Ofelia Fernández, le nouveau visage du droit à l’IVG en Argentine

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Ofelia Fernández, en août 2019 à Buenos Aires.

L’impatience grandit dans les rangs des militantes féministes. Si Alberto Fernández (aucun lien familial avec Ofelia) est le premier président argentin à se déclarer en faveur de la légalisation de l’IVG, la pandémie a fait passer au second plan ce sujet sur lequel le gouvernement de centre gauche était très attendu, ayant promis de déposer au Congrès un projet de loi en mars 2020. Ce sera chose faite avant la fin de l’année, a assuré cette semaine la secrétaire d’Etat aux questions légales du président péroniste. Ces derniers mois, de nombreuses voix, frustrées par ce retard, s’étaient élevées pour réclamer « Aborto Legal Ya » (« avortement légal maintenant ! »).

A l’instar de celle d’Ofelia Fernández, 20 ans, élue au Parlement local de la ville de Buenos Aires en 2019, sous les couleurs de la coalition péroniste au pouvoir. « Les excuses du genre “ne saturons pas davantage le système de santé” n’ont pas de sens, car le système prend déjà en charge les femmes qui doivent être hospitalisées à la suite d’avortements clandestins ! », s’indigne-t-elle. Asthmatique, la plus jeune ­parlementaire d’Amérique latine ne participe pas en personne aux mobilisations qui ont timidement repris ces dernières semaines, mais affiche sur les réseaux sociaux son soutien sans faille au mouvement. « 2020 doit être l’année de la légalisation de l’avortement, tweetait-elle ainsi le 4 novembre. Les droits n’attendent pas. »

Retour en septembre 2017. Une trentaine de lycées de Buenos Aires sont bloqués par leurs élèves pour s’opposer à un projet de réforme de l’éducation. Sur la chaîne de télé privée América, un panel de journalistes et d’invités s’entretient à distance avec deux lycéens qui occupent leur établissement. Très vite, les hommes sur le plateau sont mis en difficulté par une élève de 17 ans, au rouge à lèvres carmin et à l’argumentation solide, qui ne se laisse pas démonter lorsque l’un des présentateurs l’interrompt en l’appelant « chiquita » : « Ne m’appelez pas petite. »

C’est ainsi que l’Argentine découvre Ofelia Fernández. Elle est à ce moment-là présidente du centre des étudiants – sorte de déléguée générale des élèves, tous niveaux confondus – du lycée Pellegrini, l’un des plus prestigieux de la capitale. « J’étais la plus jeune élève jamais élue », se souvient celle qui a commencé à militer dans des mouvements lycéens de gauche dès ses 12 ans, fascinée par le discours de la présidente argentine de l’époque, Cristina Kirchner.

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