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Paul Volcker, l’homme qui terrassa l’inflation, est mort dimanche 8 décembre, à New York, à 92 ans. Président de la banque centrale américaine, la Fed, de 1979 à 1987, Paul Volcker mis fin à la stagflation, qui affligea les économies occidentales dans la foulée des deux chocs pétroliers de 1973 et 1979.
Cet homme austère fut désigné en 1979 par le président démocrate Jimmy Carter. Sa nomination marqua la fin des présidents de la Fed soumis au pouvoir politique et aux décisions monétaires accommodantes censées doper la croissance mais qui ne faisaient qu’accélérer l’inflation. Le démocrate Paul Volcker était un faucon et devint l’un des présidents de la Fed les plus impopulaires en administrant à l’économie américaine un remède de cheval : des taux d’intérêts qui atteignirent jusqu’à 20 % en 1980.
Ce fut un succès, le banquier central parvenant à juguler l’inflation qui minait l’économie américaine. Elle avait atteint un maximum de 14,8 % en rythme annuel début 1980. Mais ce fut au prix de deux récessions lors de son premier mandat. Le chômage atteignit jusqu’à 10,8 % en 1983 tandis que les fermiers américains, étouffés par la dette, allèrent manifester devant la Fed à Washington. Son règne coïncide avec la bascule économique néolibérale de la fin du XXe siècle, marquée par l’arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher au Royaume-Uni en 1979 et de Ronald Reagan aux Etats-Unis en 1981.
Indépendance farouche
La lutte contre l’inflation, aujourd’hui oubliée, fut longue et difficile. Ce n’est qu’à partir de 1982 que celle-ci fut maîtrisée pour tomber à 3,2 % à la fin de son premier mandat. Le président Reagan décida de le reconduire à la présidence de la Fed, mais désigna aussi des personnalités au comité de politique monétaire pour lui faire contrepoids. Une fois, même, Paul Volcker fut mis en minorité par son son conseil, ce qui était extrêmement rare.
Dans ses Mémoires, citées par le Wall Street Journal, l’ancien banquier central racontait qu’il fut convoqué peu avant l’élection de 1984 par le directeur de cabinet de Ronald Reagan, James Baker III, qui lui demanda, en présence de Reagan, de ne pas augmenter ses taux directeurs avant le scrutin. Paul Volcker, qui n’en avait pas l’intention, n’en dit rien à ses collègues. La traduction d’une indépendance farouche inaugurée sous son mandat et qui est aujourd’hui battue en brèche par l’interventionnisme de Donald Trump, qui ne cesse de fustiger son lointain successeur Jerome Powell sur Twitter.
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