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LETTRE DU BENELUX
New Kim, 2 ans, est enfermée dans un lieu tenu secret en attendant la fin des enchères et son déménagement. Surveillée, paraît-il, par une société privée de sécurité, elle vivait jusqu’ici à Berlaar, dans la région d’Anvers, et devrait s’envoler bientôt vers le Moyen-Orient, les Etats-Unis ou la Chine.
S’envoler ? Pas vraiment. Car, même si elle est une pigeonne voyageuse qui bat des records, son nouveau propriétaire la confinera très certainement dans une cage (dorée) pour sa nouvelle mission : donner naissance à d’autres champions pour un sport au statut toujours non officiel mais de plus en plus lucratif pour certains : la colombophilie.
New Kim, œil vif et aile déployée, est l’actuelle vedette de Pigeon Paradise (Pipa), le site « le plus exclusif au monde », où elle doit faire l’objet d’enchères ouvertes jusqu’au 15 novembre. En 24 heures, elles avaient atteint, le 2 novembre, le montant de 1,31 million d’euros, proposé par un acheteur d’Afrique du Sud. Les spécialistes belges pensent toutefois que de riches Chinois se manifesteront au dernier moment et iront au-delà pour rafler, in extremis, le volatile de Gaston Van de Wouwer, 76 ans.
2,78 millions d’euros pour un oiseau néerlandais en 2018
Un Chinois avait déjà déboursé 1,25 million d’euros, l’an dernier, pour Armando, de l’élevage Verschoot, à Ingelmunster, en Flandre-Occidentale. Et c’est un citoyen de Taïwan qui a jusqu’ici acquis le pigeon le plus cher au monde : il a déboursé 2,78 millions d’euros pour Jame’s Legend, un oiseau néerlandais qui a gagné, en 2018, la compétition Pioneer Club, prestigieuse joute chinoise. Vainqueur, en l’espace de quatre semaines, de quatre épreuves de 500 km, cette légende à plumes a permis à son propriétaire de remporter… treize voitures.
Le sport colombophile est né en Belgique au début du XIXe siècle, avant d’essaimer notamment en Grande-Bretagne et en France (on recense 10 000 « coulonneux », dans le Nord surtout). Mis en « loge » (en cage), les pigeons sont transportés en camion vers le lieu où ils seront lâchés le lendemain, à charge pour eux de regagner au plus vite leur colombier. Les courses dites « de vitesse » totalisent 250 km, celles de « grand fond » peuvent atteindre 1 000 km. C’est leur bec, doté d’une sorte de capteur, qui permet aux pigeons voyageurs de disposer d’un sens aigu de l’orientation. Aigu, mais que seuls les meilleurs et les mieux entraînés rendront vraiment rentable pour leurs détenteurs. De 10 % à 15 % des fragiles athlètes sont en général perdus pour la cause, électrocutés, victimes de prédateurs ou définitivement égarés. Et jusqu’à une date récente, un concours rapportait au mieux quelques centaines d’euros aux gagnants.
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