Né à Washington DC en 1981, Peter van Agtmael a commencé sa carrière de photographe sur les terrains de guerre où les Etats-Unis étaient impliqués. Depuis 2006, il a choisi de documenter les effets de ce qu’il appelle « l’impérialisme américain » à l’étranger et son impact sur le sol des Etats-Unis.
Quel lien entretenez-vous avec votre pays, que vous observez et photographiez depuis près de quinze ans ?
Je m’intéresse aux complexités et aux contradictions de la société américaine. En me déplaçant en Irak et en Afghanistan, j’ai pu voir les répercussions des interventions américaines dans ces régions. Ces observations ont modifié ma perception des effets engendrés par ce goût de la guerre qu’ont eu les gouvernements américains précédents sur les classes sociales, les communautés… et j’ai alors compris le pouvoir de la propagande.
Je pensais avoir tout vu, mais 2020 a, d’une certaine façon, réunitoutes les tensions politiques et sociales de ces dernières années. Cela a mené à cette période historique, perturbante, vraiment bouleversante.
Dans votre parcours, l’année 2020, a t-elle une tonalité particulière ?
Lorsque la pandémie de Covid-19 est survenue, j’ai vraiment pensé m’échapper. J’ai eu peur, je me demandais si j’aurais le courage de travailler. Finalement a surgi le besoin de tout documenter, autant que je le pouvais, pour m’approprier ce moment.
Cette année 2020 cristallise toutes mes préoccupations : l’horreur du Covid, le retour du mouvement des droits civiques, les crispations politiques… Les Etats-Unis n’avaient pas connu un épisode aussi mouvementé depuis 1968 [assassinat de Martin Luther King, élection de Richard Nixon, guerre au Vietnam, émeutes…] ! D’ailleurs, j’aurais adoré être photographe à cette époque. Certains jours, je perçois les drames américains comme la promesse d’un changement nécessaire et durable. Les mauvais jours, je crains la discorde civile et même la guerre.
Sorry for the War (éd. Mass Book), de Peter Van Agtmael. Publication prévue en décembre. Disponible sur www.petervanagtmael.net A Manchester (New Hampshire) le 11 février, le président Donald Trump organise un rassemblement pendant la campagne des primaires. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSA Richmond (Virginie), le 20 janvier, les défenseurs du port d’armes sont réunis au Capitole pour protester contre une éventuelle législation visant à restreindre la possession d’armes. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSPendant un meeting de Donald Trump le 2 mars, à Charlotte (Caroline du Nord) . PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSDes partisans républicains, lors d’un meeting de Trump, à Wildwood (New Jersey), le 28 janvier. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSA Minneapolis (Minnesota), le 31 mai. La police et la garde nationale forment un cordon autour d’une manifestation contre le meurtre de George Floyd. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSDevant le Cup Foods après la cérémonie en mémoire de George Floyd, le 4 juin. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSAffrontements entre la police et les manifestants après le couvre-feu imposé à Minneapolis ( Minnesota), le 30 mai. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSLe 15 juin, à Washington DC, les manifestants se rassemblent au Black Lives Matter Plaza, près de la Maison Blanche, le dernier jour de la Convention nationale républicaine, au cours de laquelle Donald Trump a accepté la nomination du Parti républicain. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSLe 2 juin, à Minneapolis ( Minnesota), des barricades bloquent les routes menant à l’endroit où George Floyd est mort. Le site est depuis un lieu de paix et un sanctuaire. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSLes commerces de Minneapolis (Minnesota) autour du poste de police détruit, le 1er juin. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSLa garde nationale dans les rues de Minneapolis (Minnesota), le 1er juin. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSLe quartier de Time Square, à New York, le 18 mars. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSLe Park Domino, à Brooklyn, au début de la crise liée au Covid-19, 18 mars. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSUn hôpital de campagne pour les victimes du Covid-19 installé dans Central Park, à New York, le 10 mai. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSRayons vides dans un magasin d’Easton (Maryland), le 28 avril. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSManifestation contre les mesures sanitaires mises en place pour lutter contre l’épidémie, à Annapolis (Maryland), le 18 avril. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSLa maison funéraire Leo Kearns, dans le Queens à New York, tente de réguler les demandes des familles des victimes du virus. En mai, l’établissement a du acquérir un conteneur réfrigéré pour conserver les corps. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSUne famille se rend à la maison funéraire Leo Kearns après avoir transmis les recommandations pour la cérémonie, le 7 mai dans le Queens, à New York. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSLe directeur de la maison funéraire Leo Kearns, dans une salle de préparation des défunts, le 5 mai dans le Queens, New York. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSA Portland (Oregon) à la suite de mort de George Floyd, plus de 100 nuits de manifestations se sont succédée. Ces démonstrations non violentes se sont souvent soldées par des arrestations. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSManifestation des Proud Boys, groupuscule d’extrème droite, le 26 septembre, à Portland (Oregon). PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSAffrontements entre des membres des Proud Boys, groupuscule d’extrême droite, et la police, le 26 septembre, à Portland (Oregon). PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSDes membres des Proud Boys, se prennent en photo lors d’une journée de rassemblement, le 26 septembre à Portland (Oregon). PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSUn membre des Proud Boys, à Portland (Oregon) le 26 septembre. Les Proud Boys est un groupuscule d’extrême droite exclusivement masculin, proche de l’idéologie suprémaciste blanche. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSDes membres d’une milice noire posent devant les photographes lors d’une manifestation Black Lives Matter à Portland. En parallèle a lieu le rassemblement des Proud Boys dans un parc voisin, le 26 septembre. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSLors d’un rassemblement d’une milice de droite à Cox’s Park à Louisville (Kentucky) sur le Kentucky Derby, le 15 juin. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSVu du ciel, des plantations de sapins dévastées par les incendies le long de la côte ouest des Etats Unis, à Gates (Oregon). PETER VAN AGTMAEL/ MAGNUM PHOTOSLe 15 juin, à Washington, les manifestants se rassemblent au Black Lives Matter Plaza, près de la Maison Blanche, après que Donald Trump a accepté d’être le candidat officiel à la la présidence. PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOSA Richmond ( Virgine) la statue du General A.P. Hill in Richmond, général confédéré. PETER VAN AGTMAEL/ MAGNUM PHOTOSA Richmond ( Virginie) le 15 juin, la statue couverte de graffiti du général sudiste Robert E. Lee. Au cours de l’été 2020, les questions de justice raciale ont conduit à la destruction de monuments. PETER VAN AGTMAEL/ MAGNUM PHOTOS