« Non, Joe Biden n’est pas le grand favori de la présidentielle américaine »

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Le candidat démocrate et ancien vice-président Joe Biden, à Wilmington (Delaware), le 28 juillet.

Tribune. Depuis avril, les augures donnent Joe Biden en tête, même dans des Etats réputés républicains tels que la Géorgie ou le Texas. Mais Donald Trump n’est pas battu. Le président dispose de la capacité administrative et réglementaire de l’Etat américain, d’une autorité médiatique et des centaines de milliards votés pour pallier les conséquences économiques du Covid-19. Ce sont de puissants atouts pour convaincre les électeurs indécis. Avec peu de voix républicaines dissidentes et 1,08 milliard de dollars déjà récoltés (contre 633 millions pour Biden), la campagne du président profite ainsi d’une force de frappe non négligeable.

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Les sondages ne donnent pas une image sincère de la population qui se rendra aux urnes en novembre. Malgré une avance confortable dans les sondages, Hillary Clinton a perdu l’élection en 2016 parce que l’électorat de gauche s’est en partie abstenu ou a préféré la candidate écologiste. Donald Trump a, au contraire, fait le plein de voix, y compris dans des comtés ruraux et suburbains de la Rust Belt [la « ceinture de la rouille », surnom donné aux régions industrielles du nord-est des Etats-Unis] que les stratégistes avaient délaissés depuis des années. Quel que soit son bilan, cette « Amérique silencieuse » semble toujours prête à lui faire confiance. D’ailleurs, les républicains ont inscrit plus de nouveaux électeurs que les démocrates sur les listes électorales ces derniers mois.

De plus, les électeurs qui ont soutenu les progressistes Bernie Sanders et Elizabeth Warren durant la primaire demeurent sceptiques face à Joe Biden et ses liens avec Wall Street et les entreprises de la tech. Le candidat du Parti vert, Howie Hawkins, drague déjà les déçus à la gauche de Biden.

Les jeunes sont également à compter parmi les déçus. Ayant peu participé durant les primaires, ils apparaissent enclins à ne pas voter si un candidat ne reflète pas leurs idées, loin de l’attachement partisan qui rythmait traditionnellement la vie politique américaine. Biden, comme Clinton avant lui, ne peut donc pas automatiquement compter sur « ses » électeurs, même face à Donald Trump.

A l’inverse, Donald Trump concentre sa campagne sur trois thèmes qui encouragent les électeurs à se mobiliser : la sécurité, l’immigration, et la Chine.

Candidat trop prudent

Les manifestations contre les violences policières et le mouvement Black Lives Matter resserrent les rangs républicains, alors même que les manifestants ne cachent pas une certaine défiance vis-à-vis des démocrates. Les électeurs noirs avaient déjà boudé les urnes en 2016 et, sur fond de tensions raciales, la participation ne rattrapera probablement pas celle de 2008, dont a pourtant besoin Joe Biden.

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