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Dimanche 26 mai, les Européens sont appelés à élire leurs députés européens. Les électeurs français auront le choix entre 34 listes, censées représenter autant de sensibilités différentes.
L’exhortation au « vote utile » est brandie par les grands partis pour engranger le maximum de voix d’électeurs qui sont tentés d’exprimer leur opinion en votant pour une formation plus proche de leurs idées, mais qui aurait moins de chances d’obtenir des élus.
C’est particulièrement vrai pour les élections au scrutin majoritaire, comme la présidentielle ou les législatives. Pour les européennes, qui se déroulent à la proportionnelle, les partis minoritaires peuvent espérer être représentés s’ils dépassent 5 % des suffrages exprimés.
Pour comparer avec les précédentes élections, nous avons considéré qu’un vote était « utile » s’il permettait d’obtenir au moins un siège, au niveau national ou au niveau de la circonscription régionale (entre 2004 et 2014). Nous avons donc pu réaliser un ratio de vote utile entre le nombre de voix ayant contribué à élire un eurodéputé et le nombre total de suffrages exprimés.
1- Le scrutin national a tendance à limiter l’éparpillement
Si les européennes ont toujours été une élection proportionnelle, le découpage électoral a varié. Depuis le premier scrutin européen, en 1979, la répartition des sièges est nationale, à l’exception des élections de 2004, 2009 et 2014 où les Français ont voté au sein de huit grandes circonscriptions, qui disposaient chacune d’un nombre de sièges fixé à l’avance.
Dans cette configuration, le nombre de sièges à se partager était limité : une dizaine en moyenne, avec trois en outre-mer et quinze en Ile-de-France. Cela favorisait les grands partis, au détriment des petites listes, qui parvenaient difficilement à se faire représenter. Ainsi, dans la circonscription Massif central-Centre, où cinq sièges étaient à pourvoir, 38,6 % des électeurs ont voté pour des listes non représentées.
Le scrutin de 2019 revient à une seule liste nationale, qui devrait réduire cet effet d’éparpillement. Mais il y a cette année 34 listes…
2- Une profusion de listes n’aboutit pas toujours à un éparpillement
Spontanément, il semblerait logique d’affirmer que la profusion inégalée de candidatures va aboutir à un grand éparpillement des voix. Pourtant, l’analyse des élections précédentes ne démontre pas ce lien. Chaque configuration électorale est unique. Ainsi, en 1994 et 1999, le même nombre de listes (20) s’étaient présentées. Mais les résultats avaient été très différents :
- en 1994, seules six listes avaient réussi à obtenir des sièges, et 18,5 % des suffrages exprimés n’étaient pas représentés ;
- en 1999, neuf listes avaient été représentées au Parlement européen, y compris des « petites formations » (l’union d’extrême gauche LO-LCR, et les chasseurs de CPNT). Seuls 8,7 % des suffrages ne s’étaient pas traduits par le gain d’un siège.
Le nombre de 34 listes enregistrées en 2019 constitue un record absolu, mais il n’est pas si éloigné des 31 listes qui s’étaient présentées en Ile-de-France en 2014. Or, dans cette élection, seuls 18,8 % des électeurs n’avaient pas été représentés (soit moins que la moyenne nationale de 20,28 %).
3- Le seuil de 5 % réduit le nombre de partis siégeant au Parlement
C’est l’une des particularités du scrutin européen en France : seules les listes remportant au moins 5 % des suffrages pourront obtenir des sièges au Parlement européen. Une disposition que l’on retrouve dans douze autres Etats membres, dont sept l’ont fixé au même niveau de 5 % (trois l’ont fixé à 4 % et la Grèce l’a mis à 3 %). L’effet de seuil fait alors qu’une liste qui dépasse les 5 % aura au minimum quatre sièges, tandis que les listes qui échoueraient de peu ne peuvent prétendre à être représentées au Parlement. Sur la base de l’agrégation de sondages en date du 23 mai (et en postulant que le nombre de voix exprimées restera le même qu’en 2014), l’effet de seuil priverait quatre listes d’accéder au Parlement européen.
En février 2014, la cour constitutionnelle allemande a estimé que le seuil de 3 % qui était jusque-là la règle était contraire à la Constitution. Celui-ci a alors été supprimé, permettant à plusieurs petits partis d’entrer au Parlement.
4- Votes blancs, nuls et abstentions ne sont pas des « votes utiles »
Les électeurs qui hésitent entre deux bulletins au nom du « vote utile » peuvent avoir au moins une certitude : quel que soit leur choix, leur vote comptera davantage que s’ils glissent dans l’urne un bulletin blanc ou nul – ou que s’ils s’abstiennent, bien entendu.
En effet, en France, le vote blanc, s’il fait l’objet d’un décompte spécifique depuis 2014, n’a aucun effet sur le résultat, contrairement à d’autres pays. La reconnaissance du vote blanc figurait en bonne place parmi les suggestions du Grand Débat, mais cette proposition a été rejetée par le président Emmanuel Macron.
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