Accusé de concurrence déloyale par des acteurs locaux, le groupe français JCDecaux a défendu le 5 février ses deux contrats obtenus en juillet 2018 à Abidjan et présenté sa stratégie de développement en Côte d’Ivoire.
JCDecaux, le géant mondial de la communication extérieure, a dévoilé le 5 février à Abidjan sa stratégie de développement en Côte d’Ivoire, répondant aux accusations de concurrence déloyale formulée par des acteurs locaux de la publicité.
« Abidjan concentre 90% des activités de publicité dans le pays. C’est pourquoi nous nous centrons sur cette zone. Nous sommes transparents dans tous nos process. Nous n’avons pas d’exclusivité, le marché est très ouvert », s’est ainsi défendu Philippe Landrieu, le directeur général de JCDecaux, en conférence de presse.
L’attribution en 2018 de certaines concessions locales à JCDecaux avait soulevé l’ire de la Chambre des afficheurs de Côte d’Ivoire (Cafci), qui avait saisi les autorités ivoiriennes, mais le dossier est toujours en cours d’instruction.
Une stratégie centrée sur Abidjan
Dans ce secteur dont les investissements annuels globaux sont estimés entre 60 et 70 milliards de francs CFA, le groupe JCDecaux a signé en juillet 2018 avec la Société des transports abidjanais (Sotra) une concession pour l’exploitation de ses espaces sur une période de deux décennies. Le contrat porte sur la conception, l’installation, l’exploitation et la maintenance de 300 abribus publicitaires et 300 poteaux d’arrêt sur le réseau de la Sotra. Il comprend également l’exploitation publicitaire des bus, gares, terminaux de bus et bateaux-bus dans le district d’Abidjan.
Cocody bénéficiera d’équipements de même niveau que ceux de Londres, Sydney ou Milan
Ce même mois, JCDecaux a conclu un accord de 20 ans avec la commune de Cocody pour le déploiement dans toute la localité de mobiliers publicitaires d’information. L’état-major local de JCDecaux a annoncé la mise en œuvre dès 2019 de ces deux contrats.
Pour la convention concernant le mobilier urbain de la commune de Cocody, le groupe publicitaire table sur l’installation de sanitaires automatiques, issus de la dernière génération, et sur une centaine de mobiliers pour les informations municipales et directionnelles. Cocody bénéficiera ainsi d’équipements de même niveau que ceux de Londres, Sydney ou Milan, a souligné l’entreprise JCDecaux.
‘We thought we had lost the Premier League’: Man City star Gabriel Jesus feared Newcastle defeat had ended their title chances as they move above Liverpool after win at Everton
Pep Guardiola‘s men were left reeling by a shock 2-1 loss at struggling Newcastle last Tuesday, meaning Jurgen Klopp‘s Reds boasted a four-point lead with a game in hand.
But Liverpool wobbled the following evening by drawing 1-1 at home to Leicester – before being held to the the same scoreline at West Ham on Monday.
Gabriel Jesus celebrates with Fernandinho after scoring Man City’s second goal at Everton
The Brazilian forward rounded off City’s vital win at Goodison Park on Wednesday evening
City have returned to the Premier League summit on goal difference, overtaking Liverpool
City have capitalised on those slip ups by following up their 3-1 win against Arsenal with a 2-0 triumph at Everton on Wednesday.
It puts the reigning champions top of the Premier League on goal difference and acts as a psychological lift for the side, even if Liverpool have a game in hand.
‘A few days ago, we thought we had lost the Premier League,’ Jesus said.
‘Now we are top of the league, even if it’s because we have played one game more.
‘It is good, it is good to be back in the race and we will do our best to win all our games and do our job. That is the most important thing for now.
‘After Newcastle, it was very tough on us. We were very disappointed, more than anyone else. The players, the staff… we were all very, sad because we all thought we had lost the league in that game.
‘Fortunately, Liverpool drew against Leicester and that gave us a little bit of hope. Then there was another draw against West Ham and that means the race is on. Mentally, it is a big boost for us.
Jesus believes it is psychologically important for City to regain top spot in the Premier League
Manager Pep Guardiola celebrates with a clenched fist after Jesus secured the three points
Man City run-in
Fixtures subject to alteration
Sunday Chelsea (H)
February 27 West Ham (H)
March 2 Bournemouth (A)
March 9 Watford (H)
March 16 Manchester United (A)
March 30 Fulham (A)
April 6 Cardiff City (H)
April 13 Crystal Palace (A)
April 20 Tottenham (H)
April 27 Burnley (A)
May 4 Leicester City (H)
May 12 Brighton (A)
‘We will try to keep doing our job and don’t relax as we did against Newcastle.’
City have another tough league clash at home to Chelsea coming up this weekend.
Maurizio Sarri’s men have had their ups and downs of late, but inflicted City’s first Premier League defeat of the season as they ran out 2-0 winners in December.
‘We know we are not only playing against one of the best sides in the Premier League but in the world,’ Jesus said of Sunday’s opponents.
‘We played there, we lost. We played them in the Community Shield at the beginning of the season and won.
‘At home, with our fans, we will try to do our best to win the game and keep the pressure on.’
After Sunday’s game attention switches away from the Premier League, with the FA Cup tie at Newport and Champions League last-16 first leg against Schalke followed by taking on Sarri’s Blues again in the Carabao Cup final.
City’s win at Everton could provide highly significant come the end of the season
‘In my opinion, it is not problematic at all – especially when you have a squad like ours,’ Jesus said of competing on four fronts. ‘If we don’t have injuries – and I hope that we don’t – then I think we can cope, no problem at all.
‘The worst thing for us is having to wait to play, when you have seven days or 10 days between games. It is so boring when you have seven days without a game.
‘This is what we love to do. It is good to have lots of games as it means we are fighting for everything. Mentally it is good. We will try to do it.’
Dans une tribune au « Monde » cosignée par Jean-Luc Mélenchon, un collectif de personnalités de gauche milite pour une solution politique et pacifique.
Par CollectifPublié aujourd’hui à 09h57, mis à jour à 10h08
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Le président vénézuélien Nicolas Maduro, devant des militaires, le 6 février à Maracaibo. HANDOUT / REUTERS
Tribune. L’heure est grave au Venezuela. Ce pays traverse la crise économique, sociale, politique et démocratique la plus dramatique de son histoire. Il est désormais menacé à très court terme d’une déflagration dont les conséquences seraient incalculables et déstabilisatrices pour l’Amérique latine, région jusque-là épargnée par les guerres.
Pourtant, dans ce contexte, la diplomatie française s’est de fait alignée par Tweet compulsifs d’Emmanuel Macron sur les positions les plus radicalement agressives promues par les Etats-Unis et leurs quelques alliés latino-américains.
Cet alignement aveugle n’est pas admissible tandis que s’installe en Amérique latine un climat de nouvelle guerre froide. Il faut prendre au sérieux les déclarations de Washington. A la question « les Etats-Unis envisagent-ils une intervention militaire ? » au Venezuela, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, n’a de cesse de répéter : « Toutes les options sont sur la table. » De fait, les ingrédients sont aujourd’hui réunis pour une escalade qui, si elle n’est pas arrêtée au plus vite, conduira au pire, à la violence, à la guerre civile, à la guerre tout court.
L’ingérence ne règle pas les crises
Le Venezuela est prisonnier d’un conflit civil qui a polarisé à l’extrême l’ensemble de la société et altéré l’Etat de droit et la démocratie. Il faudrait se positionner par rapport à une alternative faussement abstraite : faut-il soutenir le camp de Nicolas Maduro ou celui de Juan Guaido ? Faut-il soutenir celui du président constitutionnel mais contesté ou celui du président « par intérim » autoproclamé, dont la légitimité ne provient pas du suffrage universel ? En réalité, la question n’est déjà plus celle-ci. Ce dont il est question désormais, c’est de stopper d’urgence les logiques de surenchère et d’ingérence partisanes activées au nom de la « démocratie » et des droits de l’homme pour servir, in fine, une stratégie de « changement de régime ».
« Ce dont il est question désormais, c’est de stopper d’urgence les logiques de surenchère et d’ingérence partisanes »
Au Venezuela comme ailleurs, les résultats de cette approche sont connus d’avance. Les crises de cette ampleur, complexes et bloquées, ne se règlent jamais par la force, l’ingérence, l’interventionnisme direct ou indirect. L’histoire de ce premier quart de siècle entamé, de l’Irak à la Libye en passant par la Syrie, ne nous a que trop édifiés quant à cette question. Partout, toujours plus de chaos, de violence, de désordres, et toujours moins de démocratie, de paix et de prospérité.
Photo d’illustration : La police a récupéré Rs 1,3 millions
La police a découvert un sac contenant Rs 1,3 million ce jeudi 7 février. Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’agit de l’argent volé au préjudice de Stevenhills le 4 février dernier.
La découverte a été faite par limiers de la Criminal Investigation Division de Quartier-Militaire menés par l’inspecteur Vishal Cowlessur et l’inspecteur Rajcoomar Seewoo de la Special Anti Robbery Squad de la SSU. Le sac était caché dans une plantation de thé à Nouvelle-France. Pour rappel, la somme de Rs 1,6 million avait été volée d’une voiture garée sur le parking d’un supermarché à Saint-Pierre. L’argent provenait de la recette de plusieurs branches de la maison de jeu Stevenhills.
«C’est une escroquerie intellectuelle…» Ce sont là les mots utilisés par le Senior Lecturer de l’Université de Maurice, Rajen Nursinghen, pour dénoncer la suppression de 25 % des cours proposés au campus de Réduit. Cette décision concerne surtout les cours à temps partiel. Rajen Nursighen, dans une déclaration à Radio Plus ce jeudi, estime que les cours où il y 15 à 20 étudiants doivent être maintenus.
Ecoutez ses explications sur notre «player» plus haut.
Un motocycliste a perdu la vie dans un accident de la route ce jeudi 7 février à Palma. Il est mort sur le coup après avoir été percuté par une voiture aux alentours de 16h30. L’identité de la victime et les circonstances exactes de l’accident sont pour l’heure inconnues.
La police de Quatre Bornes a été mandée sur les lieux, mais la victime a rendu l’âme coincée sous la voiture.
L’athlète aveugle, Rosario Marianne ne compte pas baisser les bras pour obtenir justice. Cet athlète de haut niveau veut légitimement obtenir sa licence pour pouvoir représenter l’île dans des compétitions internationales. C’est ce que lui refuse le Mauritius Paralympic Committee et la Visually Handicapped Persons Sport Federation (VHPSF). L’un joue aux abonnés absents et l’autre invente toutes sortes d’excuses pour retarder l’échéance. Sa dernière trouvaille :
« The federation has no records of your performance at national level in order to recommand you for an international license…».
Pourtant, Rosario Marianne a obtenu la médaille d’or aux derniers Jeux des iles de l’océan Indien (JIOI) et a participé à plusieurs compétitions locales et internationales et a participé aux Championnats du monde en juillet 2017 à Londres. La VHPSF n’est-elle pas en présence de ces résultats ?
Rosario Marianne envisage d’entamer une grève de la faim à partir du mardi 12 février s’il n’obtient pas sa licence internationale au plus tard le 11 février. « Je me sens blessé au plus profond de mon âme. J’ai à cœur de servir et représenter mon pays. Mais ce boycott est en quelques sortes un frein à toutes mes bonnes volontés Je ne voulais pas en arriver jusqu’à entamer une grève de la faim, mais ai-je le choix ? », témoigne Rosario Marianne, la voix cassée par l’émotion.
Ce sportif de haut niveau explique que c’est en quelque sorte une entrave à sa liberté. « Selon le Sports Act, j’ai tout à fait le droit de quitter un club pour un autre. Ai-je fait une faute si j’ai décidé de changer de club ? », ajoute-t-il.
Rosario Marianne a envoyé un courrier électronique dans la journée de mercredi à la VHPSH pour lui faire part de son intention. L’athlète affirme que sa camarade de club, Andora Asaun subit le même genre d’injustice qu’il juge inacceptable.
La réponse de la VHPSF
Probablement devant la menace de voir un de ses athlètes se mettre en grêve de la faim, la VHPSF a enfin réagi à travers un courrier adressé à Rosario Marianne dans la journée de mercredi dans lequel on peut lire : « The federation has no records of your performance at national level in order to recommand you for an international license…».
No records ? Médaillé d’or au 100m aux derniers JIOI, finaliste du 100m aux Championnats du monde 2017 à Londres. Médaillé d’or au 100m, 200m et au lancer du poids aux National Handisport Games. Ce sont des compétitions de ce qu’il y de plus officielles et dont les résultats peuvent être consultés sur les sites de ces institutions.
Autre point qui interpelle dans ce bras de fer entre l’athlète et sa fédération demeure sans conteste la réponse de la VHPSF, la première après plusieurs mois d’attente de Rosario Marianne. Cette lettre, signée du secréraire de la VHPSF se lit comme suit :
« We wish to inform you that your request for the renewal of your licence has been considered during a meeting held on 12th January 2019 and same has been renewed up to 21th January 2019. We appologise for not informing you earlier... ». Entre le moment où la décision a été prise de lui remettre sa licence et celui où la lettre a été envoyée, un mois s’est écoulé. Ce ‘contretemps’ a coùté à Rosario Marianne une participation au Grand Prix de Dubai et un Meeting à Sharjah, qui se tiennent successivement du 18 au 27 février courant, qui auraient pu valider sa qualification pour les Mondiaux 2019.
Encore faut-il pour cela qui obtienne sa licence internationale. Chose que la VHPSF refuse de faire pour l’heure arguant « having no records on your performance », disent les dirigeants.
Tout ce que peut espérer l’athlète est que la Fédération ne revienne de meilleurs sentiments ou qu’une quelconque personne ou institution leur rapelle qu’une fédération sportive, qui se respecte, travaille dans l’intérêt du sportif, non pas le contraire.
Notons qu’Inside News a en vain tenté d’avoir une réaction de Krisley Appadoo, président du Mauritius Paralympic Committee (MPC).
L’affaire Rosario Marianne – Acte II : c’est toujours la galère !
Avez-vous une histoire à raconter ou y a-t-il quelque chose que vous pensez que nous devrions donner suite à cet article? … Envoyez vos histoires et commentaires à [email protected]
The island of Mauritius is bracing itself for a double threat to its coral reef — climate change and the El Nino weather pattern, which could hit the Indian Ocean …
Jadon Sancho has revealed the tattoo on his left arm is a tribute to his younger brother who died when the England star was just five-years-old.
The Borussia Dortmund forward wrote a poem in grief at the time of his sibling’s death and has since had it inked on his arm as a constant source of ‘inspiration’.
Jadon Sancho has revealed the tattoo on his arm is a tribute to his younger brother who died
The Borussia Dortmund forward wrote a poem in grief at the time of his sibling’s death
He said: ‘All I want is to make him proud. He is my inspiration.’
The poem reads: ‘You and me will stay together, you made us happy, you brought us joy, you were a special baby boy.
‘I couldn’t wait till you grew up, teach you football and win the cup.
‘But you’re gone what can I do? Baby brother, we love you.’
Sancho suffered more heartbreak recently when his grandmother died and he dedicated his memorable winner in the Revierderby against Schalke to both her and his little brother.
Sancho added: ‘That goal was for him and my nan, who passed away that week.
‘I got emotional, but family is important. That’s why I do this football thing, to make them proud and happy.’
Sancho joined Dortmund for £8m in 2017 and his career has gone to new heights since
Sancho opted to leave Manchester City and join Dortmund for £8million in 2017 and his career has gone to new heights since leaving for Germany.
He has scored six goals and added 10 assists in the Bundesliga this season and made his first start for England against the USA at Wembley in 2018.
‘Everyone’s said I exploded in 2018 and, honestly, that’s how it feels,’ he added.
‘It’s been the best year of my life. If you’d told me a year ago that I’d be talking to you now, I’d have thought you were crazy.’
‘Why Dortmund? It speaks for itself: youngsters get opportunities. You’ve got to thank Dortmund, because it’s unheard of for a team that gets 80,000 fans at every home game to put so much faith in youngsters.
‘It was crazy how many clubs wanted me – it shows how well you’re doing, but I always felt Dortmund was right for me.’
Donald Trump salue son conseiller, Steve Bannon, le 22 janvier 2017 lors de l’installation de son équipe à la Maison Blanche. Mandel Ngan / AFP
Si la politique est un terrain de jeu particulièrement fécond pour la diffusion de « fake news », les questions de santé ne sont pas en reste, que ce soit les vaccins ou les grandes épidémies. Ayant travaillé avec une anthropologue de la santé, Laetitia Atlani-Duault, de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), sur les conversations sur Twitter et Facebook au pic de l’épidémie d’Ebola de l’automne 2014, j’avais décidé de reprendre notre corpus pour étudier la manière dont certaines rumeurs et mensonges avaient circulé, notamment en Afrique.
Une troublante découverte
Mais en regardant de plus près les choses, concernant les informations manipulées ayant circulé aux Etats-Unis à cette époque, c’est une troublante découverte que nous avons faite. Tous les ingrédients, qui ont fait de la campagne présidentielle américaine de Donald Trump le poison délétère que chacun connaît, étaient déjà réunis deux ans avant, au sujet d’Ebola. Au point qu’on peut légitimement se demander si Ebola n’a pas été consciemment un terrain d’expérimentation des arguments de campagne sécuritaires du candidat soutenu par l’« alt-right » (mouvance d’extrême droite) et une façon de roder leurs techniques de fabrication des « fake news ».
Alors que Donald Trump n’est encore officiellement candidat à aucune investiture politique, il s’est montré dès le début de l’épidémie particulièrement actif sur Twitter à son sujet. En deux mois et demi, il a martelé dans plus de quarante tweets qu’il fallait fermer les frontières aériennes américaines aux vols en provenance des pays touchés.
Des tweets de Donald Trump datant du début du mois d’octobre 2014. Twitter
Il a fustigé la faiblesse supposée criminelle du président Obama, qui refusait de prendre une telle mesure. Le traitant d’incompétent, de « stupid »… Autant de sobriquets infamants qu’il utilisera plus tard contre sa rivale démocrate Hillary Clinton.
Breitbart, le site dit d’information de Steve Bannon, éminence grise du candidat Trump quelques trimestres plus tard, a lui aussi été hyperactif sur le sujet. Le correspondant du site au Texas a relayé avec complaisance, et sur un ton anxiogène, toutes les rumeurs ayant pu surgir au sujet de contaminations Ebola intervenues aux Etats-Unis, quitte à démentir après et annoncer que non, finalement, il n’y avait pas de cas d’Ebola. L’important était d’entretenir un climat anxiogène.
C’est ce même correspondant qui va se mettre à compter le nombre de vols ou de passagers autorisés à atterrir sur le sol américain en provenance des pays touchés, pour sous-entendre l’ampleur de la menace qui pèse sur ses concitoyens.
Idée saugrenue
Et le plus troublant est la façon dont Breitbart va indexer ses articles. Pas de trace du mot « santé », pas d’« Ebola », pas d’« épidémie ». Non, aucun de ces mots-clés qu’on pouvait s’attendre à voir figurer. En lieu et place, « border », c’est-à-dire « frontière ». Ici, le plus souvent la frontière aérienne – il faut stopper les vols en provenance des pays touchés. Mais les commentaires des internautes au pied des articles et d’autres médias « alt-right » n’hésitent pas à élargir le spectre à la frontière canadienne ou mexicaine, avec association à Daech.
Sans parler de l’idée saugrenue que des djihadistes pourraient se faire volontairement inoculer Ebola, puis viendraient passer la frontière et agir comme des bombes humaines, disséminant la mort autour d’eux. Un vaste amalgame frontière, insécurité, terrorisme, Ebola se développe donc dans la sphère de la droite réactionnaire américaine à l’automne 2014.
Si l’on s’entend sur une définition des « fake news » comme des informations fausses, souvent sensationnelles, forgées de toutes pièces et diffusées sous le couvert de reportages journalistiques, alors on constate que – dès l’automne 2014 – Ebola a permis de déployer des savoir-faire en la matière qu’on va retrouver s’épanouir en 2016. Contentons-nous de détailler un exemple afin d’entrer dans le détail des procédés à l’œuvre.
Fabrication d’un mensonge
Les autorités sanitaires annoncent toutes depuis longtemps que la transmission d’Ebola se fait par un contact avec les fluides corporels des personnes touchées, excluant donc la transmission par inhalation d’air où aurait respiré un malade (transmission « airborne » en anglais). Pour tout manipulateur d’angoisse, c’est fort dommage car rien de mieux qu’une impalpable transmission possible, planant dans l’air, invisible, pour provoquer la panique. L’« alt-right » va donc s’y employer, quitte à fabriquer un mensonge diffusé sur les réseaux sociaux, selon des modalités qui prendront leur plein essor deux ans plus tard. Reprenons brièvement le modus operandi.
Le Cidrap (Center For Infectious Disease Research And Policy) de l’université du Minnesota fait paraître sur son blog, le 17 septembre 2014, un « commentary » cosigné par deux chercheuses en santé d’une université à Chicago au sujet de la méthode optimale de protection des personnels de santé en lien direct avec des malades infectés. Commentaire qui « reflète l’opinion personnelle des auteures », comme cela est écrit bien en évidence.
Spécialiste des systèmes de protection de santé, Lisa Brosseau pense que les sécrétions corporelles contaminantes peuvent se volatiliser sous forme de gouttelettes susceptibles d’être inhalées à la respiration. Donc, elle conclut que le port d’un masque simple pourrait ne pas suffire pour les soignants. Article technique, aride, où les mots sont choisis et prudents, il va être instrumentalisé à des fins de généralisation abusive.
Des comptes de la fachosphère américaine
Le 2 octobre suivant, sur un blog à bonne diffusion, un premier article sort s’inspirant de ce texte initial : « Ebola pourrait devenir airborne. » Plusieurs citations du texte de Lisa Brosseau sont faites, mais en omettant le contexte et en faisant croire que cela nous concerne tous et non pas seulement les personnels soignants en lien direct avec les malades.
Faute d’impact suffisant, le même site republie, le 10 octobre, un article quasi similaire dans son contenu mais avec deux changements importants. Il indique que c’est le Cidrap qui atteste de cette découverte et, selon le titre, qu’il y a « une preuve scientifique qu’Ebola soit transmissible par l’air ». Cette version plus anxiogène – et plus déformante – du texte initial va servir de base à l’orchestration manipulatoire par l’« alt-right ».
Deux jours après, Breitbart publie un article intitulé : « Medical Research Org. Cidrap : Ebola Transmittable By Air ». Cet article va être republié sur des sites de la même mouvance comme Inquisitr, relayé sur les comptes de la fachosphère américaine et aussi sur un compte Twitter usurpateur de l’université du Minnesota. L’imitation est grossière, mais qu’importe. L’enjeu est d’accréditer au début que le contenu de l’article de Breitbart est véridique puisque même l’université qui héberge le centre de recherche du Cidrap relaie l’information sur son compte Twitter.
Vrai et faux comptes Twitter de l’université du Minnesota. DR
A partir de là, c’est un discours de peur qui est mis en scène sur les réseaux sociaux, comme dans ce photomontage grotesque concernant Air France, la compagnie d’un pays connu pour ses liens forts avec l’Afrique.
Ebola, Air France et les ailes de la mort. Twitter
Bien sûr, l’université du Minnesota et le Cidrap vont publier des démentis, mais qu’importe, le mal est fait. D’ailleurs, le 30 novembre 2015, Breitbart republiera un article sur Ebola en s’autocitant un an avant et en signalant de nouveau que le Cidrap avait reconnu scientifiquement la contamination par l’air.
En regardant ce procédé de « fake news », on serait en droit de dire, pour que le parallèle avec l’élection de 2016 soit complet, qu’il faudrait un ingrédient russe à ce cocktail sulfureux. Et bien on l’a trouvé aussi. Le blog de syndication de publications d’où la manipulation est partie, la première fois comme un pétard mouillé, puis la seconde fois avec plus de mensonges, est outrageusement pro-russe.
Zero Hedge, c’est son nom, est dénoncé comme organe d’ingérence étrangère dès cette époque, le 20 novembre 2014, par l’universitaire Craig Pirrong en des termes lucides et explicites : « J’ai souvent écrit que Zero Hedge suivait le modus operandi d’une opération d’agit-prop soviétique, qu’il colportait de manière fiable la propagande russe. Mon premier post sur ce sujet, il y a presque exactement trois ans, faisait déjà ressortir le parallèle entre Zero Hedge et Russia Today. Il y a quelques jours, Zero Hedge a publié un article qui illustre parfaitement comment il diffuse de la propagande russe calomniant les Etats-Unis et d’autres ennemis de la Russie, tels que l’Ukraine. »
Idéologie xénophobe
Et tout son texte est à l’avenant. Il écrit ainsi : « Entrer dans une publication Web très lue, telle que Zero Hedge, qui est ensuite relayée par de nombreuses autres sources et largement tweetée, garantit que le mensonge devient viral. (…) Zero Hedge est une importante courroie de transmission qui diffuse l’histoire des propagandistes russes aux consommateurs occidentaux d’informations. Ça arrive souvent. » Nous sommes bien trois ans avant les accusations du procureur Mueller sur l’influence étrangère russe dans la campagne présidentielle !
Face à tant de données convergentes, il est impossible de parler de coïncidences. Il faut y voir lucidement ce qui est : un système organisé de manipulation de la peur qui instrumentalisait Ebola pour défendre un agenda sécuritaire qui allait marteler la question de la frontière comme marqueur de différenciation politique.
Parti en quête de propos mensongers sur Ebola, nous sommes tombés nez à nez avec Donald Trump, Breitbart, un site russophile et des « fake news ». Tout ce petit monde se faisait visiblement les griffes en attendant de déployer son idéologie xénophobe et ses armes de manipulation massive à une plus vaste échelle à l’occasion de l’élection présidentielle de 2016 aux Etats-Unis.
Arnaud Mercier est professeur en information-communication à l’Institut français de presse (Université Paris-2 Panthéon-Assas).
Cet article a d’abord été publié sur le site de The Conversation.