Pour la presse israélienne, l’éclat de voix de Macron à Jérusalem a « un air de déjà-vu »

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Capture d’écran du « Jerusalem Post », du « Times of Israel » et du « Haaretz ».
Capture d’écran du « Jerusalem Post », du « Times of Israel » et du « Haaretz ».

Un chef de l’Etat français haranguant les forces de sécurité de l’Etat d’Israël aux abords de l’église Sainte-Anne de Jérusalem. Pour le quotidien israélien Hamodia, l’incident a « un air de déjà-vu ». Difficile, en effet, de ne pas faire le rapprochement entre l’éclat de voix d’Emmanuel Macron, mercredi 22 janvier, et celui de Jacques Chirac, vingt-quatre ans plus tôt, sur la via Dolorosa puis aux abords de ce même édifice considéré comme un territoire français depuis 1856, date à laquelle les Ottomans en avaient fait cadeau à Paris pour son aide lors de la guerre de Crimée (1853-1856).

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« Mêmes lieux, même ton autoritaire et supérieur, même emportement calculé devant les caméras », décline, acerbe, le site LPH info. « Apparemment, Sainte-Anne est un lieu assez névralgique pour les présidents français, constate, avec une pointe d’ironie, le blogueur Dexter Van Zile dans une lettre ouverte adressée à M. Macron et publiée par The Times of Israel. J’espère que les Israéliens réserveront leur jugement sur la confrontation. »

« Etant donné que la souveraineté française sur Sainte-Anne remonte aux années 1800, il est probable que les Israéliens auront de la sympathie pour vous. Ils connaissent l’importance de protéger la souveraineté. S’il y a un groupe de personnes qui connaît les dangers de la perte de souveraineté encore mieux que les Français, ce sont les Israéliens. »

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« Moment chiraquien »

En 1996, « le coup d’éclat de Jacques Chirac a semblé spontané aux spectateurs », rappelle le site Ynetnews. Pourtant, le Français « avait l’intention de provoquer un drame en Israël pour plaire à l’opinion publique arabe ». Une stratégie payante : l’ex-président était l’une des personnalités occidentales les plus populaires du monde arabe, souligne L’Orient-Le Jour.

Emmanuel Macron aurait-il donc sciemment provoqué cet incident « pour séduire les populations arabes et une partie de l’électorat français » ? Peut-être, admet Anthony Samrani dans le journal libanais. « Peut-être même qu’il a forcé son accent en anglais pour que la mémoire sonore colle au visuel. Peut-être, enfin, qu’il le voulait absolument ce moment, ce moment chiraquien qui est resté dans toutes les mémoires. »

« La visite de Sainte-Anne était un arrêt symbolique soulignant l’influence historique de la France dans la région, où Paris se considère toujours comme un acteur important », analyse pour sa part le Jerusalem Post. Avec Jacques Chirac, rappelle L’Orient-Le Jour, la France a souvent eu la volonté de « jouer les médiateurs entre les différentes puissances régionales, d’offrir une voie alternative à celle de Washington pour tenter de résoudre les conflits ».

Une posture de force que M. Macron pourrait avoir tenté de réaffirmer. D’ailleurs, l’Elysée a clairement fait savoir jeudi au quotidien Haaretz que, contrairement à une déclaration de la police reprise dans de nombreux médias de l’Etat hébreu, il n’y a pas eu d’« excuses » de sa part après l’incident avec les gardes de sécurité : « Sainte-Anne est un domaine national français à Jérusalem. C’est le rôle de la France dans cette ville de protéger ces lieux. »

Initiative « inhabituelle »

L’essentiel de la visite de M. Macron dans la vieille ville n’est pas cette « altercation » pour le Jerusalem Post, mais son passage au Mur des lamentations, le « site le plus politiquement sensible du conflit israélo-palestinien ». Il est le premier dirigeant français à s’y rendre en plus de vingt ans. « Les visites de chefs d’Etat y sont rares parce qu’elles sont vues comme une reconnaissance tacite de la souveraineté israélienne sur le site », détaille le journal.

Une initiative qui reste « inhabituelle » pour un responsable occidental, d’autant que, rappelle le quotidien, le chef de l’Etat s’est montré « très critique » à l’égard de la politique israélienne à Jérusalem-Est et du contrôle militaire de la Cisjordanie.

Le locataire de l’Elysée a par ailleurs, dans le cadre de sa visite, été reçu par le directeur de la mosquée Al-Aqsa sur l’esplanade des Mosquées, passant par les lieux saints des trois religions monothéistes.

Ainsi résume L’Orient-Le Jour, « au-delà du coup de communication » de l’église Sainte-Anne, la comparaison entre Jacques Chirac et Emmanuel Macron sur la « cause arabe » est limitée. Et le quotidien de s’interroger :

« Le “en même temps” macronien qui se traduit, le même jour, par une déclaration associant l’antisionisme à de l’antisémitisme, reprenant de ce fait la rhétorique du pouvoir israélien, puis par une séquence dans la vieille ville qui a vocation à conquérir les cœurs palestiniens peut-il ainsi se revendiquer de l’héritage chiraquien ? »

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