Pékin n’exclut pas d’intervenir à Hongkong

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Face au mouvement de contestation sans précédent qui secoue l’ancienne colonie britannique depuis deux mois, les autorités chinoises continuent de hausser le ton.

Par Publié aujourd’hui à 06h50, mis à jour à 06h51

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Yang Guang, porte-parole du cabinet chinois des affaires étrangères, le 6 août à Pékin.
Yang Guang, porte-parole du cabinet chinois des affaires étrangères, le 6 août à Pékin. MARK SCHIEFELBEIN / AP

Face au mouvement social sans précédent qui secoue Hongkong depuis deux mois, les autorités chinoises continuent de hausser le ton, n’excluant pas une intervention des forces de l’ordre de Chine continentale même si ce n’est pas le scénario qu’elles semblent privilégier.

Dans un premier temps, Pékin a durant plusieurs semaines minimisé l’ampleur du mécontentement généré par un projet de loi permettant les extraditions vers la Chine continentale. Il n’y aurait eu, selon les autorités chinoises, que 240 000 manifestants le 16 juin et non deux millions comme annoncé par les organisateurs et les observateurs.

A l’époque les manifestations étaient d’ailleurs censurées par les médias chinois. Depuis juillet et l’invasion du Legco, le Parlement de Hongkong par des manifestants, ce n’est plus le cas. La « région administrative spéciale » a même les honneurs du grand journal télévisé de CCTV avec deux thèmes mis en avant : la violence des manifestants, souvent qualifiés d’émeutiers et les rassemblements organisés au contraire en soutien au régime chinois.

De même, muet depuis la rétrocession de Hongkong à la Chine en 1997, le Bureau des affaires de Hongkong et de Macao à Pékin a pris la parole à deux reprises ces derniers jours : le 29 juillet et le 6 août. Signe que la crise est gérée depuis Pékin, ce sont les responsables de ce Bureau qui ont donné leur lecture de la grève générale du 5 août – une première dans l’île depuis 1997 – et non Carrie Lam, la chef de l’exécutif hongkongais.

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L’ambiguïté est de mise

Ce mardi, Yang Guang, porte-parole du Bureau des affaires de Hongkong et de Macao a adopté un ton à la fois martial et relativement mesuré. Certes « ceux qui jouent avec le feu périront par le feu », a-t-il menacé. Et « le gouvernement central n’acceptera aucun désordre que le gouvernement de Hongkong ne peut pas contrôler et qui menacerait l’unité ou la sécurité nationale ». Mais dans le même temps, il a jugé que seuls « un très petit groupe de criminels peu scrupuleux et violents » menaçait Hongkong.

Le temps n’est plus où tous les manifestants étaient qualifiés d’« émeutiers ». Par ailleurs, interrogé sur une possible intervention de l’armée chinoise à Hongkong, Yang Guang a répondu que « le gouvernement et la police de la ville sont tout à fait capables d’écraser les délits violents et de restaurer l’ordre et la paix ». L’ambiguïté reste donc de mise.

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