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Deux jours après la convention citoyenne française, dont elle a suivi de près l’avancée des travaux, l’assemblée citoyenne britannique sur le climat a rendu ses préconclusions, mardi 23 juin. Ce « timing » n’a aucun rapport avec l’agenda hexagonal : il est directement lié au tempo politique national. D’ici une dizaine de jours, le premier ministre Boris Johnson et son chancelier de l’Echiquier, Rishi Sunak, doivent dévoiler un plan pour tenter de faire redémarrer une économie mise à l’arrêt par trois mois de confinement.
La « climate assembly » rendra ses conclusions définitives en septembre (propositions concrètes à l’appui) mais ses organisateurs veulent déjà peser sur ces décisions gouvernementales imminentes, avec au moins deux messages importants. Les Britanniques souhaitent que le plan de relance « postpandémique » soit l’occasion d’accélérer la transition du Royaume-Uni vers une économie « zéro carbone », afin de tenir l’objectif national d’émissions nettes de gaz à effet de serre nulles d’ici 2050. Ils sont également prêts à des changements sensibles de mode de vie pour y parvenir.
Suite à un vote à bulletin secret organisé auprès des 108 membres de l’assemblée les 16 et 17 mai, une large majorité d’entre eux — 79 % exactement — sont ainsi « parfaitement d’accord » ou « d’accord » pour que « les mesures prises par le gouvernement pour aider l’économie à se redresser soient conçues pour parvenir à l’objectif zéro émissions nettes ». Seuls 9 % « ne sont pas d’accord » ou « absolument pas d’accord », et 12 % n’ont pas d’opinion tranchée.
Limiter les aides aux secteurs très émetteurs en carbone
Comme en France, les participants ont été sélectionnés au hasard parmi 30 000 foyers anglais, écossais, gallois et nord irlandais et sont représentatifs en âge, sexe, ethnie, milieu socio-économique de la population nationale.
Parents, grands-parents, aides soignant ou ingénieurs : ils ont commencé à travailler en février, se rassemblant les week-ends dans un centre de conférences de Birmingham, avant d’achever leurs discussions en ligne. Leur anonymat a jusqu’alors été protégé : les médias n’ont eu accès qu’aux résultats de leurs réunions. Beaucoup suggèrent que le gouvernement limite les aides aux secteurs très émetteurs en carbone — ou les conditionne à une transition vers des modèles décarbonés. Sont d’abord visés le secteur de l’aviation et l’extraction de gaz et de pétrole en mer du Nord (environ 5 % du produit intérieur brut écossais). Les membres de l’assemblée espèrent aussi des investissements supplémentaires dans les infrastructures : transport, construction et réhabilitation de logements.
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