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On a connu message d’adieu plus diplomatique : « Bon débarras, Mike Pompeo. Après son départ, le monde ne s’en portera que mieux », a estimé, lundi 18 janvier, l’agence de presse Chine nouvelle. « Sous sa direction, la conduite diplomatique des Etats-Unis est devenue chaotique et destructrice, moralisatrice et condescendante comme jamais auparavant. En dépit des ravages qu’il a causés dans le monde entier au fil des ans, M. Pompeo a toutefois réussi à accomplir quelque chose : il a dévoilé au monde le vrai visage d’un Washington arrogant, hypocrite et autoritaire », assène l’agence officielle chinoise.
La Chine voit donc sans déplaisir Donald Trump quitter la Maison Blanche, même si sa gestion catastrophique de l’épidémie de Covid-19 et l’assaut sur le Capitole du 6 janvier ont amplement nourri la propagande de Pékin. Celle-ci a pu, a contrario, mettre en avant la supposée « supériorité de la gouvernance socialiste aux caractéristiques chinoises ». Depuis que, le 11 janvier, le président Xi Jinping a déclaré que « le temps et la situation sont en notre faveur », il est désormais de bon ton de gloser, dans les médias chinois, sur le déclin de l’Occident et la montée en puissance de la Chine. Surtout que la guerre commerciale lancée en 2018 contre la Chine par Donald Trump s’est révélée un échec. « Les guerres commerciales sont bonnes et faciles à gagner », s’était vanté l’hôte de la Maison Blanche en mars 2018. Pourtant, selon les chiffres publiés le 14 janvier, l’excédent commercial chinois avec les Etats-Unis a bondi de 7,1 % en 2020, à 316,9 milliards de dollars.
« Incertitude »
Malgré tout, la Chine est sans illusions sur les relations à venir avec Joe Biden. « L’approche fondamentale de compétition stratégique avec la Chine, qui reflète le point de vue majoritaire tant chez les démocrates que chez les républicains, ne devrait pas être très différente de celle de l’administration Trump. Ce qui pourrait changer réside dans la manière dont cette politique est mise en œuvre, mais là, c’est l’incertitude : la nouvelle direction dépendra de l’évolution de la politique américaine », analyse Liru Cui, chercheur au Taihe Institute, un centre de recherche chinois, dans le China Daily du 19 janvier.
La nomination par Joe Biden de Laura Rosenberger comme responsable de la Chine au Conseil national de sécurité auprès du président n’a rien pour rassurer Pékin. Ancienne conseillère de Hillary Clinton en 2016, elle était depuis 2017 la directrice d’Alliance for Securing Democracy, une initiative créée avec le German Marshall Fund (GMF) pour dénoncer les interférences étrangères dans la politique américaine. Au printemps 2020, Mme Rosenberger a ainsi mis en avant à plusieurs reprises la censure de Pékin à l’égard des rares Chinois qui osaient critiquer sa gestion du Covid-19. Elle avait également fustigé la propagande de Pékin ainsi que sa « diplomatie du masque », destinée, selon elle, à diviser les Européens et à éloigner l’Union européenne des Etats-Unis.
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