit.
La nouvelle loi vise à « prévenir, éliminer et punir » les actes de sécession, de subversion, les activités terroristes et les activités de collusion avec un pays et des éléments étrangers. Elle constitue une remise en cause fondamentale des promesses de « haut degré d’autonomie » (« les Hongkongais gouvernent Hongkong ») accordées à la région administrative spéciale issues des accords sino-britanniques de 1984 et de la loi fondamentale de 1990.
Dissuasion et intimidation
Plus précisément, les quatre grandes catégories de crime sont définies de manière particulièrement floue, comportant un puissant caractère dissuasif, à l’image du « gouvernement par la loi » (fazhi) pratiqué sur le continent. L’indépendance judiciaire est par ailleurs mise à mal par le fait que les juges appelés à traiter des cas relevant de la sécurité nationale sont nommés directement par la cheffe de l’exécutif pour un an seulement. La loi établit en outre un bureau du gouvernement central de sauvegarde de la sécurité nationale dont les employés proviennent directement de la sécurité publique chinoise.
Enfin, outre le fait que cette loi s’applique aussi pour des actes et des propos tenus en dehors de Hongkong, pour les cas constituant une menace jugée particulièrement grave, les prévenus pourront être jugés par des tribunaux en Chine. On perçoit bien là le caractère éminemment dissuasif participant d’une politique plus vaste d’intimidation. Les faits qui ont suivi la mise en œuvre de la loi le montrent amplement, y compris en matière d’autocensure et d’anticipation des effets potentiels de la loi (exils, retrait d’ouvrages des librairies, etc.).
Les 370 personnes arrêtées le jour même de son entrée en vigueur, n’ont constitué que le prélude à l’application à un rythme étourdissant d’un train de mesures répressives justifiées directement ou non par la LSN et visant à rendre éminemment risquée toute manifestation d’opposition au gouvernement, mais aussi à réduire les espaces d’exercice des libertés publiques. En effet, depuis l’été, ce sont tour à tour l’éducation, les milieux associatifs et politiques, la presse et les universités qui ont été touchés, cela contribuant à créer un climat de crainte inédit.
Il vous reste 63.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment:
