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Seul au monde, Emmanuel Macron ? Sur trois dossiers majeurs, le président français a provoqué une onde de choc chez ses partenaires européens. Sur l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), tout d’abord, lorsqu’il a décrit l’organisation en « état de mort cérébrale » dans un entretien, début novembre, à The Economist. Sur le rapprochement avec la Russie, ensuite, en appelant à « repenser la relation stratégique » avec Moscou, confirmant ainsi un tournant amorcé dès cet été, lors de la réunion des ambassadeurs à Paris. Sur l’élargissement de l’Europe, enfin, la France a mis son veto à l’ouverture de négociations avec la Macédoine du Nord et l’Albanie.
« J’assume », répétait encore M. Macron à la veille de l’ouverture du sommet de l’OTAN, qui doit s’ouvrir mardi 3 décembre, à Londres. Au-delà du manque de concertation dénoncé à la quasi-unanimité par des alliés agacés par la méthode, les avis, cependant, apparaissent plus nuancés sur le fond. « Il n’a pas tort, même quand il parle d’une Union européenne [UE] au bord du gouffre. Mais pourquoi s’exprime-t-il toujours de cette manière tellement française… », réagit un ambassadeur auprès de l’UE, résumant un propos souvent entendu à Bruxelles.
« On sent bien que, même si nous avons douloureusement résolu la crise grecque et conclu de la moins mauvaise façon la question migratoire, rien n’est vraiment réglé, poursuit le diplomate. La relation avec Washington, Moscou, Pékin ; la montée des forces populistes, sans doute temporairement endiguée… Oui, Macron a raison. Mais, s’il fait la course en tête, il pourrait bien se retourner un jour et voir qu’il a semé le peloton. »
« si Macron fait la course en tête, il pourrait bien se retourner un jour et voir qu’il a semé le peloton », observe un diplomate européen
Pendant ce temps, la relation franco-allemande bégaie. « Les prises de position d’Emmanuel Macron, autant que sa façon de les exposer, suscitent des inquiétudes », explique Norbert Röttgen, président de la commission des affaires étrangères du Bundestag, en relevant « un fréquent décalage entre le ton fracassant du président français et le manque de substance de ses propositions ».
Pour ce député, membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel, les sorties de M. Macron répondent avant tout à des objectifs de politique intérieure : « On a l’impression qu’il veut montrer aux Français que c’est lui qui dirige l’Europe, et lance de nouvelles idées. Le problème, c’est qu’on a souvent du mal à savoir quelles sont précisément ces idées. Repenser la relation avec la Russie ? Pourquoi pas ? Mais pour aller où ? Et pour faire quoi ? »
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